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mercredi, 08 décembre 2010

« Brigades Spéciales » de Gbagbo : Du chloroforme pour les enlèvements

La note secrète des « Brigades Spéciales » de Gbagbo : Du chloroforme pour les enlèvements

Publié le 07 décembre 2010 par la rédaction

EXCLUSIF : La note secrète qui accable le régime Gbagbo.

brigade-speciale-DST-ivoirienne-LGO.jpgAlors que l’ex-président ivoirien autoproclamé Laurent Gbagbo continue de s’accrocher à un pouvoir imaginaire et qu’il est confiné dans son palais présidentiel, plusieurs fonctionnaires ivoiriens font défection. Ils emporté avec eux des documents ainsi que des disques durs. Dans ces documents figurent des notes, rapports et autres procès-verbaux issus des « brigades spéciales » de la présidence et d’autres services.




Des documents accablants pour le régime Gbagbo, des preuves concrètes, dont certaines font froid dans le dos. Nous avons décidé de les publier après analyse et vérification.

Dans les premiers documents qui nous ont été fournis cette semaine, une première note de la direction de la surveillance du territoire (la DST ivoirienne) évoque une « Brigade Spéciale ». Après plusieurs vérifications, nous publions la première note de cette brigade spéciale avec le témoignage de deux sources, deux policiers, qui ont fait défection au camp Gbagbo.

 

Quelle est l’origine de la note ?

Elle émane d’une « Brigade Spéciale » au sein même de la DST ivoirienne. Ce service est surtout en charge de « la protection du pays contre le terrorisme et les atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation », selon le site Internet de la police nationale ivoirienne. Concernant cette « Brigade Spéciale », elle n’est présente dans aucun des organigrammes que nous avons pu consulter. Il existe bien cependant une « Brigade spéciale de protection des personnalités » (BSP) mais sans aucun lien avec cette note.

Quel est l’émetteur de la note ?

La note a été émise par un officier de police ivoirien à son directeur de l’époque. Nous avons décidé de ne pas publier les noms. Cette note est interne et uniquement destiné au cabinet du directeur.

Quel est l’objet de la note ?

L’officier de police en question, membre de cette « Brigade Spéciale », fait état d’une demande de matériel plus ou moins sensible pour les besoins de ses missions de « repérage », de « recrutement » et « missions spéciales ».

Du chloroforme pour les enlèvements

Cette brigade spéciale de la DST utiliserait-elle du chloroforme pour interpeller plus facilement ses « cibles » ? C’est la question que nous avons posé à un de ces policiers qui a fait défection cette semaine au camp Gbagbo : « Je suis policier, ivoirien et fier de l’être. Je sers ma nation, et non pas un parti politique. La brigade spéciale est assignée à des missions de renseignement et d’enlèvement d’opposants politiques, ainsi que ceux qu’on nous a trop souvent qualifiés de ‘rebelles’. Même si je n’ai pas participé directement à ce genre de mission, il est de notoriété que cette brigade utilise des composés chimiques pour endormir facilement une personne qu’elle doit maitriser ou faire disparaître ».

Pourtant, dans ladite note, la demande de chloroforme se trouve dans un « pack spécial » comprenant un kit médical mais aussi du matériel de maquillage. Nous avons demandé à un médecin ivoirien, qui a travaillé avec les forces de sécurité ivoiriennes lors de la guerre, ce qu’il en pensait : « Nous n’avons pas besoin de chloroforme pour endormir un blessé, nous avons doté certains policiers et militaires avec de puissants antalgiques, qui diminuent la douleur, mais en aucun cas ne font perdre conscience ».

Un médecin français qui a longtemps travaillé dans l’humanitaire confirme les dires de son confrère ivoirien. D’après nos sources médicales sur place, il n’est donc point question d’une « utilisation anesthésiante ».

Un ancien des services spéciaux français, confirme à son tour que le chloroforme – même si jadis utilisé comme anesthésique dans les blocs opératoires et pendant certaines guerres permettait à des blessés de mieux supporter la douleur – pouvait être utilisé pour perpétrer des enlèvements. Ce dernier évoque alors dans une étude la Résistance en France, où les opérations d’enlèvement d’opposants politiques en Amérique du Sud.

« Si un membre est blessé dans une opération de renseignement dans la profondeur et/ou en territoire ennemi, le mieux est de lui administrer quelques antalgiques. Il est plus facile de transporter un type à moitié endormi qu’un sac de 75kg » nous confirme un membre des forces spéciales françaises.

Un ex-policier ivoirien installé à Paris confirme nos doutes : « J’ai servi sous Bédié, je n’ai pas voulu servir sous Gbagbo, ce dernier avait installé des « brigades spéciales » dans tous les services de sécurité. Il disait « jamais les œufs pourris dans le même panier ».

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