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vendredi, 12 novembre 2010

Gbagbo et la pirouette

Devoir de mémoire

par Dick Booba,Facebook , vendredi 12 novembre 2010, à 15:46

laurent_gbagbo_394613_268058334.jpgL’histoire de la Côte d`Ivoire est si récente qu`il est très difficile, voire impossible de la falsifier. Elle rattrape rapidement quiconque veut la détourner à son seul profit. C`est le cas de Gbagbo Laurent.Tout ce qu`il a dit hier revient lui exploser au nez.

L`escroquerie politique dans laquelle il a mené ses partenaires et adversaires revient à la surface comme pour exposer la vraie nature de l`homme qui dit, se dédit et médit.


Le double langage qui a fait perdurer la crise, expose à nouveau le pays à une crise électorale. Gbagbo n`est pas à une contradiction près, ni à un double jeu politicien qui frise l`escroquerie vis-à-vis du peuple, mais aussi et surtout de ceux comme Ouattara qui avaient, un temps, cru en sa sincérité.

Le FPI et ses suppôts avaient voulu chercher à noyer le poisson qu`ils ne s`y seraient pas pris autrement. Après avoir perdu la face à Accra III, le recours semble à nouveau être le trouble à jeter dans l`esprit des uns et des autres pour espérer briser le G7 en passe de "devenir le G1 (aujourd`hui le RHDP) La recette, pour ce faire, est toute trouvée : " il faut montrer ou démontrer que c`est le Président Bédié et le PDCI qui sont le pire ennemi de M. Ouattara.

Les archives sont fouillées pour en sortir le discours du Président Bédié du 22 décembre 1999. Mais on pourrait opposer à cela l`interview accordée par Laurent Gbagbo à l`hebdomadaire "l`Autre Afrique" du 29 octobre 1997 qui faisait l`apologie du coup d`Etat, de la prise des armes, du nettoyage de la constitution pour permettre à tous d`être candidats à la présidentielle. La comparaison de ces deux textes montre à quel point l`intérêt égoïste et les dérives totalitaires ont façonné Laurent Gbagbo au point de lui faire faire une volte-face à 180 degrés.

Pour qui se rappelle ce qu`il a confié à "L`Autre Afrique" le 29 octobre 1997, on ne peut reconnaître aujourd`hui M. Gbagbo. Voilà comment il expliquait le boycott actif : "Quand les oppositions arrivent au boycott, c`est qu`elles y sont littéralement acculées... " Qu`a-t-il dit du retrait des ministres du G7 après le massacre de leurs militants les 25 et 26 mars 2004 ? La prise des armes pour le changement était pour lui une bonne voie " Les chefs d`Etat des régimes en place doivent savoir qu`aujourd`hui, lorsqu`un consensus national chargé d`amener des réformes démocratiques échoue, ce sont les armes qui parlent. Soit le coup d`Etat, soit la solution de Brazzaville... " Cinq (5) ans plus tard, ses alliés d`avant sont venus lui rappeler dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002 que son forum de la réconciliation a échoué. Le président du FPI disait également " L`accès au pouvoir est bloqué par des codes électoraux et des pratiques électorales. C`est à, croire que ce régime veut la guerre ".

Comment ce démocrate explique-t-il aujourd`hui sa volonté de s`accrocher à l`article 35 et ses manœuvres pour contrôler les listings et le découpage électoraux, pour mettre aux ordres de son parti l`administration décentralisée, pour acheter avec l`argent du peuple les clubs et mouvements de soutien?

Il disait aussi ceci : " l`Ivoirité est une aberration, proche des thèses de l`extrême droite. Je me bats pour que cela ne soit jamais une idéologie populaire en Côte d`Ivoire. Là où l`être humain est né, là est sa première terre... " Où en est-il avec ces belles thèses ? Les alliances contre nature? Cela n`existait pas pour lui qui disait " On ne fait pas la politique avec des états d`âme! Ses alliés, on les prend là où ils se trouvent… " On comprend pourquoi il tremble devant l`éventualité de l`union des houphouëtistes. Concernant la présence de l`armée française en Côte d`Ivoire, il n`en voulait pas du tout: " Je suis très content en entendant le gouvernement français dire que son armée allait progressivement se retirer de l`Afrique.

D`ailleurs, ce sont toutes les troupes étrangères en Afrique qui doivent partir...Et si l`on arrive à une situation où ce sont les chefs d`Etat africains qui se battent pour qu`une armée étrangère reste sur leur territoire. C`est paradoxal, non ? " Pourtant, M. Gbagbo est fier de dire aujourd`hui comment l`armée française a sauvé son fauteuil face à la rébellion.

Le démocrate Gbagbo était curieusement pour la libération et l`élargissement du tristement célèbre chef rebelle sierra léonais Foday Sankoh en ces termes" Il faut parvenir à un accord sur la Sierra Léone, en particulier, pour lequel la libération de Foday Sankoh est le premier pas. De plus, que voulons-nous en Sierra Léone, sinon la paix. Aucune paix n`est possible sans la libération de Foday Sankoh... dans la mesure où son mouvement est partie intégrante du nouveau pouvoir."

Comment comprendre que cet homme qui a tenu de tels propos hier veuille aujourd`hui enjamber les accords de Marcoussis et d`Accra pour rejeter Soro Guillaume et son mouvement du gouvernement. Comment comprendre que cet homme ait fait une vraie spectaculaire volte-face pour chercher à éliminer toute opposition? 

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