topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

lundi, 06 septembre 2010

Mozambique : Violences et colère à Maputo

La capitale du Mozambique, Maputo, s'est réveillée dans l'incertitude ce jeudi, au lendemain des émeutes qui ont fait 10 morts (selon les chiffres officiels du 3 sept., NdT). Des photos insoutenables de l'un des écoliers tué par balles le 1er septembre ont été mises en ligne sur Facebook par le journal A Verdade [La Vérité].

maputo-375x249.jpg


Le site continue à être une excellente source en ligne d'information. Son site “Journaliste Citoyen”, qui utilise la plate-forme de crowdsourcing Ushahidi pour recevoir des informations par SMS, a enregistré de nouveaux incidents de ce qu'il appelle “Jour 2″, dont certains en provenance de la ville de Chokwé [en anglais], au nord de la capitale.

D'autres journaux et des médias alternatifs ne sont apparemment pas sortis aujourd'hui, comme l'observe Carlos Serra :

Problèmes avec deux journaux : “Savana” et “Canal de Moçambique”, le premier coincé par la pénurie de papier et les difficultés à faire circuler ses camions, le second imprimé mais dans l'impossibilité de le livrer ou le vendre, et de plus il y a peu d'acheteurs aujourd'hui en ville et son portail [internet] est temporairement non opérationnel.

Jeudi matin de bonne heure, des habitants comme Sharon Peters, ont rapporté une circulation automobile quasi inexistante et peu de piétons dans les rues de Maputo. Elle a publié des photos des rues vides, prises du haut de sa terrasse.

Il s'avère que l'armée a patrouillé les rues pendant la nuit, et que la police s'est efforcée de maintenir dégagées les principales voies au matin, mais les habitants font état d'échauffourées dans les quartiers périphériques plus pauvres de Maputo, et des cas de tirs sporadiques ont été relevés sur Twitter, ainsi par la journaliste indépendante Natstasya Tay [en anglais] :

Dans Mafalala des pneus brûlent de nouveau. Coups de feu ce matin, lourde présence policière. Sirènes d'ambulance en folie.

Dans l'intervalle, Amnesty International a publié une déclaration[fr] appelant la police à ne tirer à balles réelles que s'il s'agit de sauver des vies humaines.

En ce jour, les habitants de Maputo attendaient une nouvelle allocution du Président Armando Guebuza [fr]. Ils étaient nombreux à n'avoir pas été satisfaits du discours qu'il avait lu à la télévision la veille, comme @BeBe_da_DLimpo qui écrivit sitôt après que ”le Président ne comprend pas à quel point l'affaire est sérieuse” et @itzDenisse qui critique le manque de spontanéité de son discours. Son appel à la #Démission,M.lePrésident est crié dans la rue, comme le rapporte le blog Moçambique para Todos.

Le rédacteur en chef Jeremias Langa a ouvertement fait état de son opinion dans son journal O País, reproduite sur le blog Reflectindo Sobre Moçambique [Réfléchir sur le Mozambique].

"Le chef de l'Etat est le phare d'un pays, dans les bons et les mauvais moments. Il est la voix apaisante qui calme les tensions sociales. Ce n'est pas ce qu'il a été hier. Il n'a pas su l'être. Parce que son message est venu trop tard. Tout cela parce que hier, notre Président, au plus fort de la crise, a réuni le parti au lieu de son gouvernement. Il montre ainsi qu'il a plus confiance dans le parti que dans le gouvernement qu'il conduit, quand il s'agit de trouver des solutions pour le pays."

Source: Global Voices.

Les commentaires sont fermés.