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dimanche, 02 mai 2010

alassane ouattara:adosolutions,solutions pour mon pays

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          Alassane nouattara: Bouts de programme

La politique divise à certains moment, inévitablement, mais les réalités du pays, de son économie, de sa société sont les mêmes pour tous, les défis à relever dans la compétition mondiale également. La gestion du pays peut et doit en conséquence rassembler. Nous construirons notre gouvernement dans cet esprit.


RECONSTRUISONS LES BASES D’UNE DEMOCRATIE DE TOLERANCE ET D’EFFICACITE

Notre jeune démocratie en est encore au stade des balbutiements, les dernières années et les derniers mois nous l’ont cruellement démontré. Rien de durable ne pourra être accompli si nous ne réussissons pas d’abord notre démocratie, si nous ne parvenons pas à faire primer les débats d’idées sur les querelles partisanes.
Apprenons ensemble à débattre des vraies questions. Apprenons à décider ensemble. Apprenons à accepter ensemble la décision de la majorité.

Chacun, de quelque bord qu’il soit, devra réapprendre la tolérance et rechercher l’efficacité, celle de sa propre contribution, celle de la collectivité à laquelle il appartient et, par là même, celle de la Nation toute entière.

Comment allons-nous procéder concrètement ?

1. Nous allons mettre en place des institutions qui favorisent les débats d’idées et la prise de conscience des défis à relever par toutes les Ivoiriennes et tous les Ivoiriens. Nous organiserons des grands débats nationaux, sanctionnés le moment venu par des référendums, essentiellement sur les deux grands sujets de société suivants :

  • Quel système de sécurité sociale (assurance maladie et retraite) voulons-nous édifier ?
  • Comment voulons-nous faire évoluer notre politique de l’immigration ?

2. Nous formerons à tous les âges des citoyens responsables, conscients de leurs droits et de leurs devoirs. Il nous faudra cultiver dès l’école en chacun de nos enfants le goût de la liberté de penser et de s’exprimer, le goût d’entreprendre et de se dévouer pour les autres. Nous mettrons le système scolaire et la formation permanente prioritairement au service de cette cause.
Tous les relais possibles seront mis à contribution :

  • la famille, base de l’éducation ; quel meilleur modèle pour un enfant que celui de sa mère peinant jour après jour pour boucler le budget du ménage, choisir les priorités, apaiser les conflits naissants ? Affirmons donc le rôle majeur de la famille et des mères de famille et aidons-les à surmonter les obstacles quotidiens ;
  • les mouvements associatifs ; nombreux sont ceux qui savent faire preuve d’élan, de générosité et d’efficacité sur le terrain ; aidons-les à animer une vie citoyenne ;
  • l’ensemble des médias, écrits ou audiovisuels, d’Etat ou privés, sans restrictions aucunes ; inculquons dans une école nationale de journalisme des bases professionnelles et déontologiques à nos jeunes ; par des mesures réglementaires et fiscales adaptées, aidons les journaux, les radios et les télévisions à jouer pleinement leur triple rôle de communication :
    • des gouvernants vers la base,
    • mais aussi de la base, tous milieux économiques et toutes couches sociales réunis, vers les gouvernants, à qui ils auront mission de faire remonter, par tous types d’enquêtes, les réalités du terrain, les aspirations et les idées concrètes,
    • et enfin de communication transversale entre toutes les forces vives du pays, dont les intérêts sur tel ou tel sujet ne sont pas forcément identiques mais qui pourraient par là en avoir une meilleure compréhension mutuelle, favorisant ainsi l’émergence de consensus ou facilitant les arbitrages finaux de l’Etat.

L ’importance de la liberté de la presse écrite et audiovisuelle sera réaffirmée. Nous mettrons en place des modes de financements équitables et transparents de la vie politique.

Ce service des médias à la collectivité, essentiel en période d’apprentissage de la démocratie, et pour autant que les médias s’efforcent d’en offrir un de qualité, la collectivité, donc l’Etat, doit être prête à le payer. Par l’intermédiaire d’une autorité neutre, au-dessus des partis au gouvernement, et avec le souci de l’efficacité, des moyens financiers seront mis à la disposition des médias pour des actions de terrain dans le sens défini ci-dessus (enquêtes conjoncturelles sur des sujets d’actualité, enquêtes périodiques d’écoute des aspirations de l’ensemble des couches sociales, notamment des plus défavorisées…). Dans le strict respect du principe intangible de liberté de la presse écrite et audiovisuelle, nous faciliterons ainsi l’émergence de médias toujours plus professionnels et plus responsables. A terme, les médias seront ainsi de plus en plus à même d’exercer le rôle de quatrième pouvoir dont les grandes démocraties occidentales ont apprécié à de nombreuses reprises le rôle régulateur, en cas notamment de certaines dérives dans le comportement des gouvernants (corruption, influence sur les systèmes judiciaires…).

3. L’importance de la liberté de la presse écrite et audiovisuelle sera réaffirmée. Cette liberté ne peut être que totale et l’Etat devra se garder de toute intrusion qui pourrait venir la restreindre d’une quelconque manière. Cependant, pour en réguler le bon fonctionnement matériel (pour attribuer par exemple les fréquences radio), pour contrôler l’équité de traitement des candidats au moment des campagnes électorales et, le cas échéant, pour corriger les excès par des rappels à un certain ordre déontologique, sera créée une Haute Autorité des Médias composée de professionnels du secteur, de personnalités reconnues pour leur indépendance, de représentants des confessions religieuses et de représentants des principaux partis politiques.

4. Nous mettrons en place des modes de financements équitables et transparents de la vie politique. Admettons en effet que la vie politique et donc la vie matérielle des partis politiques a un coût, que cette vie politique équilibrée est indispensable au bon fonctionnement de la Nation et que ce coût doit être clairement et ouvertement financé par la collectivité (par l’Etat), dans la neutralité et la transparence.

5. Nous nous donnerons les moyens institutionnels et matériels permettant de garantir durablement la mise en place d’une justice efficace, impartiale, au service de la société et des entreprises. Le statut de la Magistrature et le mode de désignation des membres du Conseil Supérieur de la Magistrature seront revus dans le sens d’une indépendance plus grande des magistrats. Un accent particulier sera mis sur la formation des magistrats et des autres personnels de la Justice. Une Ecole de la Magistrature et des Professions Judiciaires sera créée ; elle formera au droit mais également au monde des affaires, de manière à ce que les juges aient une meilleure connaissance de son fonctionnement. Le développement des procédures d’arbitrage et la création d’un Tribunal de Commerce, doté de juges sélectionnés pour leur rigueur et leur expérience, permettra d’améliorer la qualité et la rapidité du traitement des contentieux. La simplification des procédures judiciaires, la création de nouveaux tribunaux de première instance, notamment dans l’agglomération d’ABIDJAN, et la rénovation des prisons viendront compléter ce dispositif.

6. Nous ferons appel à la communauté internationale pour nous aider dans tous ces projets, dans le cadre d’un programme d’appui au développement de la démocratie en Côte-d’Ivoire. De plus, au moment des élections, la venue d’observateurs étrangers pourra être salutaire :

  • elle rassurera les partis d’opposition quant à la transparence des élections et à la sincérité des résultats ; beaucoup de procès d’intention seront ainsi évités,
  • elle démontrera la bonne foi des partis au gouvernement,
  • enfin, elle rassurera la communauté internationale et l’incitera à aider la Côte-d’Ivoire dans son développement institutionnel, économique, social et culturel.

La Côte d’Ivoire apparaîtra aux yeux du monde comme un pays politiquement mûr, qui n’a rien à cacher et qui veut résolument reprendre toute sa place dans le concert des Nations.

ado2.jpgADAPTONS LE FONCTIONNEMENT DE L'ETAT ET RENOVONS LA FONCTION PUBLIQUE

L’Etat sera recentré sur ses missions de base de régulation, d’incitation et de déconnexion des inégalités.

Pour une action plus cohérente et plus efficace du gouvernement, nous l’organiserons autour de huit à dix grands secteurs, recouvrant la vingtaine de départements classiques :

- Finances, Budget, Planification

-  Services Sociaux, Santé, Education, Solidarité, Promotion de la Femme

- Culture, Communication, Relations extérieures, Francophonie, Jeunesse, Sports

-  Agriculture, Développement rural, Environnement

-  Politique de la Ville, Urbanisme, Logement, Economie Solidaire (appui au secteur informel)

-  Intérieur, Décentralisation, Réforme de l’Etat, Fonction Publique, Immigration

-  Industrie, Commerce, Emploi, Equipement, Transport, Mines, Energie, Télécommunications, Tourisme

-  Justice, Consolidation de la démocratie

-  Défense, Sécurité

Nous accorderons la plus grande importance à la mise en place du contrôle du bon fonctionnement de l’Etat et des collectivités territoriales. Ce contrôle sera à la fois efficace et respectueux des prérogatives des organes contrôlés. Il visera à vérifier le respect des textes, à lutter contre la corruption et à empêcher la constitution de baronnies locales. Les sanctions prévues par les textes seront appliquées et la justice sera saisie aussi souvent que nécessaire.

Pour cela, nous renforcerons d’une part les outils existants (le contrôle de légalité assuré par les Préfets, le contrôle des administrations assuré par l’Inspection Générale d’Etat) et d'autre part, nous instituerons une Cour des Comptes puissante et dotée de moyens adaptés, chargée des contrôles économiques et financiers de l'Etat, des établissements publics et des collectivités territoriales. Au fur et à mesure de la mise en oeuvre de notre projet de décentralisation, la Cour des Comptes sera déconcentrée en entités régionales proches du terrain.

Au service des départements ministériels techniques et financiers, nous recréerons, sur le modèle de l’ancienne Direction et Contrôle des Grands Travaux, une structure d’études, de conseil et d’appui de l’action gouvernementale. Elle sera chargée, notamment, des études à caractère général (planification sectorielle, préparation des programmes de réforme ou d’investissement), du pilotage et de la coordination des interventions des bureaux privés à qui seront confiées les études techniques et les contrôles de réalisation. Nous encouragerons parallèlement le développement de l'ingénierie privée nationale, dont les compétences sont déjà reconnues en dehors de la Côte-d’Ivoire.

Pour faire fonctionner cet Etat restructuré, nous aurons un besoin crucial de tous nos fonctionnaires. Ce sera encore plus vrai pour ceux qui sont employés dans les secteurs-clefs de notre politique. Il importera donc de mobiliser tout le monde et de remobiliser tous ceux gagnés par un sentiment de découragement. En effet, l’attitude de certains de leurs collègues déloyaux envers l’Etat, souvent absents, parfois corrompus, le manque de vision, d’organisation et de moyens en ont conduit un bon nombre à désespérer. La perception de la Fonction Publique par la population a également été déformée par ces agissements. Nos concitoyens ont pu croire qu’ils étaient le fait de l’ensemble des fonctionnaires, ce qui était globalement injuste et infondé. Il est donc impératif aujourd’hui de rénover la Fonction Publique et ainsi de restaurer son image aux yeux des Ivoiriens.

Concrètement :

- Nous remettrons à plat le système de rémunération des fonctionnaires.
Le secteur public doit pouvoir attirer les talents et à cet effet les rétribuer aussi bien que le secteur privé. En retour, il sera exigeant sur les résultats, qui serviront de base à leurs compléments de rémunération.

- Nous procéderons dès les premières semaines et sans attendre cette remise à plat, à l’abrogation de la mesure du “raccrochage” des salaires des enseignants, qui n’était prévue que pour être transitoire. Nous procéderons également à une hausse modérée mais généralisée des salaires, notamment les plus bas, bloqués depuis trop longtemps, même dans les moments de reprise économique qui auraient permis des efforts. Nous partagerons les fruits de la croissance dès qu’elle sera revenue. C’est moralement indispensable et cela soutiendra la consommation intérieure.

- Nous remettrons en place la sélection par le mérite (les compétences, le dévouement, l’intégrité, les résultats). L’Etat disposera ainsi d’une Fonction Publique efficace et les fonctionnaires vivront leur travail quotidien avec motivation, dans la sérénité et la certitude que leurs efforts seront justement récompensés. Il nous faudra bien sûr nous doter d’un système équitable et transparent de mesure du mérite.

- En ce qui concerne les effectifs de la fonction publique, l’Etat continuera de se désengager de certaines activités,

Dans cette perspective, un bilan complet des ressources et des besoins sera fait dès la première année. Des nécessités de redéploiements géographiques (compensation des sous-effectifs à l'intérieur du pays par résorption des sureffectifs à Abidjan) pourront apparaître. Nous demanderons aux bonnes volontés de se manifester.
laissera progressivement certains effectifs se réduire, mais embauchera régulièrement pour renouveler ou développer dans certains secteurs-clefs.

- Pour que l’Etat soit en mesure de gérer les affaires publiques de manière efficace, au service de la Nation tout entière et en particulier au service du développement du secteur privé, nous formerons les fonctionnaires de façon plus moderne et plus ouverte sur le monde extérieur. Ils seront ainsi au fait de la compétition mondiale des économies, prêts à aider les opérateurs économiques ivoiriens, notamment les exportateurs, à gagner. Ils seront davantage à l’écoute des problèmes du secteur privé, ils seront en mesure de supprimer les obstacles administratifs et de leur simplifier la vie. Ils les aideront concrètement à accéder à des technologies encore peu utilisées en Côte-d’Ivoire, à trouver de nouvelles parts de marché, à tisser des alliances interafricaines ou internationales. Enfin, ils seront en mesure d’accueillir convenablement des investisseurs étrangers, de les séduire en leur montrant tous les atouts du pays, son climat de paix retrouvé, ses ressources naturelles, ses infrastructures, la qualification et la fiabilité de sa main-d’oeuvre. A cette fin, nous réformerons en profondeur le système qui les forme. Nous réformerons l'Ecole Nationale d'Administration, nous développerons les enseignements de l'économie, de la finance, de la gestion des affaires publiques et privées. Nous systématiserons les stages dans le secteur privé, pendant la formation initiale des fonctionnaires mais également pendant toute leur carrière.

- Afin de mieux intégrer l’Administration dans le tissu économique et social, nous favoriserons les passages de fonctionnaires, pour quelques mois ou quelques années, dans le secteur privé, à des postes opérationnels, pour qu'ils connaissent mieux les réalités du terrain et voient l'Administration du côté des opérateurs privés. A l'inverse, nous recruterons pour quelques temps des cadres supérieurs du secteur privé pour qu'ils viennent au sein de l'Administration implanter des méthodes, aider à créer de nouvelles équipes… Nous favoriserons également les passages momentanés dans les institutions internationales, enrichissants pour les individus mais aussi, à leur retour, pour l’Etat. Nous examinerons dans quelle mesure nous pourrons autoriser certains fonctionnaires à exercer, de manière contrôlée, des activités parallèles dans le secteur privé (dans le secteur de la santé notamment mais peut-être aussi dans d'autres secteurs). Nous ouvrirons à ceux qui le souhaitent des sorties sécurisantes vers le secteur privé.
- Dans le cadre de la décentralisation, les agents de la fonction publique territoriale (les fonctionnaires régionaux et communaux) feront l’objet de la même attention que les agents de l’Etat. Ils bénéficieront d’un statut et de systèmes de gestion des carrières et de formation continue favorisant la mobilité et l’épanouissement professionnel. Les transferts entre la fonction publique de l’Etat et la fonction publique territoriale seront facilités.
- Enfin, nous proportionnerons mieux les budgets entre les dépenses salariales et les autres dépenses (équipements et fournitures), ce qui permettra aux fonctionnaires d’accomplir effectivement les tâches qui leur sont imparties. Tout cela leur redonnera courage et satisfaction du travail bien fait.
Nous allons réformer en profondeur notre système éducatif, aujourd'hui malade, pour le rendre plus accessible et plus efficace.

Quel droit moralement plus vital que le droit à l'éducation ? Quelle nécessité plus vitale pour une Nation que celle de disposer d'hommes et de femmes épanouis et confiants en eux-mêmes, d'actifs efficaces et de citoyens responsables ? L'éducation sera clairement notre première priorité.

Première mesure : l'école deviendra obligatoire et gratuite pour tous les enfants jusqu'à l'âge de 15 ans. L'école publique laïque et les écoles privées, laïques ou confessionnelles, offriront un large éventail de possibilités aux parents pour la scolarisation de leurs enfants.

Deuxième mesure : une fois dotés d'un bagage culturel et civique com­mun, à l'issue de la classe de 3e™, les enfants seront orientés préférentiellement vers l'enseignement professionnel et technique ; ce

sera la filière d'excellence, celle qui formera les actifs, en qualité et en quantité strictement en adéquation avec les besoins de notre économie. Pour assurer cette indispensable adéquation formation - emploi, nous impliquerons de plus en plus le secteur privé (les fédérations d'en­treprises, les organismes professionnels...) dans la définition des besoins et dans la gestion opérationnelle des filières d'enseignement professionnel. L'Etat déléguera des budgets à ces nouveaux acteurs. Parce que ces formations qualifiantes seront mieux ciblées sur les besoins et donc en particulier plus courtes, parce que les moyens finan­ciers seront dépensés avec le souci permanent de l'efficacité qui est celui du secteur privé, le coût global de ce système sera maîtrisé. Ces filières seront gratuites pour les enfants des familles les plus défavori­sées. Parallèlement, la filière d'enseignement général, payante, conduira au baccalauréat et donnera accès à l'enseignement supérieur. Une sélection plus stricte à l'entrée garantira un taux élevé de réussite aux différentes étapes ultérieures. Des passerelles permettront en cours de route des transferts de la filière d'enseignement général dans les filières d'enseignement professionnel. Tous les jeunes qui sortiront du nouveau sys­tème éducatif auront réussi, et disposeront d'une qualification, d'un métier.

Nous réformerons également l'enseignement supérieur pour en augmenter l'efficacité ; le système des unités de valeur sera générali­sé de manière notamment à réduire les situations d'échec et à raccourcir les cursus ; les disciplines les plus utiles dans la vie active seront privilégiées ; pour une meilleure satisfaction des besoins de l'intérieur du pays, le processus de déconcentration des universités que nous avions engagé sera poursuivi ; pour une meilleure productivité des moyens, celles-ci fonctionneront 12 mois sur 12. Les bourses de l'Etat seront réservées aux enfants de familles les moins favorisées qui auront de bons résultats.

De l'enseignement primaire à l'enseignement supérieur, les langues nationales seront mises en valeur.

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, nous aurons besoin de réformer l'organisation et de redimensionner les moyens.

Au chapitre de l'organisation :

- la responsabilité de la construction et de l'entretien des écoles pri­maires et des collèges publics sera transférée aux Régions ou aux Communes, l'Etat assurant la mise à disposition des enseignants, des manuels scolaires (gratuits pour les enfants des ménages les plus modestes) et des budgets de fonctionnement,

- l'Etat continuera d'assumer entièrement les lycées d'enseignement général et les universités,

- comme nous l'évoquions, le secteur privé assumera l'enseignement professionnel et technique : entretien des locaux mis à disposition par l'Etat, construction des nouveaux locaux, définition des enseignements, recrutement des enseignants, gestion des budgets.

Au chapitre des ressources humaines et des moyens matériels et financiers :

- l'abrogation de la mesure du "raccrochage" des salaires des jeunes enseignants et la remise en marche du système remobiliseront les personnels enseignants,

- l'état actuel de nombre d'établissements et l'instauration de l'école obligatoire généreront des besoins importants de rénovation et de construction ; nous obtiendrons l'appui de la communauté financière internationale à ce grand projet ; nous aurons de même besoin de nom­breux maîtres et professeurs supplémentaires : nous devrons donc en former de nouveaux mais nous demanderons également aux retraités qui le souhaitent de se remobiliser pour quelques années,

- par contre, le raccourcissement et l'accélération des parcours des élèves dans les filières d'enseignement professionnel et général et la rationalisation de l'utilisation des moyens existants permettront de limi­ter les besoins nouveaux, tant en enseignants qu'en locaux.

Certaines mesures, telles que la stabilisation des manuels scolaires, dont  la fréquence de modification est aujourd'hui largement exagérée, et la simplification de leur présentation permettront des économies substantielles par rapport à la situation existante.

Globalement, la part de l'éducation dans le budget de l’Etat devra être significativement relevée.

univert.jpgMOBILISONS LA JEUNESSE

Les jeunes ont des droits, nous allons les satisfaire. Ils sauront être raisonnables dans leurs revendications et n'auront pas à attendre long­temps pour l'essentiel. Mais ils ont aussi des devoirs. Nous sommes sûrs qu'ils les accompliront spontanément. Ils ont enfin des espoirs. Nous ne les décevrons pas.

Les jeunes seront les premiers bénéficiaires de la politique du futur gouvernements mais ils sauront se mobiliser pour en être aussi les premiers acteurs. Ce sera indispensable à tous points de vue :

- du point de vue économique et financier, l'activité nouvelle générée par leurs initiatives permettra de financer les actions en leur faveur,

- du point de vue social, le coût de notre très ambitieux programme sera réduit grâce à leur implication massive,

- sur le plan moral, c'est la Nation entière qui tombe malade si sa jeunesse n'a pas un projet.

Les jeunes joueront un rôle fondamental dans l'économie.

Nous allons faire revenir la croissance dans peu de temps. Des emplois vont être créés dans le secteur privé.

L'Etat ne créera pas directement des emplois en grand nombre ; du fait de la réduction de son rôle et de la contrainte financière, mais il investi­ra davantage. Cela va également générer des créations d'emplois.

Les jeunes doivent se préparer en se formant, en étudiant.

Un nombre croissant d'entre eux développeront l'envie de créer leurs emplois eux-mêmes. Grâce au soutien de l'Etat, ils en auront la possibilité. Ils s'établiront dans le petit commerce, ils crée­ront des micro-entreprises, ils s'investiront dans les nouveaux métiers de l'information, ils monteront des radios locales... Nous les inciterons à se regrouper pour faire face ensemble aux différents défis qu'ils auront
à relever.

Nous les aiderons et, s'il le faut, nous les guiderons dans ce sens :

- par la mise en place de formations courtes ciblées sur la création d'activités individuelles ou de micro-entreprises, accessibles aux jeunes de niveaux de formation variés (pas nécessairement des bacheliers) ; la difficulté d'entreprendre sera ainsi démystifiée,

- par la simplification des démarches administratives,

- par la mise en place de structures d'appui, d’incubateurs de PME, pour guider leurs premiers pas (conseil, aide aux démarches administratives...),

- par la mise en place sur le terrain de systèmes de distribution des crédits bancaires,

- par l'application d'une fiscalité réduite (aucune fiscalité pendant 3 à 5 ans).

Pour favoriser l'accès des jeunes à un premier emploi dans le secteur moderne, nous étudierons également la possibilité d'une prise en charge par l'Etat, pour une durée limitée, d'une partie des coûts salariaux des jeunes recrutés par des entreprises.

Les jeunes joueront également un rôle social fondamental.

Les jeunes sont pleins d'énergie, ils ne demandent qu'à mettre leur dyna­misme au service de la Nation. Beaucoup d'entre eux ont reçu une formation solide, même s'il leur reste à apprendre. Beaucoup d'entre eux ont des convictions morales ou religieuses ; ils ont envie d'aider les autres.

Cette énergie, ce savoir, ces convictions, cela leur donne des responsabilités vis-à-vis de ceux qui ont eu moins de chance qu'eux et qui attendent maintenant un élan de solidarité du pays.

Nous proposerons aux jeunes de se mobiliser dans ce sens. Dans les mouvements associatifs existants ou ceux qu'ils créeront en fonction de leurs aspirations et de leurs affinités, nous leur proposerons de se consacrer bénévolement, même si ce n'est que quelques heures par semaine :

- à apprendre à lire à leurs aînés et congénères analphabètes,

- à leur apprendre à devenir des citoyens à part entière,

- à sensibiliser les populations rurales et urbaines aux dangers du SIDA et aux mesures de prévention qui s'imposent,

- à détecter les plus pauvres et les plus fragiles dans les couches sociales défavorisées et à leur fournir l'aide que le reste de la Nation, par solidarité, se devra de leur apporter (médicaments, rations alimentaires...),

- à sélectionner les bénéficiaires des micro-crédits et à appuyer les créations d'activités dans le secteur informel.

Pour cela, l'Etat mettra à leur disposition :

- les formations pratiques de courte durée qui leur permettront d'être plus efficaces sur le terrain,

- les moyens matériels pour aller à la rencontre des populations dans le besoin,

- les aides qu'ils leur apporteront de la part de la Nation solidaire.

A la faveur de ces activités, ils seront en mesure d'acquérir des connais­sances nouvelles et une expérience pratique des activités opération­nelles sur le terrain (des relations avec les autres, du travail en équipe, de la gestion de moyens matériels et financiers...). Ils deviendront ainsi des citoyens plus responsables, plus inventifs, plus respectueux des res­sources communes ; leur conscience collective mûrira. Ils apprendront à travailler ensemble, pour mieux vivre ensemble, toutes ethnies et confessions confondues. Forts de l'expérience acquise, ils seront pré­parés pour créer leurs propres emplois. L'Etat pourra détecter les jeunes qui auront fait la preuve de leur talent et de leur dévouement pour leur proposer des responsabilités opérationnelles dans la Fonction Publique.

Des récompenses de toutes natures seront accordées aux plus méri­tants en signe de reconnaissance de la Nation pour les services rendus.

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