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mercredi, 17 mars 2010

Reports des elections:La population exaspereen?

GBAGBO.JPGL’absence d’élection exaspère la Côte d’Ivoire


L’impossibilité persistante d’organiser le scrutin présidentiel repoussé depuis 2005 s’ajoute à de fortes tensions sociales, faisant craindre de nouvelles manifestations populaires dans les prochains mois

C’était un symbole de la « réunification » annoncée de la Côte d’Ivoire. Le préfet de Bouaké, fief des Forces nouvelles (FN), l’ex-rébellion ivoirienne contrôlant la moitié nord du pays, venait enfin d’être installé dans des bâtiments rénovés, équipés à grand frais par les Nations unies. Aujourd’hui, il ne reste des voitures neuves que des carcasses calcinées gisant devant d
es bureaux pillés et incendiés.


Sources:http://www.la-croix.com

C’est le résultat de la dernière hausse de tension en Côte d’Ivoire, en février. Tandis que le camp présidentiel accusait le président de la Commission électorale indépendante (CEI) d’avoir indûment cherché à introduire 429 000 électeurs dans la liste électorale, les partisans du parti du président Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), s’employaient à contourner les procédures pour faire radier d’autres électeurs en se basant sur la connotation ethnique de leur patronyme. Être radié des listes électorales, c’est ne pas avoir de carte d’identité ivoirienne, dont beaucoup d’habitants de Côte d’Ivoire s’estiment injustement privés. La réaction populaire a été immédiate : dans plusieurs villes du Nord et de l’Ouest du pays, des manifestants ont saccagé et incendié des symboles du pouvoir – tribunal, mairie, maisons de proches du président, permanences de son parti.

L’élection présidentielle n’est toujours pas pour demain

À Bouaké, la préfecture voisine avec le secrétariat général des Forces nouvelles. Objectivement, celles-ci n’ont rien fait pour empêcher le saccage, sans doute trop occupées à protéger leurs propres bureaux. Quant au Centre de commandement intégré, qui mêle policiers et gendarmes issus de la rébellion et de la filière classique, il n’est pas davantage intervenu pour contenir la foule. Le 12 février, la dissolution par le président Laurent Gbagbo du gouvernement et de la Commission électorale indépendante avait elle-même entraîné des manifestations, réprimées dans le sang dans certaines villes. À Abidjan, les jeunes de plusieurs quartiers s’étaient soulevés et la gendarmerie avait dû se déployer aux portes du quartier de Riviera 3 pour protéger les palais flambants des barons du régime. La nomination d’un nouveau gouvernement et d’une nouvelle Commission auxquels participe l’opposition a fait retomber la tension. Mais le constat est là : reportée depuis 2005 – fin légale du quinquennat de Laurent Gbagbo – l’élection présidentielle n’est toujours pas pour demain.

«Tout le monde a fait le pari d’endormir Gbagbo»

Lassés, certains membres du Conseil de sécurité, Royaume-Uni en tête, réclament le retrait des 7000 casques bleus, qui sont toujours appuyés par 900 militaires français de l’opération Licorne. Des consultations doivent avoir lieu aujourd’hui à New York au sujet de l’avenir de l’Onuci, l’opération de l’ONU en Côte d’Ivoire, dont le mandat arrive à échéance fin mai. Tout dépendra du sort de l’accord de Ouagadougou, signé en 2006 entre Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, chef des Forces nouvelles et premier ministre depuis lors. Mais le sort de « Ouagadougou », signé sous l’égide du président burkinabé Blaise Compaoré, dépendra de la volonté de Laurent Gbagbo d’aller enfin aux élections. « Tout le monde a fait le pari d’endormir Gbagbo en le persuadant qu’il pouvait gagner l’élection, explique un analyste politique. L’objectif était de le mettre dans l’entonnoir, de l’amener à un point où il ne pourrait plus reculer. Mais cette stratégie a échoué. »

«Nous sommes fatigués»

Laurent Gbagbo, issu d’une ethnie minoritaire, a tenté d’élargir sa base électorale, notamment en achetant le ralliement de personnalités du Nord, traditionnellement acquises au Rassemblement des Républicains (RDR) de l’ancien premier ministre Alassane Ouattara. Mais il n’a réussi qu’à diviser son propre parti, le FPI. Quant au mouvement des « Jeunes patriotes », hier galvanisé par les slogans xénophobes de ses leaders, il est à bout de souffle. Les « parlements », ces lieux d’expression publique populistes lui servant de relais, sont nettement moins fréquentés qu’autrefois. On y affirmait ces derniers jours que « les élections ne sont pas la priorité pour les Ivoiriens ». Certains, dans l’entourage du président, regardent comme exemple l’Angola, où le président Dos Santos règne sans élection depuis 1979. C’est négliger l’exaspération populaire, d’autant plus forte que le pays fait face depuis quelques semaines, en pleine canicule, à une pénurie d’électricité, une première depuis les années 1980. L’origine des délestages, qui pénalisent fortement l’activité économique, est connue : ignorant les avertissements de la Compagnie ivoirienne d’électricité, les gouvernants de la dernière décennie n’ont lancé aucun investissement en matière de production d’électricité, alors que la demande progressait. « C’est l’heure de vérité pour tout le monde, estime un diplomate. Soit il y a des élections dans un avenir proche, soit la population va descendre dans la rue. » « Nous sommes fatigués, spécialement les jeunes qui sont sans emploi, explique Célia, vendeuse à Abidjan… Beaucoup de jeunes filles n’ont d’autre choix que de se prostituer. Les Ivoiriens vont se soulever et ce sera pire que si l’armée prenait le pouvoir. »

Sources :http://www.la-croix.com

LAurent d'ERSU, à Abidjan et Bouaké

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