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jeudi, 11 mars 2010

Délestage: Encore 3 longs mois de souffrance a vivre

Délestage à Abidjan : Encore 3 mois de souffrance infligée aux Ivoiriens

Grand délestage, voilà l'expression qui a pris forme dans l'esprit des habitants de Côte d'Ivoire. Depuis le 1er février de cette année, les interruptions dites essentielles ont réussi, en un peu de temps, à confiner les populations ivoiriennes dans de novelles habitudes. "Je préfère dormir la journée et veiller la nuit", nous dit, amer, ce petit coiffeur, Ib. Des propos qui peuvent paraître ridicules et qui pourtant traduisent éloquemment la situation difficile que vivent les Ivoiriens. Qui n'ont pas la chance d'être reliés à un réseau "privilégié" de distribution.


De la date susmentionnée à ce jour et bien avant le 1er février pour certains quartiers du pays, c'est la catastrophe. On dort comme on peut la nuit. Sinon, on se trouve un temps de repos plus ou moins long, le jour. Le plus important pendant cette période, c'est de se taper une somme. Pour récupérer un peu d'énergie humaine pour pouvoir vaquer à ses occupations. Car quels que soient les événements, il faut vivre et donner un sens à sa vie.

La capitale économique ivoirienne, Abidjan, est contrainte à des comportements de village ou même de campement. Les habitants se sont mis à la bougie, à la lampe tempête, à la torche...Des dépenses supplémentaires inéviables. Il est même à parier qu'à des endroits dans le district d'Abidjan, la braise sert à s'éclairer. On dort à la belle étoile avec tous les risques évidents d'insécurité chronique et de morsures pathologiques des moustiques et autres petites bêtes nocives

Les aliments pourrissent faute d'alimentation des réfrigérateurs pour la conservation, les médicaments seront hors d'usage toujours pour cause de mauvaise conservation, les produits halieutiques, la boucherie, les fruits, les produits à garder au frais n'ont plus longue durée de vie, parce que pas d'électricité. Les cadavres pourrissent dans les morgues, le chômage, comme l'a souligné, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire et porte-parole des opérateurs économiques, Jean-Louis Billon, est inévitable, dans un tel contexte.

Parce que les unités industrielles, les entreprises ne tournent pas correctement et donc ne peuvent produire et supporter les charges dites fixes et les imprévues. Dans les hôpitaux, c'est la désolation, la mort rode, on ne peut opérer quoiqu'ils (hôpitaux) entrent dans les réseaux à ménager ou à privilégier, comme d'ailleurs les zones industrielles dont les unités sont contraintes de fonctionner aux groupes électrogènes. Pour leur survie. Les charges en alimentation électrique grimpent, puisqu'il faut débourser de grosses sommes pour l'achat de carburant. Cela, pendant plus de quatre (4) mois. Si cette contingence est difficile à gérer pour les grandes entreprises, imaginez toute la peine des petites sociétés. Il faut ajouter à tout cela la coupure régulière d'eau potable. Une autre situation désobligeante pour les populations dont certaines consomment tout simplement, pour leur survie, de l'eau de puits ou des marigots. Bref, ce mal profond est quotidien. Les conséquences de ces coupures intempestives sont incalculables et deviennent insupportables pour certaines structures à tous les niveaux. Nous ne sommes, hélas, qu'au 11 mars. C'est-à-dire seulement un (1) mois et quelques jours. Le début d'espoir étant fixé pour fin mai 2010, il faudra attendre trois (3) mois de plus pour être assuré de retrouver un éclairage satisfaisant. Mais-là encore, les autorités ne disent pas avec assurance qu'à cette date, le courant sera normalement redistribué sur toute l'étendue du territoire national. Le groupe non fonctionnel de la Centrale d'Azito totalise 150 Mw (mégawats). Le Ghana donne 25 Mw à la Côte d'Ivoire pour le soutenir dans cette période de crise énergétique, des groupes sont loués par l'Etat de Côte d'Ivoire pour permettre une production additive d'électricité. Mais ce qu'on ne peut négliger et qui pourrait provoquer d'autres difficultés ou avaries, c'est la contrainte de report de l'entretien des installations. Il faut souhaiter que ce programme qui s'impose par la force des choses ne crée pas d'autres préjudices au réseau. La bataille pour une relance du secteur de l'électricité reste rude et nous osons croire que le nouveau ministre des Mines et de l'énergie, Augustin Komoé, se penchera davantage sur ce problème qui frustre énormément les Ivoiriens obligés d'attendre encore plus de trois (3), officieusement, pour espérer avoir un meilleur éclairage continu.
P. Tadjau

 

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