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mercredi, 10 mars 2010

Djédjé Mady : La lutte continue

Invité de la rédaction de « Le Nouveau Réveil » / Alphonse Djédjé Mady (président du Directoire du Rhdp) : “La bataille est loin d’être terminée”


mady.jpgLe Secrétaire Général du PDCI-RDA, Directeur National de Campagne du candidat Henri Konan Bédié et Président du directoire du RHDP, le Professeur Alphonse Djédjé Mady était hier l`invité de la Rédaction du groupe de presse "Le Réveil". Il était accompagné non seulement des vice-présidents, des membres du Secrétariat général, des membres des instances et des élus du PDCI-RDA, mais aussi et surtout des Secrétaires généraux (ou leurs représentants) des partis frères du RHDP. Après le bref mot de bienvenue du directeur général du groupe de presse "Le Réveil", Denis Zion KAH, fait de remerciements à l`Invité et à tous ceux qui ont fait le déplacement, le débat a été ouvert.



Brou Presthone (Fraternité Matin)

Monsieur le président, après la double dissolution du gouvernement et de la Cei, vous avez dans un communiqué, au nom du Rhdp, demandé à vos militants de s`opposer à la dictature de Laurent Gbagbo par " tous les moyens ". Aussitôt dit, aussitôt fait et à travers toutes les régions du pays, on a dénombré beaucoup de vos militants qui sont morts et au même moment, le même Laurent Gbagbo que vous ne reconnaissiez pas, vous discutiez avec son Premier ministre. Conséquence : le Rhdp est dans le nouveau gouvernement. Avec quels yeux regardez-vous aujourd`hui toutes ces familles des victimes ?

Je voudrais vous remercier d`entrée de jeu d`avoir pensé aux familles de ceux qui sont tombés, aux blessés et à tous ceux qui ont souffert d`une manière ou d`une autre, lors des manifestations qui ont eu lieu tant à Abidjan qu`à l`intérieur du pays.

Notre compassion, nous l`avons exprimée en plusieurs circonstances à l`endroit de toutes ces familles éplorées.

Notre soutien leur est acquis et nous sommes à leurs côtés. Des délégations ont déjà effectué des déplacements à l`intérieur pour saluer ces familles dont une a été conduite par le président Anaky. D`autres délégations sont en passe d`aller saluer ces familles, on s`organise pour assister aux obsèques des morts de Gagnoa qui n`ont pas été inhumés. Vous comprenez que c`est avec le cœur serré que nous constatons ces disparitions tragiques. Nous nous reconnaissons un devoir de mémoire. La meilleure chose que nous pouvons faire pour eux, c`est de faire en sorte que leur combat aboutisse par une Côte d`Ivoire démocratique, une Côte d`Ivoire fraternelle, une Côte d`Ivoire qui se donne la main pour se rebâtir. Et qu`effectivement, il n`y ait pas de dictature, mais l`expression d`une démocratie. Ce qui serait toujours embêtant et c`est ce qui m`amènerait à rejoindre ce que le directeur général qui nous invite ici a eu à dire, à savoir que notre débat soit empreint de vérité et non de pièges ou de feindre d`ignorer ce qui s`est passé, ce serait dommage parce que si notre presse n`a pas de mémoire, si notre presse n`informe pas objectivement et qu`il y a des organes qui sont à la solde, comme on le voit dans tous les écrits, ce serait dommage, puisqu`il reste même les organes les plus respectés, ne serait-ce que du fait de leur durée sur la scène de l`information en Côte d`Ivoire.

On nous dit : " Vous avez dit que vous ne reconnaissiez pas le Président Laurent Gbagbo et on vous voit discuter avec son Premier ministre ". C`est une manière de voir les choses. La position du Rhdp a été argumentée et j`espère que la presse s`en souvient. Nous avons dit que depuis le 30 octobre 2005, le mandat constitutionnel du Président Gbagbo est venu à terme. Il n`y a plus, conformément à la Constitution, de mandat pour le Président Gbagbo, suite à son élection de 2000. La première conséquence de cette situation, c`est que le 21 octobre 2005, le Conseil de sécurité des Nations Unies dont la Côte d`Ivoire fait partie a pris une résolution. C`est la Résolution 16-33 qui dit avoir constaté que le mandat constitutionnel du Président Gbagbo est venu à terme et qu`il était impossible d`organiser des élections en Côte d`Ivoire. Tirant les conséquences de cela par cette résolution, les Nations Unies accordaient une période de 12 mois au Président Gbagbo en tant que chef de l`Etat de Côte d`Ivoire.

Espérant qu`au cours de ces 12 mois, on irait aux élections. Au bout des 12 mois, on n`a pas été aux élections. Les mêmes Nations Unies, par une autre Résolution 1721, ont dit encore accorder une nouvelle période non renouvelable de 12 mois à monsieur Laurent Gbagbo comme chef de l`Etat. La presse et surtout "Fraternité Matin", au nom de qui vous posez la question, ont suivi tous ces éléments. Cette résolution n`a pas connu un début d`application. "Fraternité Matin" le sait ! Et le Président Gbagbo a dû proposer une solution de sortie de crise qui a été le dialogue direct inter-ivoirien qui s`est déroulé au Burkina Faso et qui a donné l`accord politique de Ouagadougou.

Dans l`intérêt de la paix, que les non-signataires des autres acteurs politiques ont adoubé et accepté. C`est du fait de cet accord, comme le sait "Fraternité Matin", qui s`adosse à tous les accords antérieurs que la Côte d`Ivoire continue de reconnaître M. Laurent Gbagbo comme chef de l`Etat. Le Rhdp a dit qu`en prenant ces décisions, le Président Gbagbo sort des différents accords qui le maintenaient chef de l`Etat et qu`à partir de ce moment-là, quand il demande un nouveau format de la Cei qui est dans le format actuel, la conséquence de l`accord de Pretoria II auquel s`adosse l`accord politique de Ouagadougou, quand il dit ne plus vouloir de gouvernement de partis qui est la conséquence de Marcoussis et de tous les autres accords auxquels s`adosse l`Accord politique de Ouagadougou, nous disons qu`on ne sait plus ce qui maintient légalement M. Gbagbo comme chef de l`Etat. S`il sort de tous ces accords, nous ne le reconnaissons plus comme chef de l`Etat parce que son mandat est terminé et lui-même dénonce les accords qui le maintiennent chef de l`Etat. Je pense que c`est simple à comprendre !

Si vous avez compris cela, si vous voulez comprendre cela, vous comprendrez qu`on avait un problème de droit et non un problème de personnes. Ce qui faisait, qui fait que tout le monde s`est mis d`accord pour vous maintenir à la place où vous êtes, parce que vous êtes conscient quand même que la Constitution donne un mandat de 5 ans et non de 10 ans et si on est à 10 ans, c`est à cause des accords. Si tu sors des accords, on ne sait plus comment te reconnaître ! On ne te reconnaît plus ! C`est ce qu`a dit le Rhdp et nous avons demandé en conséquence, le rétablissement de la Cei en l`état, dans le format instauré dans les accords dont l`accord de Pretoria II. Que le gouvernement devenait secondaire mais si on doit parler de gouvernement, ça doit être le gouvernement des accords, monsieur de "Fraternité Matin". Est-ce que monsieur Gbagbo est revenu au format de l`accord de Pretoria ? Je dis oui ! Il est revenu au format de l`accord de Pretoria et avec les négociations qui ont eu lieu avec le facilitateur et les autres instances diplomatiques, le Rhdp a accepté de sacrifier Mambé à qui nous ne reprochons rien. Mais Mambé et tous ses vice-présidents, y compris le représentant de Gbagbo sont partis et on les a remplacés. Les autres structures demeurant en état. Je pense que "Fraternité Matin" a suivi que le renouvellement n`a concerné que le président et les 4 vice-présidents et le schéma de Pretoria a été conservé. "Fraternité Matin a également suivi que M. Gbagbo est revenu au gouvernement des partis puisqu`il a donné des quotas aux différents partis conformément à l`accord politique de Ouagadougou en suivant une clé de répartition. Dans ces conditions, ce n`est pas l`opposition qui cherchait à dissoudre les accords. Celui qui les avait dénoncés, s`il revient dedans, oui la vie continue parce que nous voulons sortir de cette crise par la paix et par une voie démocratique. Nous n`avons pas discuté avec un Premier ministre de M. Laurent Gbagbo qui ne soit pas dans les accords. Nous avons discuté avec un Premier ministre quand Gbagbo est revenu dans les accords. C`est ce que nous faisons. Je ne sais pas ce que vous trouvez à nous reprocher là-dedans. Mais si la démarche intellectuelle était honnêtement menée par la presse et surtout par "Fraternité Matin", vous auriez fait le bilan que nous n`avons pas eu un nouveau format de la Commission électorale indépendante. Que nous ne sommes pas sortis des gouvernements de partis. Et que celui qui était sorti des accords est revenu nous retrouver dans les accords. Notre souhait étant que la Côte d`Ivoire sorte de cette crise par les accords que nous avons signés, par le respect de ces accords. Nous n`avons donc pas de raisons de ne pas répondre de la Côte d`Ivoire. Et à l`appel et aux obligations que ces accords que nous avons signés ou reconnus, nous opposent. Monsieur, voilà pourquoi nous avons parlé avec Soro Guillaume et voilà pourquoi nous sommes dans le gouvernement Soro II. Parce que c`est conforme aux accords auxquels nous adhérons, qui devraient permettre à notre pays de sortir de la crise par la voie pacifique.



Tché Bi Tché (Le Temps)

Professeur, ma préoccupation rejoint un peu celle du confrère de Fraternité Matin. Au lendemain de la double dissolution de la Cei et du gouvernement, vous avez appelé vos militants à s`opposer par " tous les moyens " aux décisions du Président Gbagbo. Tous les moyens, ça veut dire quoi ? Et est-ce que vous pensez que vos militants ont usé des moyens auxquels vous faisiez allusion ? Ma deuxième préoccupation est banale. Reconnaissez-vous aujourd`hui Laurent Gbagbo comme chef de l`Etat ?

Troisième préoccupation, est-ce qu`en votre for intérieur, vous pensez que Laurent Gbagbo est un dictateur ?

Quand on dit " tous les moyens ", celui qui doit les mettre en pratique les apprécie et utilise les moyens qui sont à sa disposition. C`est pourquoi, on dit tous les moyens parce qu`on ne prend pas le temps de les citer. Donc, ils ont utilisé les moyens qui étaient en leur possession. Et je pense qu`avant nous, le Fpi a eu à utiliser cette même formule à d`autres manifestations. Ce n`est pas nouveau.

Vous voulez savoir si on reconnaît Gbagbo comme chef de l`Etat. On l`a reconnu comme chef de l`Etat tant qu`il est dans les accords. S`il sort des accords, on ne le reconnaît pas comme chef d`Etat. Je viens de dire à votre collège de "Fraternité Matin", parce que "Le Temps", "Fraternité Matin", c`est le soleil qui vous sépare ; je ne sais pas si pour vous, il y a du temps brumeux, des temps ensoleillés et je ne sais pas si "Fraternité Matin" est toujours au soleil mais, enfin de "Fraternité Matin" au "Temps", ça ne m`étonne pas que vos questions se ressemblent. Quand rien, ni la Constitution, ni les accords ne nous permettent de reconnaître M. Gbagbo comme chef de l`Etat, nous ne le reconnaîtrons pas comme tel. Mais tant qu`il sera dans les accords auxquels nous adhérons, nous le reconnaîtrons comme chef d`Etat de Côte d`Ivoire parce que nous, nous avons choisi la voie de la démocratie, la mise en œuvre des accords pour aller aux élections, voilà ce que nous faisons. Le jour où il sort encore, on ne le reconnaît pas. S`il reste dedans, on le reconnaît. Alors, s`il veut être reconnu comme chef de l`Etat, qu`il reste dans les accords et qu`on aille aux élections.

Quant au dernier volet de votre question, je vous dis que je ne dis pas quelque chose que je ne pense pas. Je suis porte-parole dans beaucoup de circonstances, je suis d`accord pour cela. Je suis aussi démocrate et ce que je dis-là, c`est parce que je le pense. Donc en mon for intérieur, ce que vous avez compris-là, c`est ça.



Tché Bi Tché (insiste)

Est-ce que vous soutenez que Gbagbo est un dictateur ?

Mais, c`est quoi la dictature ? La dictature, c`est quand on met tous les textes qui vous régissent de côté pour faire autre chose et ce, à sa seule volonté. C`est ça, la dictature. Car la dissolution de la Commission électorale indépendante (Cei) ne répond à aucune nécessité. La preuve, la Cei est là dans sa nouvelle formule. Et dans son format, toutes les structures de la Cei en dehors de la tête de Mambé et de celles des vice-présidents qu`on voulait, rien ne justifiait cette dissolution. Mais ça ne plaisait pas à "Monseigneur" et "Monseigneur" dit comme ça ne me plait pas, sans aucun texte, je fais ce que je veux. C`est ça la dictature. Ne pas tenir compte de l`existence des autres, refuser tout dialogue : c`est ça, la dictature. La loi du plus fort. C`est ça, la dictature. Quand on pense qu`on a l`armée à sa solde qui peut menacer à tout bout de champ les citoyens. C`est ça, la dictature. Quand on pense que le plus petit et le plus faible ne peuvent parler. C`est ça, la dictature. C`est la loi du plus fort. Il n`y a pas d`autre mot que la dictature pour désigner ce comportement.

Je suis convaincu que Gbagbo faisant ce qu`il faisait, c`est de la dictature. Parce que ce n`est conforme, ni à la Constitution, ni aux accords. C`est ça, la dictature. Quand dans un pays qui se dit démocratique, l`opposition ne peut pas parler sans être menacée publiquement ; c`est ça, la dictature. Si vous avez une autre définition de la dictature, j`aimerais bien la savoir. La dictature, c`est tout ce qui ne respecte pas les règles établies de fonctionnement. Et nous souhaitons que le régime Fpi ne se donne pas ce défaut complémentaire. Il peut se passer de ce défaut-là. Ce que le régime a déjà comme défauts, c`est suffisant. Il ne faut pas en ajouter.



Marcel Bénié (Demain)

M. le président, le 02 mars dernier lors de la réunion du Bureau politique du PDci-Rda, vu les différentes interventions de la base, on peut dire sans se tromper que la base a un peu désavoué la direction dudit parti relativement à l`entrée au gouvernement Soro II du Rhdp. En tant que premier responsable du Rhdp, comment avez-vous ressenti cela ? Et pourquoi, la direction n`a pas suivi la base et quelles sont les leçons que vous en avez tirées ?

Nous comprenons parfaitement notre base et nous sommes en phase avec elle. Que la base refuse que le Rhdp entre au gouvernement, ça se comprend après tout ce qu`elle a vécu, après tout ce qui s`est passé. On la comprend. Mais, nous disons que ce n`est pas la violence qui sera la meilleure manière pour résoudre les problèmes de la Côte d`Ivoire. C`est l`application des accords qui sont un arrangement, qui sont un consensus mettant ensemble toutes les tendances ivoiriennes pour aller à l`essentiel pour sauver la Côte d`Ivoire. Les responsables du Rhdp tiennent non pas à prendre le pouvoir par la rue en organisant des manifestations qui entraîneraient une multitude de morts d`hommes que beaucoup attendent pour ramasser le pouvoir dans la rue. La volonté des responsables du Rhdp, c`est la mise en œuvre des accords. C`est pourquoi, nous avons dit que la première préoccupation c`est la réinstallation de la Cei pour nous conduire aux élections par une voie démocratique, pacifique où le vainqueur devrait être reconnu si toutes les conditions de transparence sont assurées. Si cette Cei a été restaurée, si ceux qui étaient sortis des accords sont revenus dans ces accords, ce ne serait pas responsable malgré les sentiments fondés de nos militants, pour les dirigeants du Rhdp de saborder les accords et encore la seule forme de confiance qui nous lie. C`est pourquoi, tout en les comprenant, nous avons dit à la base de faire confiance aux dirigeants. Et ce que vous n`avez pas ajouté, c`est qu`après, il y a eu la réunion des Bureaux politiques des partis du Rhdp et vous vous êtes arrêté à la réunion préparatoire du Pdci-Rda. De la bouche d`Alassane Ouattara et de Henri Konan Bédié, si vous deviez retenir une seule chose, un seul mot c`est qu`ils ont demandé à la base de leur faire confiance. Ces enfants d`Houphouët ont retenu cette leçon du père qui dit qu`il y a deux sortes de chef. Il y a le chef qui dit : " Je suis chef, je vous suis ", et le chef qui dit : " Je suis chef, suivez-moi ". Ils ont choisi la formule, " Je suis chef, suivez-moi ". Ils ont demandé à la base de leur faire confiance et de les suivre. Ils ont suspendu toutes les manifestations qui avaient cours et ont demandé à la mobilisation de se maintenir. Oui, la base a des raisons de dire ce qu`elle a dit. On la comprend. Mais la base ne sait peut-être pas toujours toutes les raisons de ceux en qui elle a fait confiance et qui la dirigent. Elle, la base, a compris pour suivre les chefs qui disent : " Je suis chef, suivez-moi ".



Stéphane Benyouath

(Le Jour Plus)

Les accords, qui maintiennent Laurent Gbagbo comme chef de l`Etat, lui donnent-ils le droit de récuser les personnes que vous proposez dans la mise en place de certaines institutions comme on l`a constaté lors de la formation de la Cei et du gouvernement ? Sinon, pourquoi est-ce que le Rhdp a cédé aussi facilement laissant l`impression au sein de l`opinion nationale que votre préoccupation était de pouvoir contrôler la Cei et de rentrer au gouvernement ?

Il y a des droits qu`on ne vous donne pas, que vous prenez quand vous n`avez aucun égard des résultats auxquels on peut aboutir. En principe, dans les porte feuilles, suite à une clé de répartition, sont attribués à des formations politiques des postes. Le minimum qu`on puisse faire, c`est de laisser ces formations politiques proposer ceux qu`elles veulent envoyer en mission, dans l`intérêt national et dans l`intérêt de l`harmonie générale qui doivent préexister. Nous avons noté, comme vous, que le Président Gbagbo a eu à récuser un certain nombre de personnalités. Cela n`est pas de notre goût. Ou on s`enferme dans un bras de fer autour des personnalités proposées et la crise perdure. Et il y a des gens que cette situation arrange. Parce que plus la crise dure, plus ça leur profite parce qu`ils ne veulent pas qu`on aille aux élections. Il y a des gens qui sont adeptes des blocages objectifs ou imaginés. Au niveau du Rhdp où les cadres ne manquent pas, nous avons pensé que c`est des postes de service et quand certaines ne pensent pas y être, d`autres peuvent venir représenter valablement pourvu qu`on avance et qu`on sorte de cette crise. Notre première volonté, c`est de chercher à dénouer tous les nœuds qu`on fait pour ne pas qu`on avance. C`est un sacrifice et nous ne reprochons rien à ceux qui ne sont pas restés ; mais devons-nous demeurer dans cette situation quand on regarde ce que nous souffrons tous, du moins la grande majorité des Ivoiriens. Et ces cadres ont compris, et ils se sont retirés et d`autres cadres ont été envoyés en mission. Il n`y a pas que le poste ministériel qui est un poste de service. Houphouët-Boigny là encore nous le disait qu`" on peut servir son pays à tous les niveaux pourvu qu`on y mette du sien ". On peut donc servir son pays à d`autres niveaux et son parti à d`autres niveaux. Ce n`est qu`une question de permutation dans la redistribution des rôles. Mais les récusations arbitraires parce que la tête de Pierre ou de Paul ne me plait pas, parce que Pierre ou Paul ne se plie pas à mes quatre volontés, parce que tous les matins, il ne vient pas me dire bonjour, parce qu`il ne m`a pas caressé dans le sens du poil, parce que quand il était en mission, il a reconnu qu`il était de telle formation politique comme si cela était un mystère, etc. Si c`est cela qui doit enliser la Côte d`Ivoire dans la crise, le Rhdp a encore voulu faire les frais du jugement de Salomon, celui à qui l`enfant n`appartient pas et tant qu`il peut souffrir, ce n`est pas son problème. Faisons en sorte que l`enfant ne souffre pas davantage. C`est là notre souci au Rhdp.

Patrice Yao

(Le Nouveau Réveil)

Je voudrais revenir sur la question de la Cei. Gervais Kacou avait été pressenti à la tête de la Cei. Et c`est Youssouf Bakayoko, contre toute attente, qui est devenu le président de la Cei. Je voudrais que vous nous dites ce qui s`est passé.

Après le renouvellement de la Cei, le Fpi parle maintenant du désarmement et de renouvellement des Cei locales. Pensez-vous que les problèmes soulevés par vos adversaires peuvent nous permettre d`aller aux élections fin avril-début mai ?

Youssouf Bakayoko, parce qu`à la fin, cela a été Youssouf Bakayoko. Je ne sais pas quelle est la source de vos informations. Ecoutez, ce n`est pas le lieu indiqué d`entrer dans les détails des concertations. Il s`est trouvé, suite au consensus fait par le Rhdp, que le Pdci devait trouver le candidat de la Cei. Nous avons fini de nous mettre d`accord sur la personne de Youssouf Bakayoko. Il a fait l`unanimité même au camp présidentiel. Si le camp présidentiel a donné son accord, c`est parce que c`est un citoyen ivoirien qui sait la mission qui l`attend. Au Rhdp, nous ne comptons pas sur les membres de la Cei pour gagner les élections. Tout ce que nous leur demandons, c`est de faire correctement le travail qu`ils ont à faire dans l`intérêt de tous les compétiteurs, cela ne nous gêne pas. De conciliabule en conciliabule, c`est Youssouf Bakayoko qui a été choisi parce qu`on veut la paix. Le Rhdp voudrait amener l`opinion nationale et internationale, amener les Ivoiriens que vous êtes, en dehors de votre profession de journaliste, à savoir qu`il y a une chose fondamentale. C`est que le camp présidentiel ne veut pas aller aux élections. Quand vous aurez compris cela, vous comprendriez tous les problèmes que les gens créent. Nous sortons d`une crise de la Cei. Le facilitateur est venu ici. Une solution a été trouvée. Nous avons renouvelé la Cei. Cette commission n`a pas encore travaillé, et ils veulent aller s`attaquer aux commissions locales et régionales. Pour quelle raison ? Si ce n`est pas pour perdre du temps. Que reproche-t-on aux commissions locales et régionales ? Pourquoi les changerait-on ? Le Rhdp est prêt à mener ce combat. C`est cela la dictature. Ils changent les règles du jeu parce qu`ils détiennent une partie du pouvoir. Et tout le monde doit suivre. C`est une situation qui va nous faire perdre du temps parce qu`on veut aller au cinquantenaire, à la Coupe du monde. Même si les Ivoiriens ne mangent pas, ils n`ont pas d`eau, pas de courant, ce n`est pas grave. Le Rhdp ne l`entend pas de cette oreille. Et nous reprendrons la lutte. Dans nos villages, nos parents qui ne savent pas lire et écrire, respectent la parole donnée. Depuis que l`écriture est née, lorsqu`on signe un papier, il faut respecter sa signature. Aujourd`hui en Côte d`Ivoire, l`on ne respecte ni la parole donnée, ni la signature. C`est le seul pays au monde où l`on ne peut pas arrêter une liste électorale puisque le camp présidentiel demande qu`on reprenne l`enrôlement. Ils veulent qu`on rouvre l`enrôlement pour ceux qui ne se sont pas présentés au début. Ils veulent qu`on prenne en compte les nouveaux majeurs. Et comme chaque jour, il y a un nouveau majeur, l`enrôlement sera ouvert tous les jours. Et on n`arrêtera jamais la liste définitive. La loi ivoirienne, avant le début de la crise, prévoyait la fin de chaque mois de mars comme le terme de la mise à jour de chaque liste électorale. Les nouveaux majeurs attendent la prochaine mise à jour. C`est comme cela que ça se fait dans tous les pays. Lorsqu`on demande de rouvrir l`enrôlement, c`est comme si on demandait au bon Dieu sa barbe. Encore que lui reste bon Dieu sans sa barbe. Si on veut aller aux élections, c`est des choses qu`il faut éviter. Maintenant, ils parlent de la réunification du pays. Or, moi, j`ai trouvé un préfet à Tengrela, j`ai trouvé un sous-préfet à Débêté à 5 km du Mali. C`est cela le signe de la réunification. Quand l`administration centrale est représentée partout, c`est quoi la réunification du pays ? Ils soulèvent encore le problème du désarmement. Le Rhdp n`est pas signataire des accords de Ouaga, encore moins des avenants. L`avenant quatre (04) de l`Apo signé par le Secrétaire général des Forces nouvelles et le chef de l`Etat Gbagbo parle de la question militaire. Il y est inscrit la question du désarmement, de la démobilisation, des milices et des groupes d`autodéfense. Et il est dit, en ce qui concerne les forces belligérantes - eux ils parlent de belligérants relatifs aux Fds, aux Forces nouvelles - il est dit de ces deux forces qu`elles doivent cantonner. Et comme dans tout bon camp militaire, les armes doivent être déposées dans une poudrière, et que chaque camp doit fournir 4000 hommes pour former le Centre de commandement intégré (Cci), le Cci doit être sur le terrain pour assurer la sécurité des personnes et des biens pour protéger le processus électoral. C`est à côté de ce Cci que les forces internationales forment une ceinture de renforcement. Ce ne sont pas les responsables du Rhdp qui ont signé ce document. Ce sont Gbagbo et Soro qui l`ont signé. Ils ont dit dans leur accord que la nouvelle armée républicaine, qui sera issue de la fusion des Fds actuelles et des Fafn actuelles, ne sera connue que deux mois après l`élection du nouveau président de la République. Voilà ce qu`ils ont écrit et qui ne les engagent pas. Allez-y comprendre quelque chose. Mais tout cela a un dénominateur commun qui est le refus d`aller aux élections. L`on crée les problèmes parce qu`ils ne veulent pas aller aux élections.



Parfait Tadjau

(Le Nouveau Réveil)

Après la dissolution de la Cei et du gouvernement, il y a eu des manifestations. Lorsqu`on atteint un tel stade de mobilisation, est-ce que vous devez avoir les résultats dont vous semblez vous enorgueillir ?

Je dois dire qu`il n`y a pas de sentiment de fierté à la suite des résultats obtenus. Nous ne pensons qu`à la Côte d`Ivoire. Disciples et enfants d`Houphouët-Boigny, puisque nous sommes le rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix, nous ne voulons pas prendre le pouvoir par la violence. Nous voulons prendre le pouvoir par les urnes. C`est pourquoi, je le répète encore, pendant cette crise, nous avons mis en priorité, le règlement de la question de la Commission électorale indépendante (Cei) qui doit nous conduire aux élections. On peut nous reprocher de vouloir prendre le pouvoir par les urnes, parce qu`on n`a pas encore fait le choix de la violence pour prendre le pouvoir. Nous ne voulons pas de pouvoir arrosé du sang d`Ivoiriens. Mais un pouvoir béni par les Ivoiriens dont le résultat se traduira par des Ivoiriens au travail qu`ils arroseront par leur sueur et non par leur sang. Là-aussi, c`est une pensée d`Houphouët-Boigny qui disait à ses compatriotes Ivoiriens. "Je ne vous demande pas votre sang, je vous demande votre sueur". Qu`on se mette donc au travail. Cette méthode peut ne pas paraître efficace, elle n`est pas rapide, ça c`est vrai. Mais, c`est l`option que nous avons faite. Jusqu`à l`heure où je vous parle. Aller aux urnes, laisser les Ivoiriens décider qui doit être leur prochain président, de ceux qui doivent être leurs prochains députés, et présidents des conseils généraux. Laisser la parole, comme en toute démocratie, au peuple, par les urnes, et non au peuple par la rue. Le peuple ne se retrouve dans la rue que lorsqu`on l`y oblige. Parce que la presse suit sans garder en mémoire le fondement des choses. Et comme je sais que vous ne poserez pas la question, je vais donc y répondre. Les manifestations, dont on parle tant, ont commencé, avant même que le Rhdp ne donne un mot d`ordre de manifestation. De quoi cela découle-t-il ? De la gestion de la liste électorale provisoire. Vous devez le savoir et je sais que vous le savez. Il y a un mode opératoire qui a été rédigé et adopté, non pas par le Rhdp parce que je ne me souviens pas qu`on nous ait soumis le mode opératoire pour approbation. On ne nous l`a jamais soumis. Mais on a constaté qu`il y a un mode opératoire qui a eu l`assentiment du Président Gbagbo, de son Premier ministre Soro et de la Commission électorale indépendante qui a fixé les règles suivantes que je résume et desquelles vont découler les manifestations avant même que le Rhdp ne réagisse. Vous et moi, du moins si vous êtes Ivoirien et je sais que vous l`êtes, nous avons été identifiés sous présentation d`un jugement supplétif ou d`un extrait d`acte de naissance. Il ne mentionne pas notre nationalité. A la fin de l`identification, sur présentation de ces pièces-là, le mode opératoire a retenu un certain nombre de listes, dites listes historiques grâce auxquelles on devait pouvoir reconnaitre et ma nationalité et votre nationalité, à partir de ces listes que vous avez arrêtées sans consulter l`opposition. La première liste de base est la liste électorale de 2000, voulant se fonder en cela sur les dispositions de la loi. Que pour figurer sur une liste électorale, on est censé être Ivoirien. Donc ceux qui ont été retenus sur la liste de 2000 sont des Ivoiriens. En croissant la liste de base et la nouvelle liste, tous ceux qui ont été trouvés sur cette liste ont été retenus comme Ivoiriens. Deuxièmement, la loi dispose également que quelqu`un qui nait d`un parent ivoirien est Ivoirien. Donc, tous ceux qui ont été rattachés par la filiation à ceux de la liste de 2000 ont été reconnus Ivoiriens. Ils ont trouvé d`autres listes : Cnps, Cgrae, etc., et ils ont retrouvé des Ivoiriens. In fine, selon les méthodes arrêtées par eux-mêmes, on s`est retrouvé avec 5.300.000 personnes reconnues ivoiriennes, dont les noms ont été couchés sur une liste dite " liste blanche ". Et 1.033.000 personnes n`ont pas vu leur nationalité ivoirienne reconnue. Leurs noms ont été couchés sur une liste dite " liste grise ". Et le mode opératoire dit que ceux qui sont sur la liste blanche, les 5.300.000, ils peuvent être contestés. Mais celui qui les conteste, qu`il apporte la preuve de la contestation. Si je dis que vous n`êtes pas Ivoirien, alors que votre nom est sur la liste blanche, c`est moi qui dois apporter la preuve qui montre que vous n`êtes pas Ivoirien. Ce n`est pas à vous d`apporter la preuve. Ceux qui sont sur la liste grise, dont la nationalité n`a pas été établie, il appartient à ceux d`apporter la preuve qu`ils sont Ivoiriens. Voilà ce que dis le mode opératoire. Et quelle est la procédure ? Si je conteste votre nationalité, je prends une fiche de réclamation, je la remplis, je joins les preuves, je vais déposer le tout à la Cei où vous avez été identifié. Cette commission analyse ma demande. On y fait une suite positive ou une suite négative. Les délibérations de la Cei sont aussi réexaminées par le comité de suivi qui accepte ou qui refuse. Et tout cela est annoté. Et s`il se trouve que votre nationalité a été remise en cause, on vous signifie les décisions et c`est vous qui prenez votre dossier, vous-même, pour aller voir le juge pour dire, je suis Ivoirien, on ne veut pas reconnaître, voici les preuves. Et le juge tranche en dernier ressort, comme un tribunal d`appel. Mais le tribunal n`agit pas en 1ère instance, sans que les gens passent par la Commission électorale indépendante. A quoi avons-nous assisté ? Sur appel, des gens se lèvent, voici un petit lot qui peut vous servir d`exemple (cas de Divo). Monsieur Gnépa Apalé Jacob, député sous-préfecture, directeur de campagne, M. Bada Tayoro, directeur adjoint de campagne, Assé Baya Camille, maire de Divo, etc., alignent des noms de personnes, sans en apporter la moindre preuve et on va déposer chez le juge, lequel doit radier ces personnes de la liste électorale. Et quand on regarde, vous ne verrez que des Traoré, Sidibé, Koné, Doumbia, Samaké, etc. Sur la liste de Guitry, faite de 350 noms, c`est le 150ème nom qui a une résonnance Akan. Les 349 autres sont des noms des gens du Nord. Sans aucune preuve, on doit les radier. A leur insu, on doit les radier. Ce n`est pas cela le mode opératoire. Et c`est ces situations, comme vous l`avez oubliée, qui ont entrainé les premières manifestations. Simplement parce qu`il y a délit de patronymie. Et nous devons comprendre le problème de fond qui est posé. Nous ne sommes pas là pour que des gens qui ne sont pas Ivoiriens, soient sur la liste ! Ceux qui ne sont pas Ivoiriens, on doit les sortir, mais selon le mode opératoire qui existe et qui est frappé du sceau de la République. C`est le mode opératoire qui doit servir de guide pour radier ou pour inscrire ceux dont la nationalité a été prouvée en dernière minute. Donc, le problème qui se pose pour ces gens qui se sont soulevés, il est plus un problème d`appartenance à un pays, une nationalité, d`avoir droit à une patrie, qu`un problème électoraliste. Ils veulent avoir une identité, ils veulent avoir un pays, comme ils sont d`un pays, et on veut les en déposséder sans aucune preuve. J`ai entendu un responsable du Fpi dire : on a dit qu`ils ne sont pas Ivoiriens, ils n`ont qu`à apporter la preuve qu`ils le sont. Or la loi dit, quand on les a reconnus comme Ivoiriens, c`est celui qui conteste qui apporte la preuve de l`accusation. Voilà la première base et la base essentielle, du début des mouvements que les Fds n`ont pas pu encadrer selon des moyens républicains, mais où il y a eu mort d`homme par balles. Des tirs à balles réelles. Comme disait une autorité internationale dont je tairais le nom, pour le moment, qui est allé voir les victimes, s`est rendue compte que ce sont des balles tirées en vis-à-vis. Je ne parlerai même pas de bout portant. Le bout portant, le bout est à côté. Or, là, ce n`est pas une balle perdue, on vise la personne en un point mortel. Alors, nous devons nous souvenir que nous ne nous satisfaisons pas de cet état de chose. Mais, l`on doit comprendre les raisons qui poussent un peuple à dire trop c`est trop. Et quand on dirige un pays et qu`on dit être responsable, on écoute la voix du peuple. Et pour un vrai chef, dût-il croire que sa décision était la meilleure, mais qu`elle n`est pas comprise au moment où il l`émet, le vrai chef retire sa décision parce qu`elle n`est pas comprise, par ceux dont elle devrait faire le bonheur. Encore une fois, les Houphouétistes se donneront l`exemple d`Houphouët-Boigny. Il a voulu faire la double nationalité. En ce temps, il était trop en avance, les Ivoiriens ne suivaient pas. Il n`a pas mis son "moi" en avant. Il a retiré son projet. Un chef qui croit avoir raison, mais qui n`est pas compris par ceux qu`il guide, doit savoir attendre et retirer ce qui n`est pas compris. Et là, il s`agit pour les uns et pour les autres, pour leur descendance de savoir à quel pays on veut les rattacher. Parce qu`ils ont droit à un pays. Et ils pensent qu`ils sont Ivoiriens. Car, ils sont originaires de villes du Nord, qui sont frontalières avec des pays que nous connaissons tous. La ressemblance de nom ne signifie absolument rien.



Lance Touré (Le Mandat)

Beaucoup de choses se racontent sur vous. Il parait qu`aujourd`hui, vous mangez avec le président. Alphonse Djédjé Mady est soupçonné de manger à la présidence. Alors monsieur le Secrétaire général, dites-nous, c`est une décision légitime ou illégitime ?

Quel est le repas qui a été fait à la présidence ? Ecoutez, je sais que la Côte d`Ivoire a fait pitié. La Côte d`Ivoire fait pitié. Je ne voudrais pas parler de moi parce que je ne suis pas important. Il s`agit du Rhdp et non de Djédjé Mady. Djédjé Mady, c`est une quantité négligeable, sans laquelle le Rhdp mènera un combat beaucoup plus expressif. Mais dites à ceux qui le racontent, que je l`ai dit deux mois auparavant et je le répète encore. Deux mois après que le Pdci eut fait l`honneur de faire de moi son Secrétaire général, c`était au cours d`une des rencontres de Fraternité-matin et de la Rti à l`hôtel Ivoire où je leur ai dit que je suis Bété, et de ce fait, je ne pouvais pas le changer, et je suis fier de l`être. Et que Gbagbo aussi est mon frère. Je le dis, Houphouët-Boigny ne m`a pas appris à faire de la politique où on tue. Et j`ai dit au Pdci, si on fait une réunion pour dire qu`on veut tuer Gbagbo, je serai le premier à le lui dire. Cela a créé des suspicions légitimes que je sais. Quels commentaires cela n`a pas entrainés au sein du Pdci, je le sais, je le dis. Si Gbagbo n`était pas méchant, c`est vrai, notre femme aurait pu préparer du riz, on aurait mangé puis chacun aurait défendu sa chapelle. Malheureusement, il ne m`appelle pas quand elle prépare le riz. Alors, dites-le lui, le riz qu`il prépare, il ne m`appelle pas pour qu`on le partage ensemble, c`est pourquoi, vous avez le temps d`en parler. Parce que si je devais le manger, j`irai le faire au grand jour. Je ne vois pas pourquoi je me cacherais. Voyez-vous, je ne connais pas Gbagbo aujourd`hui. Ma première rencontre avec Laurent Gbagbo, Ehui Bernard est là en tant que témoin, date du 21 décembre 1968 à l`ancienne Ecole normale supérieure. Après la dissolution de l`Unesci le 21 juillet 1968, nous nous sommes retrouvés pour tenir une assemblée générale, voulant créer un mouvement qui soit affilié au Pdci-Rda. Le dernier bureau de l`Unesci qui venait d`être dissous était dirigé par Koné Tiémoko de Tengréla et avec pour trésorier, Djédjé Gustave (l`actuel Pca de la Cgrae). Et nous dit-on, quand Gbagbo était au petit séminaire de Gagnoa, Djédjé Gustave qui était instituteur était son tuteur. C`est donc les membres de l`ancien bureau de Koné Tiémoko qui ont envoyé les gens manifester contre notre volonté de créer un mouvement qui appartienne au Pdci-Rda. Ce jour-là, Gbagbo était parmi les manifestants. On s`est donc rencontré dans l`adversité même étant des frères. Et depuis, je passe les étapes. Mais vous devez aussi savoir, je prends le même Ehui Bernard à témoin. Le 05 août 1969 à Yamoussoukro, les étudiants qui ont eu à contester le Meeci et qui ont séjourné à Akouédo, quand ils sont sortis que nous sommes partis à Yamoussoukro, on devait signer l`accord de paix, de réconciliation des jeunes, les pro-Houphouétistes, les anti-Houphouétistes et Gbagbo était du côté des anti-Houphouétistes. Nous, nous étions du côté des pro-houphouétistes. On a dit qu`on faisait la paix. Et le groupe m`a désigné pour être leur porte-parole. Et Gbagbo a été désigné par la contestation pour être le porte-parole. C`est nous deux qui avons fait cet accord de paix. Le 05 août 1969, je passe sur d`autres étapes. Oui, c`est mon frère mais au plan des idées, de militantisme syndical, politique, nous n`avons jamais été du même bord. C`est mon frère. S`il avait assez de riz qu`il m`invitait à manger, je ne me cacherais pas. Je ne suis pas homme à me cacher, je dis ce que je fais et je fais ce que je dis. Mais malheureusement, ça ne se passe pas comme vous le dites, ça ne me gêne pas, mais alors, pas du tout. Mais je ne renierai pas des liens naturels. Donc, j`attends d`aller manger à la table de Gbagbo quand il m`invitera. Mais, il ne l`a pas encore fait. C`est clair. Il ne va pas m`empoisonner. S`il le fait, il va m`enterrer. Je vous apprends que tout dernièrement, vous le savez tous, et c`est une occasion de vous remercier. Quand j`ai perdu tout dernièrement ma sœur, Gbagbo est venu à la maison. Ceux qui étaient là ont dû le remarquer. Et la composition de sa délégation signifiait ce qui était dans son cœur. Quand il est venu, il n`était entouré que de cadres bété. Oui, il est venu pleurer sur mes parents, il a donné la somme de 5 millions pour pleurer sa sœur. Arrivé au village, devant les militants du Fpi de Yokolo, de Saïoua, qui étaient venus nombreux aux obsèques, j`ai donné la nouvelle comme on le fait au pays bété. Donc cela ne me distrait pas. Mais si Gbagbo était bon, je devais avoir beaucoup d`argent mais…Il ne m`en donne pas alors, on fera les comptes après.



Julien Adyé Noel

(La Voix de l`Allemagne)

Vous avez un tant soit peu parlé du délestage que vivent les Ivoiriens depuis bientôt 5 semaines. Alors, vous en tant que leader de cette formation politique, l`un des plus anciens partis politiques de Côte d`Ivoire, le Pdci-Rda, comment vivez-vous ce délestage et par ricochet, je vous demande si en cas de grave manquement d`électricité en Côte d`Ivoire, l`on sera à même d`organiser des élections dans le courant d`avril et mai, puisque les responsables de la Cie nous disent que c`est vers fin mai qu`on pourra rétablir de façon correcte l`électricité en Côte d`Ivoire. N`avez-vous pas peur ou ne craignez-vous pas que cela soit utilisé comme prétexte pour ne pas aller aux élections ? Si les élections n`ont pas lieu dans cette période du mois d`avril et de mai, quelle serait la position sinon la réaction du Rhdp ? Et pour terminer, où en êtes-vous avec la transformation du Rhdp en un parti houphouétiste ?

Le délestage ne peut que nous causer beaucoup de soucis et beaucoup de peines pour le peuple de Côte d`Ivoire. C`est quelque chose qui aurait pu être évité. Le Pdci-Rda, durant ses 40 ans de mandat, est à l`origine de tout ce qui existe comme sources d`énergie depuis les barrages hydroélectriques jusqu`aux centrales thermiques. Le Pdci-Rda, après Ciprel I, Ciprel II et Azito, avait un plan de renforcement des sources énergétiques. Et ce qu`on avait pu mettre en place est ce qui a servi à donner de l`électricité à la sous-région. Alors l`acquis s`entretient. L`Etat est une continuité. Vous ne pouvez pas distribuer du courant dans tous les villages, vous ne pouvez pas en donner à la sous-région sans veiller aux sources d`approvisionnement, à votre capacité réelle de production de courant. Sans veiller aux circuits de distribution du courant. On dit que la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu`elle a ; alors là aussi, on ne peut donner que ce qu`on a. Il y a eu une politique de " laisser-aller " qui n`a pas entretenu l`existant et qui n`a pas pu faire les investissements nécessaires pour que cet existant fonctionne au moins et qu`on puisse augmenter notre capacité de production d`énergie. Et voilà où nous en sommes. On nous dit au mois de mai, si, on arrive à réparer Azito. Encore faut-il arriver à réparer Azito. Ce n`est pas simplement Azito qu`il faut réparer, on aurait dû l`entretenir et créer d`autres Azito. Cela n`a pas été fait. Et cela fait 4 ans, semble-t-il, qu`un dossier a été déposé sur la table des autorités de ce pays. Cela fait 4 ans que la poussière a poussé sur le dossier et qu`on n`a pas secoué pour savoir que cela nous amenait à la catastrophe. Les élections sont importantes mais avant d`arriver à ces élections, ce manque d`électricité accompagné de ce manque d`eau, est crucial. Car, quand vous n`avez pas le courant, vous pouvez acheter une bougie. Mais quand vous n`avez pas de courant, c`est vrai, l`eau ne peut pas monter dans le château. Et l`eau est source de vie. Le manque de courant pénalise même le petit commerçant du quartier qui vend du yaourt et qui, s`il n`est pas conscient, va vendre du yaourt frelaté à des enfants qui viennent acheter ce yaourt et qui vont faire une intoxication à base de produit laitier. Ce qui est dangereux, etc…sans parler des usines et à leur fonctionnement. C`est dramatique et ça va au-delà de la nécessité des élections. Il suffit pour les élections de dire qu`on commence à 6h du matin pour finir à 6h du soir et les gens auront fini de voter et c`est un jour. Mais la vie des Ivoiriens, l`économie ivoirienne, c`est dramatique. Personne ne peut se réjouir même de l`opposition la plus dure. De toute façon, on s`oppose pour venir au pouvoir pour rendre une population heureuse. On ne peut pas se réjouir de voir cette population courir des risques énormes. Certains d`entre nous vont s`acheter des groupes électrogènes pour éclairer chez eux, mais même ces groupes ne pourront pas faire monter l`eau dans les châteaux. Alors, on prie Dieu pour que les effets de ce délestage n`entrainent pas plus de catastrophes. Les journaux, hier, faisaient état de 4 morts à l`hôpital de Yamoussoukro à la suite d`une coupure de courant. Et je pense que si dans tous les hôpitaux, on faisait le point de ceux qui meurent suite à ce délestage, chaque jour, on aurait une liste funèbre. Alors, c`est une situation qui est au-dessus des élections parce qu`il s`agit de la vie des Ivoiriens et de tous ceux qui vivent en Côte d`Ivoire. Les élections ont promis les rendre heureux mais quand ils seront tous morts avant les élections, je ne sais pas pour qui on prendrait le pouvoir ou pour qui on le garderait. Cela dit, si les élections n`ont pas lieu d`ici fin avril-début mai, qu`est-ce qu`on fait ? Les conclaves de stratégies ne se tiennent pas devant les micros. Quand vous ferez partie de notre équipe, je vous inviterai à notre réunion de stratégie. Mais, pour le moment, nous voulons aider à la sortie de crise, par la voie pacifique. Et on espère que ça aura lieu. On espère et on se battra pour que ça ait lieu. Mais nous avons le bloc de glace que nous avons en face de nous. Est-ce qu`on va arriver à le faire fondre ? Dieu seul le sait. La transformation du Rhdp en parti politique est en bonne voie, en très bonne voie. On tient déjà des réunions de bureau politique commun. Nous nous emploierons pour que les enfants d`Houphouët se retrouvent sous le même toit, où le père les a laissés quand il partait. Nous sommes infiniment reconnaissants à nos chefs qui ont pris cette initiative et nous les aiderons à réaliser cela. Le délai, on est en train de travailler.



Kamagaté Ibrahima

(Le Patriote)

Nous nous rappelons qu`il y avait des faits qui n`étaient pas prévus par le mode opératoire de l`identification mais qui ont été imposés par le camp présidentiel notamment l`exigence des extraits de naissance, des différentes prolongations du contentieux. Il nous a semblé que pour accepter ces différentes opérations, vous (les leaders du Rhdp) avez été approchés par les arbitres du processus électoral et vous avez accepté. Est-ce que cette fois-ci, vous ne serez pas approchés pour vous demander le renouvellement des Cie locales ?



Parlant de Laurent Gbagbo, nous avons compris qu`il a été l`adversaire coriace du Président Houphouët. Comment comprenez-vous ce slogan de Fpi qui dit : Laurent Gbagbo Houphouët même combat !

On ne fera pas de science fiction. Le dernier accord sur la Commission électorale indépendante ne prévoit pas de renouvellement des Cei locales. Le Rhdp s`y opposera systématiquement. Il n`en est pas question. Nous avons demandé à nos militants de rester mobilisés. Nous avons suspendu le mot d`ordre de manifestation. Il est vrai que c`est toujours comme cela que ça commence. Blé Goudé annonce, Pierre annonce et puis Gbagbo arrive en dernière minute. Le scenario, on le connaît. Mais vraiment, vous Ivoiriens qui parlez, connaissez-vous une douleur au-dessus de la mienne en cette période de carême ? Est-ce que vous pensez qu`il y a manifestation de mauvaise foi plus grande que celle-là ? Le Rhdp n`entend pas manger de ce pain-là. Nous nous opposerons à ça, qu`il en soit ainsi. C`était le but qu`il visait en annonçant la dissolution de la Cei. Alors nous allons lui faire comprendre que les effets de la dissolution, on peut les obtenir autrement. Nous dirons non par tous les moyens. Concernant votre dernière question, Gbagbo/Houphouët même combat ! Si Gbagbo a fini par reconnaître qu`il faut mener le combat d`Houphouët, c`est la plus grande victoire des Houphouetistes. S`il pense qu`il peut mener le combat d`Houphouët, s`il peut même provoquer d`une certaine façon Houphouët, si depuis 10 ans, il est dans les murs et les traces qui respirent Houphouët Boigny, si quand à Abidjan, il y a des pluies diluviennes qui bouchent le carrefour de l`Indenié et lui se trouve à Yamoussoukro, c`est une victoire des Houphouetistes que son pire ennemi le reconnaisse. Mais il y a la sincérité. Quelle est la différence entre être véritablement Houphouetiste et reconnaître le combat d`Houphouët et décider à le mener et utiliser le nom d`Houphouët dans un esprit propagandiste pour donner bonne conscience à ceux qui se disent Houphouëtistes et qui sont à côté de lui à dépasser les limites du Rhdp, de la Côte d`Ivoire ? Houphouët était devenu un modèle, un exemple dans le monde entier. Si Gbagbo finit par le reconnaître, j`avoue que je ne peux que me réjouir pourvu que cela soit sincère. S`il finit par reconnaître Houphouët, c`est la chance qu`a eue le bon larron qui, à quelques minutes de sa mort, a reconnu Dieu et il a été sauvé. Si Gbagbo peut le reconnaître à la fin de sa carrière politique, c`est une bonne chose, l`histoire retiendra que Houphouët a fini par convaincre ses adversaires les plus coriaces, il a fini par les convaincre, gloire soit rendue à Houphouët-Boigny.



Noël Gnagno

(Rti 1ère chaîne)

Je salue cette rencontre de ce matin parce qu`elle ouvre et elle informe. Des rencontres comme celles-là sur un plateau de télévision seront quelque chose de formidable. Je suis venu, je ne veux pas de polémique. Je suis en Côte d`Ivoire et depuis, je suis à la télévision, donc j`ai vu chacun de vous gérer la télévision. Moi je parle de perspectives. Une rencontre comme celle-là pourrait mieux éclairer les Ivoiriens. Je me situe dans le cadre des futures élections. Je suis agent de la télévision, je voudrais être fier d`être agent de la télévision. Vous qui êtes responsables de partis politiques, qu`est-ce que vous proposez comme mode de gestion des médias d`Etat ? Quel est le mode que vous proposez dans le cadre de la gestion des médias d`Etat ?

Le mode que nous proposons pour la gestion des médias d`Etat se trouve intégralement dans le cahier des charges du CNCA. L`accès équitable de tous les Ivoiriens aux médias d`Etat. C`est clair. Il faut que tous les Ivoiriens qui mènent des activités dans leur sphère spécifique aient droit aux médias d`Etat et qu`ils ne soient pas la chasse gardée d`une seule famille politique. Nous sommes pour que le Fpi ait droit aux médias d`Etat. Le Pdci-Rda, le Rdr, le Mfa, l`Udpci, le Pit, tous les partis politiques qui ont des activités soient équitablement couverts par les médias d`Etat. Et que l`information soit portée de la même manière aux Ivoiriens par les médias d`Etat. Fraternité Matin, la télévision et la radio sont les trois qui constituent les médias d`Etat. Ces organes sont des organes appartenant à tous les Ivoiriens et tous les Ivoiriens doivent y avoir un accès équitable et égal. C`est tout, nous ne demandons rien d`autre. Pas de favoritisme, tout le monde, tous ceux qui ont quelque chose à dire doivent y avoir accès. Au jour d`aujourd`hui, selon le cahier des charges du CNCA, on devrait être dans une période d`accès équitable. Puisque la campagne n`est pas encore couverte, cela devrait être le même temps, le même intérêt qui soient accordés aux acteurs politiques. Et quand la campagne sera ouverte, le cahier des charges du CNCA parle d`égalité, c`est-à-dire ceux qui seront candidats doivent avoir le même temps d`antenne parce que vous existez à cause de ce que nous payons tous pour que vous soyez. Vous n`appartenez ni à un camp ni à un autre. Ce que nous vous demandons, c`est la justice. Nous sommes en période équitable, après nous serons en période égalitaire. Mais comme la période équitable, vous ne la respectez pas aujourd`hui, vous y travaillez et vous le savez bien, on veut que tout le monde ait un accès équitable à la télévision Ivoirienne. Nous payons tous la redevance. Si l`Etat subventionne, l`argent qu`il prend pour subventionner est l`argent de tous les Ivoiriens. Maintenant, si une presse partisane, privée, créée par le Fpi fait la propagande du Fpi, c`est normal, c`est eux qui ont mis leur argent pour le faire. Mais le bien commun, il faut que tout le monde y ait accès. Si vous obtenez cela, vous serez un héros à la télévision ivoirienne et nous vous rendrons hommage.



Noël Gnagno

(RTI 1ere chaine)

Qu’en est-il du mode de désignation des responsables de la Rti ?

Dans toute administration, c`est celui qui est au pouvoir qui désigne les responsables dans l`administration. Mais celui qu`on a désigné, s`il est honnête et citoyen, il n`est pas esclave de celui qui l`a désigné. Il a un travail à faire. Ceux qui sont au Cnca, connaissent leur cahier des charges, c`est pour faire cela qu`ils ont été désignés. Maintenant, s`ils n`ont pas de personnalité, si ce sont des personnes viles qu`on a eu à désigner, oui elles font ce que souhaite la personne qui les a désignés. Même si c`est contre leur mission, c`est une question de dignité et de responsabilité. Dans l`organisation de l`Etat, à un moment donné, il faut quelqu`un pour désigner. Mais celui qui est désigné n`est pas esclave de celui qui l`a désigné. C`est vrai que c`est ce qu`on constate. Il y a des gens qui ont des grades qu`ils ne méritent pas, donc ils croient que la meilleure manière de les mériter, c`est d`être au service de celui qui les a donnés, ça prouve la valeur de l`individu. Si on est citoyen, on n`est pas esclave de celui qui agit au nom de l`autorité publique, vous n`êtes pas son esclave. Il vous a désigné pour faire un travail, vous faites ce travail.



Marc Koffi

(Le Nouveau Réveil)

Quel est l`intérêt pour le Pdci qui, à l`image de l`Anc, les deux partis politiques icônes en Afrique, d`envoyer un vice-président (cas du Dr Aka Aouélé) dans un gouvernement. Un gouvernement qui, depuis 99, a pris l`habitude de produire des ministres trimestriels, hebdomadaires, mensuels, etc ? Seconde question, vous parliez l`année dernière de la remise en cause du pouvoir exécutif. En terme clair, vous aviez dit, si les élections n`avaient pas eu lieu dans le cadre de l`Apo en fonction des dates qui avaient été fixées, vous alliez créer un nouveau cadre institutionnel. Où en êtes-vous avec ce projet, monsieur le président du directoire ?



Akwaba Saint clair

(Le Nouveau Réveil)

Monsieur le président, le 19 février dernier, des manifestants, des Ivoiriens, ont entrepris de marcher à Gagnoa, ils ont été sauvagement réprimés, il y a eu cinq morts puis à la fin, le soir, on voit le chef d`état major, Philippe Mangou, venir à la télévision pour menacer le Rhdp et vous accuser personnellement d`avoir jeté les enfants des autres dans la rue. Je voudrais savoir personnellement le commentaire que vous faites de cette réaction du chef d`état major. Plus loin, n`aviez-vous pas peur que l`armée ne joue pas le rôle qui est le sien au soir des élections ? Deuxième question, tous le savent plus ou moins que le Fpi a pour habitude d`annoncer ce qu`il va faire. Aujourd`hui, avec la crise de la Cei et du gouvernement que nous venons de vivre, il y a encore de nouvelles exigences. On parle de la Cei locale qu`il faut restructurer, également des 5,8 millions d`électeurs à auditer, du désarmement, etc. Mais pourquoi au niveau du Rhdp, vous avez tendance à attendre, ne pas anticiper ? Saisir déjà le médiateur pour lui dire voilà ce qu`ils sont en train de préparer pour ne pas aller aux élections et si l`on n`y prend garde, on risque de tomber dans une autre crise qui va nous faire perdre un mois, deux mois ?



Eddy Péhé

(Le Nouveau Réveil)

Pour en ajouter à la question d`Akwaba Saint Clair, monsieur le président, est-ce que vous vous sentez en sécurité aujourd`hui chez vous suite aux déclarations faites par le Cema. Etes-vous prêt à répondre à une convocation devant le tribunal militaire comme on le fait entendre ces derniers temps ?

Pourquoi Aka Aouélé, vice-président d`un parti comme le Pdci, va au gouvernement. Pour voir ce qui se passe là-bas. Il faut quelques grands pour voir ce qui se passe dans le trou là-bas pour venir nous rendre compte. Non, je pense que le Pdci, Dieu merci, regorge de cadres et selon des circonstances, certains sont appelés à aller en mission. Pour cette mission de deux mois, nous souhaitons, le sort a voulu que ce soit Aka Aouélé. Il faut le savoir en mission et ne pas en faire un commentaire particulier. Il est cadre comme les autres cadres. C`est lui qui a été envoyé, un autre aurait pu être envoyé. Il ne faut pas en faire un cas d`école et souhaiter que par ses interventions au sein de ce gouvernement dont la mission comme l`a dit Soro Guillaume lors du 1er conseil du gouvernement incomplet est de nous conduire aux élections. Puissent son poids et son expérience aider le gouvernement à ne pas dévier de cette mission et à nous conduire aux élections dans les délais envisagés. Il est en mission, est-ce le bon moment ou le mauvais moment mais il fallait bien quelqu`un pour aller en mission et le sort l`a choisi et il est parti, prenons ça comme ça. On a dit que lorsqu`on aurait déclaré l`échec de l`Apo, il aurait fallu un nouveau cadre institutionnel. Cette idée n`est pas abandonnée quand on aura conclu à l`échec de cet accord et qu`on devra négocier un nouvel accord, il faudra trouver un nouveau cadre institutionnel. Renseignez-vous, un cadre institutionnel aussi se négocie puisque ce n`est pas le fait de la force, ce n`est pas un coup d`Etat. Les partis concernés s`asseyent et voient comment gérer la situation pour aboutir à une autre situation qu`on souhaite. Donc l`idée d`un nouveau cadre institutionnel si l`Apo échoue n`est pas éliminée. Nous avons ça dans nos calepins. Au moment venu, on saura quel est le cadre qui convient pour sortir de cette crise si l`accord de Ouagadougou montre ses limites. Ecoutez, si toute l`armée d`un pays pense que son rôle c`est de se mettre aux trousses d`un simple petit citoyen, quel honneur et quel signe de bravoure pour l`armée ? Vraiment ça ne m`inquiète pas. Au lieu d`être tué par des soldats étrangers, si c`est des Ivoiriens qui me tuent, c`est déjà pas mal. Donc je n`en fais pas un problème. Lisez l`article du professeur Salif N`Diaye d`aujourd`hui dans Le Nouveau Réveil. Et je pense qu`il pose le problème. L`armée d`ailleurs dans sa déclaration où j`ai eu l`honneur d`être cité, le Cema a cité les devoirs régaliens d`intégrité du territoire et qu`ils s`ennuient, il faut trouver un individu. Si j`ai l`honneur d`être cet individu-là, c`est pour l`armée d`un pays, un pauvre petit citoyen. Pourquoi, je vais échapper à cette armée de Côte d`Ivoire. Ça sera un signe de bravoure pour l`armée. Moi je suis tranquille, je joue mon rôle d`opposant c`est prévu dans la Constitution qu`il y ait des partis d`opposition. C`est ce rôle-là que je joue. Si ce n`est pas républicain, que l`armée remette les choses en ordre. Je crois que ça sera avec fierté que j`assumerais mes responsabilités d`opposant. Premier devoir, intégrité du territoire, mission accomplie, le reste, on verra. Oui, souvent on parle d`anticipation de l`opposition. On n`anticipe pas, vous dites. Vous avez raison de le dire mais on va anticiper sur le mal puisque les actes que les autres posent sur lesquels on réagit, c`est des choses qui ne devraient pas intervenir. Ce n`est pas un domaine où on fait de la prévention pour ne pas que l`acte se pose. La vraie prévention qu`on aurait pu faire en la matière, c`est justement ce qu`on fait par des accords qu`on signe, par les négociations que mènent le facilitateur et d`autres instances diplomatiques. C`est cela qu`on fait pour prévenir les déraillements du Fpi. Mais ils disent oui et ils font autre chose. Ils font une promesse et vont contre la promesse qu`ils viennent de faire. J`avoue qu`anticiper sur ces genres de choses, ce n`est pas facile. Comment nous aurions pu anticiper pour qu`ils ne soient pas en train de dire qu`ils vont aller mettre en cause les conditions électorales locales. Quelle action on devrait mener. Je vais réfléchir comment on peut anticiper sur un truc pareil. Comment peut-on anticiper quand ils ont signé l`accord IV pour dire que le cantonnement ne suffit pas et qu`ils attendent forcement le désarmement pour aller aux élections. Ce sont des débats qui ont cours. Mais il ne faut pas amputer la jambe avant que la gangrène ne s`installe. Vous savez que c`est quand la gangrène s`installe qu`on ampute la jambe. Je comprends vos préoccupations et nous allons trouver des domaines dans lesquels nous pouvons anticiper sur le chemin du mal. Ce n`est pas du tout facile pour anticiper. Je suis en sécurité et c`est ce que je puisse vous dire. Puisque la dernière mission de l`armée, c`est la protection des biens et des personnes. Comme on me protège, je suis donc en sécurité. Je ne peux pas trouver meilleur protecteur. C`est le Cema qui a défini ces missions. Donc moi je me sens en sécurité, je suis serein. Et la question que je me pose, c`est comment le civil que je suis, doit aller devant un tribunal militaire éventuellement. Il y a certains qui pensent que comme on m`appelle général alors j`ai des étoiles sur mes épaules. Ce n`est pas général de l`armée alors je ne sais pas comment je dois aller devant un tribunal militaire. Mais j`attends de savoir.

Propos recueillis par Diarrassouba Sory, Paul Koffi, Liah Ignace, Jean Prisca, Cynthia R. Aka, Fomséké Coulibaly, Dieusmonde Tadé, Serge Amani et Mahi M. et Mireille Apini (Stagiaires)





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