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mardi, 23 février 2010

Accord à l'arraché entre Gbagbo et l'opposition

abidjan.jpgLa médiation du président burkinabé Blaise Compaoré a été payante. Au moins sur le papier. Un nouveau gouvernement ivoirien avec des membres de l'opposition doit être annoncé dans la journée. Et une nouvelle Commission électorale indépendante (CEI) "dans la semaine".


 

Sursis ou rémission ? L’incertitude planant sur l’avenir politique de la Côte d’Ivoire semble avoir été levée, du moins pour les prochains jours. Arrivé en urgence ce lundi à Abidjan après avoir reçu la veille une délégation de l’opposition ivoirienne à Ouagadougou, le président burkinabé Blaise Compaoré a dirigé une médiation qui a permis un déblocage de la situation, alors que deux personnes sont encore mortes lundi à Daloa (Ouest) dans de nouveaux affrontements entre opposants et forces de l’ordre (lesquelles auraient tiré à balles réelles). Un drame qui s’ajoute à celui de Gagnoa (Centre-Ouest), où cinq personnes étaient décédées vendredi dans des circonstances similaires. Ce qui avait conduit la France à appeler au « dialogue » et à la « responsabilité » des dirigeants ivoiriens.

Parrain de l’accord d’hier, obtenu à l’arraché, le « facilitateur » Compaoré a indiqué que l'opposition avait finalement « accepté » de « s'engager dans la reconstruction du gouvernement » qui doit être connu ce mardi 24 février. L’opposition a donc renoncé à la condition qu’elle avait posée pour sa participation à l’exécutif, à savoir le « rétablissement » préalable de la Commission électorale indépendante (CEI) qui avait été dissoute par le chef de l’Etat Laurent Gbagbo avec le gouvernement, le 12 février dernier. Celle-ci doit être annoncée « dans la semaine ».

Boîte de Pandore

Selon Guillaume Soro, Premier ministre reconduit et leader des Forces nouvelles (ex-rébellion), le premier conseil des ministres devrait se tenir dans la foulée de l’annonce du gouvernement par Laurent Gbagbo. Cette avancée devrait « permettre de travailler très rapidement sur la qualité de la liste électorale » en vue de « fixer très rapidement une échéance pour l'élection présidentielle cette année », a déclaré Compaoré hier soir, en compagnie de Gbagbo et Soro.

La CEI est chargée d'organiser un scrutin présidentiel sans cesse reporté depuis la fin du mandat de Laurent Gbagbo en décembre 2005. Les derniers événements l’ont encore renvoyé à une date indéfinie. Le dernier président de la CEI Robert Mambé Beugré a été accusé par le camp présidentiel de « fraude » sur la liste électorale et de complicité avec l'opposition. Sa faute : avoir tenté, selon l'enquête judiciaire ouverte par le ministère de l'Intérieur, d'introduire frauduleusement 429 030 noms sur la liste définitive. La dissolution de la CEI et celle du gouvernement, le 12 février, avait rouvert la boîte de Pandore.

Outre les sept morts de Gagnoa (ville natale de Laurent Gbagbo) et de Daloa, le CICR a fait état de nombreux blessés dans plusieurs endroits du pays. Comme à Abobo, quartier populaire du nord d'Abidjan dirigé par le Rassemblement des républicains (RDR) de Alassane Ouattara, où les échauffourées auraient fait au moins "trois blessés". À Katiola (centre), le domicile du porte-parole du chef de l'Etat, Gervais Coulibaly, avait été saccagé la semaine dernière. Dans ce climat tendu, la diffusion de la chaîne de télévision France 24 avait été « suspendue » lundi pour « traitement non professionnel de l'information » sur « l'actualité politique » ivoirienne. Une décision que la direction de la chaîne française juge « injustifiée » et qu’elle  a « regretté ».

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