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mercredi, 06 janvier 2010

Médias / Côte d’Ivoire - La presse en ligne a-t-elle un avenir ?

L’Internet a introduit une révolution dans les moyens de l’information et de la communication. Les médias ivoiriens ne sont pas restés en marge de cette révolution. La presse en ligne qui est née il y a quelques années est en train de gagner du terrain même si beaucoup reste à faire.


S`il y a un secteur qui est en train de devenir un grand consommateur d`Internet ces dernières années, c`est celui des médias. Un milieu où les journalistes s’informent des « breaking news » ainsi que de l`actualité internationale sur la toile. Ceux d’entre eux qui noircissent les pages « Inter », mais aussi tous les autres, ont désormais à leur disposition des informations de première main, le reste n’étant plus qu’une question de choix et de priorité par rapport à la ligne éditoriale de leurs médias. En Côte d’Ivoire, les médias ne sont pas restés en marge de cette révolution, qui se sont adaptés à la nouvelle donne. C’est au milieu des années 90 qu’il faut remonter pour comprendre l’histoire du « mariage » de la presse et de l’internet en Côte d’Ivoire. « En 1995-96, des journaux ont commencé à mettre certains de leurs articles en ligne », relate Barthelemy Kouamé, président du Réseau des professionnels de la presse en ligne de Côte d’Ivoire (Repprelci). Deux années plus tard, le désormais célèbre portail « abidjan.net » naissait, qui reprenait systématiquement les papiers des journalistes pour les diffuser. « A cette époque, tout était encore confus et pas bien structuré », continue Barthelemy Kouamé. Quelques initiatives lui emboîtent le pas, contribuant ainsi à faire de la presse en ligne une réalité en Côte d’Ivoire. Les médias traditionnels, radio, télé et presse écrite se sont aussi engouffrés dans ce créneau. L’on assiste alors à la création de sites Internet qui viennent en appui aux supports papiers. Un état de fait qui suscite quelques interrogations. En effet, alors que dans les pays développés l`on se pose de plus en plus la question de savoir si la presse écrite a un avenir face à la montée en puissance des média en ligne, sous les tropiques, il faut plutôt se demander si la presse en ligne a un avenir. « Une chose est sûre, c`est que la presse en ligne représente un enjeu de taille, non négligeable, dans la mesure où les lecteurs sont désormais répandus à travers le nouveau village planétaire : Internet », répond le président du Repprelci. Il s’empresse d’ajouter cependant que « seule une organisation du secteur permettra à la presse en ligne de mieux se positionner de jouer son rôle aux côtés des médias traditionnels ». Alex Loukou Raymond, journaliste à « Réseauivoire.net » est catégorique. « La presse en ligne a de beaux jours devant elle parce que le processus de l’informatique et de l’informatisation de tous les secteurs est irréversible », tranche-t-il. Aujourd’hui, le secteur revendique plus d’une vingtaine de portails. «Certains sont basés en Côte d’Ivoire, d’autres ailleurs, mais avec le même centre d’intérêt, relayer les informations en provenance de et concernant l’Eburnie ». Un tel foisonnement n’explique-t-il pas la rentabilité du secteur de la presse en ligne ? Barthelemy Kouamé nuance ce point de vue. « Une chose est de constater le foisonnement, une autre est de savoir que les gens toujours sont attirés par ce qui est nouveau. Tout le monde pense que c’est plus facile de créer un journal en ligne que de faire un journal papier. Mais c’est beaucoup plus compliqué et la rentabilité est également fonction d’une gestion rigoureuse », estime-t-il. Pour ce qui concerne le cas particulier de la presse en ligne dont la rapidité de mise en ligne des informations constitue l`un des critères capitaux, Georges Kazolias, professeur de journalisme à l`Université américaine, a insisté, lors d’une vidéoconférence à l’attention des étudiants en journalisme de l’Institut des sciences et techniques de la communication (Istc) sur le fait qu`il n`existe ni deux poids, ni deux mesures. Un point de vue partagé par le président du Repprelci. « Le journaliste sur support physique et le journaliste web ont la même responsabilité et sont soumis aux mêmes exigences. Les règles de la déontologie journalistique s’appliquent aussi bien à l’un qu’à l’autre », indique-t-il. Une préoccupation qui a été au cœur des 41èmes Assises de l’Union internationale de la presse francophone qui ont eu lieu à Yaoundé fin 2009. M’Bah Aboubakar

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