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vendredi, 11 décembre 2009

La Guinée gerée par le « Tigre »

Le destin de la Guinée entre les griffes du « Tigre »
Le général Sékouba Konaté, nouvel homme fort du pays
L’homme n’aime pas les grands discours. A l’inverse du capitaine Moussa Dadis Camara, le général de brigade Sékouba Konaté est avare de paroles et méfiant vis-à-vis des médias. Ce colosse de 43 ans, qui assure l’intérim du chef de la junte guinéenne grièvement blessé, a gagné son surnom de « Tigre » sur le front. Il est l’officier le plus respecté de la troupe. Il a lors de son premier discours télédiffusé annoncé sa volonté de changement et de remettre l’armée au pas. Peut-il faire basculer le destin de la Guinée ?


« Soyons une armée républicaine. Notre pays a trop souffert, la population civile a trop souffert des agissements de certains de nos camarades », lançait le général Sékouba Konaté mercredi au militaires guinéens. Ces propos, diffusés par la télévision nationale, rejoignent le sentiment général du peuple guinéen qui espère, en effet, que les militaires jouent leur rôle – protéger les citoyens –, plutôt que d’être une menace permanente. Le 28 septembre, plus de 150 personnes, rassemblées pour protester contre les velléités du président auto-proclamé Moussa Dadis Camara de se présenter aux élections, périssaient à Conakry sous les balles et les coups des bérets rouges et de leurs acolytes. Plusieurs agressions et actes de vandalisme commis par des militaires ont été signalés ces six derniers mois. Une situation qui plonge la population dans la peur et la pousse à nourrir une méfiance certaine vis-à-vis d’une armée qui, au fil des cinquante dernières années, a accumulé un lourd passif.

Le général Konaté a appelé les soldats à « la cohésion » et à la « discipline », laquelle, concède-t-il, « était complètement bafouée ». Un bilan et des prescriptions que son prédécesseur avait déjà formulés et notifiés à la troupe, mais sans succès. « C’est une armée où un soldat ne connaît pas son unité organique, c’est une armée où un caporal peut dire merde à son colonel ! », aimait à répéter le capitaine Dadis Camara pour justifier son impuissance et la nécessité qu’il y avait à réformer la Grande muette. Le général Konaté parviendra-t-il à lancer cette réforme que n’a pu initier son prédécesseur ? Il en affiche en tout cas la volonté. « Nous avons quatre priorités, a-t-il expliqué hier à ses hommes : la reconstruction des camps (militaires), la formation des hommes, l’équipement des hommes et le renforcement de la discipline, parce qu’un militaire sans formation, c’est un criminel ». Parmi ses priorités également, la capture de celui que la junte considère comme l’ennemi public numéro un, le lieutenant Aboubacar « Toumba » Diakité qui a blessé grièvement à la tête, jeudi dernier, Moussa Dadis Camara auprès duquel il occupait le poste d’aide de camp. « Nous ne devons plus laisser des gens indésirables agir en notre sein », a déclaré le général Konaté à ses soldats en armes, faisant allusion à Toumba et à ceux qu’il qualifie de « mauvaises graines ».

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