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lundi, 30 novembre 2009

Ali Coulibaly demonte SOFRES

Ali Coulibaly, dans un franc-parler qui l’a toujours caractérisé, s’est prêté sans faux-fuyant à nos questions.

ali.jpgEntretien.

Depuis le 20 novembre, c’est connu, Ado est effectivement candidat à la prochaine présidentielle.

Quel commentaire cela vous inspire ?



Ce que nous pouvons affirmer c’est que la décision du conseil constitutionnel est conforme au droit et à l’attente du peuple ivoirien. Pour une fois, le droit a été dit. C’est donc la réparation d’une injustice qui a privé notre candidat de briguer la magistrature suprême alors qu’en tant que citoyen, il jouit de tous ses droits. Il est donc légitime qu’un ancien premier ministre qui dirige l’un des partis les plus représentatifs de la Côte d’Ivoire, participe à des élections aussi importantes que les élections présidentielles. Nous nous réjouissons de la décision du conseil constitutionnel tout comme nous nous réjouissons que les candidats qui avaient été éliminés en 2000 puissent être aussi candidats pour faire valoir leurs différents projets. Nous sommes aussi heureux que le président Bédié puisse être candidat pour faire valoir son projet pour la Côte d’Ivoire. C’est le triomphe de la démocratie et nous espérons que cette décision va marquer le début d’une ère nouvelle pour la Côte d’Ivoire.

Allons-nous donc parler de justice ou d’une simple victoire du Rdr ?

Non, ce n’est pas une victoire personnelle du président Alassane Ouattara, c’est la victoire de tous les Ivoiriens épris de paix et de justice. Ces ivoiriens-là sont dans tous les camps qui pensent que l’élimination de la candidature d’Alassane comme celle de Henri Konan Bédié n’était pas une chose normale. C’est vrai que ce qui arrive est l’aboutissement du combat mené par les militants et militantes du Rdr, mais c’est une victoire de toute la Côte d’Ivoire parce que quand la démocratie est respectée, c’est tout le pays qui en bénéficie. On peut donc dire que les ivoiriens sont en train de se réconcilier avec leurs institutions qui avaient été discréditées, notamment la Cour suprême pour avoir été instrumentalisée en 2000. Aujourd’hui, il y a une certaine confiance qui est en train de naître et il faut la renforcer.

Depuis 2005, fin du mandat de Laurent Gbagbo, les ivoiriens courent après des élections qui n’arrivent pas. Pensez-vous qu’on ira finalement aux élections ?

Il est vrai que l’élection présidentielle a été reportée à maintes reprises, mais aujourd’hui que constatons-nous ? Nous avons une liste électorale provisoire qui est affichée sur toute l’étendue du territoire national. Il faut considérer que c’est le résultat du travail qui a été fait. Et donc nous n’allons pas jeter la pierre à la commission électorale indépendante qui est la cheville ouvrière de ce qui se passe actuellement, au contraire nous l’encourageons à redoubler d’effort pour que nous puissions rattraper les retards. Nous voulons aussi rendre hommage au premier ministre Soro Guillaume qui s’est véritablement impliquée pour que nous ayons une liste électorale provisoire imparfaite soit-elle. Aujourd’hui, elle existe et même s’il y a des erreurs, on sait qu’il y a des recours. Il faut que la CEI nous propose rapidement une nouvelle date pour que les ivoiriens aient plus de visibilité pour inspirer à nouveau confiance aux ivoiriens et aux opérateurs économiques. C’est toujours très mauvais quand il n’y a pas de visibilité. C’est très mauvais pour le pays, c’est très mauvais pour ceux qui veulent nous appuyer et c’est très mauvais pour ceux qui veulent investir.

La CEI parle d’un décalage de quelques semaines pour la présidentielle. Est-ce que vous y croyez ?

Moi je n’ai lu ça nulle part. La commission électorale indépendante réserve pour l’instant sa réponse. Nous estimons que plus tôt on fera l’élection présidentielle, mieux ça sera parce que cela fait cinq (5) ans que cette anomalie existe et il faut y mettre fin pour que la Côte d’Ivoire redevienne un pays normal. Il faut maintenant que les ivoiriens se réapproprient leur destin et qu’ils sachent dans quelle direction aller. Il faut que nous sortions de cette crise par le haut car, chaque jour, les ivoiriens souffrent et il faut mettre fin à leur souffrance. Le monde entier nous regarde et nous avons intérêt à faire vite pour que des élections justes et transparentes se déroulent dans un esprit de réconciliation et que les élections ne viennent pas attiser les tensions qui ont existé ou que les élections ne donnent pas à des tensions. Que le s candidats et ceux qui les soutiennent fassent preuve de responsabilité. C’est absolument important, car il nous faut faire en sorte que nous ne retombions pas

Que pensez-vous du sondage SOFRES qui donne Laurent Gbagbo gagnant des élections et Ado troisième ?

Jamais les sondages n’ont remplacé les élections. Il y a des institutions de sondage de renommée internationale comme SOFRES et il est arrivé que ces instituts se trompent sur la réalité. En France, je peux vous citer deux principaux exemples. En 1995, tous les instituts de sondage en France avaient prévu que le premier ministre Edouard Balladur serait au second tour de l’élection présidentielle et que Jacques Chirac serait éliminé. On a vu ce qui s’est passé. Second exemple, c’est qu’en 2002 tous les instituts de sondage en France avaient donné Jacques Chirac et Lionel Jospin partant pour le second tour. Et qu’est-ce qui s’est passé ? Lionel Jospin a été éliminé dès le premier tour, ça été un véritable tremblement de terre en France et Jean-Marie Lepen s’est retrouvé pour la première fois au second tour d’une élection présidentielle en France. Tout cela doit donner à réfléchir. Les sondages ne reflètent pas rigoureusement une situation. Il est déjà difficile de pouvoir avoir des résultats conformes à la réalité dans des pays comme la France. C’est encore plus difficile dans les pays comme la Côte d’Ivoire. SOFRES c’est un grand institut et je n’en disconviens pas. Avec qui SOFRES a fait ce sondage ? La question mérite d’être posée, comment les questions ont été formulées et dans quelle intention ? Je voudrais dire sans vouloir polémiquer que ces sondages ont été payés par le chef de l’Etat avec l’argent du contribuable ivoirien certainement. Ces sondages ont été réalisés à la demande d’une agence de communication française qui conseille le président Laurent Gbagbo. Alors est-ce que vous pouvez comprendre l’attitude de ceux qui disent il y a des candidats de l’étranger et que ce soit ceux-là mêmes qui vont prendre les instituts de sondage étrangers français qui ne connaissent pas les réalités ivoiriennes et qui font un sondage. Et ce sont ceux-là encore qui vont prendre des agences de communication françaises. Alors, quelle crédibilité faut-il accorder à leurs discours ?

Réalisée par Rodolphe Flaha

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