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mercredi, 09 septembre 2009

Democratie en Afrrique,Des valeurs vides?

Rfelexion et eclairages lu pour vous sur

http://realisance.afrikblog.com/archives/2009/02/04/12370...

Bonne lecture a vous chers africains

Démocratie et liberté: en Afrique des valeurs vides, sous estimées ou mal comprises ?

Les valeurs les plus précieuses de la réalisation humaine seraient-elles, en Afrique, suite à la longue période d´oppression islamique, à la colonisation occidentale et face aujourd´hui à la pression des cultures extérieures industrialisées sur ce continent, incomprises ou mal interprétées dans leurs contenus actifs et usuels ? Ou l´Afrique n´arrive-t-elle tout simplement pas à épanouir, à donner à ces valeurs la couleur réelle et le contenu directement liés à sa légitime réalisation ?



Entre le vide et le plein, à la recherche du précieux discours réalisant de l´avenir

“Sitting at the table doesn´t make you a dinner, unless you eat some of what´s on that plate.”

Malcolm X. Malcolm X speaks. 1965



Avant d´aborder une approche de définition de ces deux valeurs, nous devons dire que c´est l´élite d´un pays ou d´un peuple à qui revient le devoir de définir, sous une sévère et non moins sincère considération de tous les facteurs connus et estimés, leur mise en œuvre et des conditions par lesquelles autant la réalisation sociale collective que la réalisation individuelle pourraient atteindre au mieux leur meilleur épanouissement. Lorsque pour une raison ou pour une autre ce devoir est négligé ou qu´il est exercé par d´autres que l´élite propre à la culture ou à la société concernée, il s´ensuit des manquements, des inadéquations conduisant plus à l´aliénation qu´à la réalisation elle-même. Ce qui a une implication fondamentale sur le contenu et la portée réelle de l´exercice de la liberté, ou encore l´aspiration à la démocratie comme telle.



En Afrique, sortie de son sommeil historique (ou de son isolement, comme on voudra), tour à tour perturbée par les envahisseurs musulmans depuis le 7e – 8e siècle, puis par les conquérants occidentaux à partir du 15e siècle ; ce continent eut du mal à se constituer, sans écriture et objectivisation de la connaissance et de l´histoire vécue, une idéologie sociale objective et rationalisée. Ici disons-le bien vite : ce ne sont ni les structures, ni les principes de valeurs garantissant la gestion sociale qui manquaient sur ce continent, loin de là. La culture égyptienne antique connaissait l´écriture, la science et la technique; mais celles-ci furent réservées aux pharaons et aux hauts prêtres servant les cultes religieux et le pouvoir. De ce fait, ni la connaissance, ni les théories ou spéculations rationnelles ne connurent une divulgation populaire ; ce qui aurait permis autant leur critique que l´appréciation de leur véracité dans le temps et l´espace. Les islamistes apportèrent certes après leurs conquêtes l´écriture, la science et biens de nombreuses applications techniques ; mais leurs sociétés furent tellement subjuguées par la religion et l´étude du Coran qu´on sous estima à tort la culture de la pensée rationnelle libérée de l´absolutisme religieux. Les sociétés islamiques accusent, aujourd´hui encore, un développement social et dialectique rationnel bien pauvre parce polarisé autour de l´absolutisme islamiste.



Après l´indépendance, et suite à une prise de conscience accrue de la part de certains leaders africains tels Patrice Lumumba, Ruben Um Niobé, Kwame Nkrumah, Ahmed Sékou Touré, Modibo Keita, Léopold Sédar Senghor, Nelson Mandela…etc dont la plupart furent assassinés ou jetés en prison, les métropoles occidentales furent obligées de plier aux apparences. Les pays africains devinrent donc indépendants pour la forme ; c´était à eux de montrer qu´ils étaient capables d´organiser et de gérer cette indépendance dans leur intérêt. Après tout celui qui veut la liberté doit savoir non seulement l´exercer et l´assumer ; il doit aussi en définir clairement l´enjeu et les principes de faisabilité. Les choses, au lieu d´évoluer positivement, pourtant, se détériorèrent bien vite notamment parce que les occidentaux tenaient malgré tout à garder les nouveaux pays indépendants sous leur influence économique et politique afin de profiter de leurs ressources minières et naturelles dont leurs industries et leurs sociétés étaient dépendantes. D´autre part, les leaders africains, faute de techniciens, d´ingénieurs et surtout de penseurs sociaux, ne surent donner à leurs sociétés les facteurs sociaux appropriés leur permettant de restaurer leurs identités sociales et culturelles respectives en les dotant des moyens avec lesquels ceux-ci seraient à même d´employer leurs propres moyens pour se réaliser. On adopta plutôt, ou on laissa actives les normes éducatives, la langue ou les principes de gestion et de promotion sociale hérités de la colonisation. Ceci va créer plus tard un réel malaise culturel autant qu´une scission culturelle interne dans toute l´Afrique entre ceux qui avaient fait leurs études et s´étaient assimilés bon gré mal gré aux occidentaux, et ceux qui, sous la misère et la pauvreté de financement d´une éducation coûteuse que l´Etat indépendant ne savait pas supporter dans sa faiblesse, étaient restés ancrés dans l´ignorance et la culture traditionnelle.



Aujourd´hui, il s´agit de réunifier les cultures africaines en muant ces deux visages en un seul. Mais pour cela, il faut des valeurs, des principes de liberté et de réalisation sociale valables pour tous et réhabilitant entièrement la société autant dans ses devoirs, ses obligations, que dans la promesse de réalisation que société consciente et responsable tient autant envers les rêves que les attentes légitimes de ses membres. Et c´est face à cette nécessité qu´il est urgent, sinon adéquat de lever les équivoques issues du passé autant que du manque d´éclaircissement dialectique quant à la liberté d´une part, et la démocratie de l´autre.



La liberté est l´ensemble des efforts réels et intellectuels, les obligations et les droits par lesquels ou avec lesquels nous pouvons assumer notre existence et nous réaliser. Ces facteurs de liberté, s´ils sont légitimes, dépendent cependant de nos aptitudes individuelles autant que de la société dans laquelle nous vivons. Les valeurs sociales et mêmes individuelles ne sont pas statiques ; elles se font et se défont au gré des attentes, des aspirations et de luttes de revendication et de promotion sociale. Le but réel de la liberté étant d´acquérir ou de réaliser la satisfaction des attentes et des espoirs légitimes de chaque vie. La liberté se fait donc, se discute, autant qu´on en hérite de certains principes du passé ou de l´évolution rationnelle critique. Et malgré tout, il faut savoir en payer le prix individuel, collectif parce que ce n´est qu´ainsi qu´on peut, en influençant ses divers paramètres, faire en sorte qu´elle réponde réellement à nos attentes ou aux exigences contemporaines que la connaissance, le progrès ou la tolérance nous imposent.



La démocratie, contrairement à ce que beaucoup pensent, n´est qu´un système à large légitimation sociale d´organisation et de gestion de l´ordre public autant dans ses valeurs éthiques et morales, que dans le processus par lequel cet ordre est représenté, assumé ou que s´exercent ses prérogatives de contrôle et de bon fonctionnement. Il est le mode le plus crédible et le plus partagé de l´exercice du pouvoir par la volonté d´un peuple souverain. Il y a plusieurs formes de démocratie ; mais ce qui les qualifient tous, c´est l´élection précise et ordonnée de l´organe de représentation (parlement) sociale par suffrage universel.



Pourquoi est-il important de distinguer ces deux définitions ? Mais parce qu´il ne faut pas confondre le fond de la forme, le four du moulin ou comme c´est souvent le cas actuellement, mettre la charrue devant les boeufs ; ce qui est par trop souvent le cas en Afrique et en pays sous développé où beaucoup, sous le coup de l´aliénation, de l´intrigue du pouvoir ou simplement de l´insuffisance intellectuelle, succombent au mirage d´un modernisme surfait qui profitait plus aux étrangers qu´aux nationaux. On habille en effet trop rapidement les loups de peaux de moutons pour donner les apparences qui ne sont, en vérité, que trompeuses ou ruineuses ; par-là on dissipait les accumulations sociales et restait faible, ce qui permettait aux intérêts étrangers abusifs à exercer facilement leurs faussetés. Ou alors on se donne des institutions vides de responsabilité qui oppriment leurs peuples par leur rapacité et leur corruption plutôt qu´elles ne remplissent leurs devoirs réels de promouvoir et de protéger la réalisation culturelle, économique et sociale des leurs. Autant dans sa dimension collective que dans leurs attentes individuelles.



Pour parler vrai de démocratie ou de liberté, il faut bien admettre que ce n´est pas parce qu´on a de belles casseroles neuves ou des couverts neufs que pour cela les divers mets délicats nous sont gratuitement garantis ou se cuisent et se servent tous seuls ! Il faut les acheter, les produire ou les cuire d´abord avec talent avant de pouvoir s´en servir ou s´en délecter. En fin de compte, ce qui est important, c´est la satisfaction de la faim qui tenaille tous les acteurs sociaux, pas les apparences ou une quelconque mise en scène vide.



La crise économique et financière actuelle va mettre à jour combien importants sont les contenus réels des processus d´acquisition, de mise en jeu et d´entretien du bien-être social. Quand ceux-ci sont inexistants, corrompus ou négligés comme on le voit en pays sous développé, et malgré quelques institutions ou prétentions démocratiques, la pauvreté et la misère persistent : ce qui empêche autant l´emploi, le développement économique, le bien-être que la réalisation individuelle. Et quand ces processus sont faussés, abusifs ou fondés sur des logiques fallacieuses d´exploitation économique ne servant, malgré toute prétention de liberté ou de démocratie, qu´à une petite minorité ; à la longue, l´impasse de saturation est aussi programmée parce que la réalisation qui est autant l´objet que le but de la liberté et de la démocratie, est un lieu d´équilibre d´harmonie. Et il est difficile d´y aspirer en partant de prémisses ou de valeurs truquées ou fausses, parce qu´alors le résultat ne serait plus ni juste et paisible, ni de longue durée.



En fait, et sans nous avancer gratuitement, il est évident que la liberté comme la démocratie qui sont tous des moyens de réalisation se doivent autant d´être ouverts ou accessibles à tous, flexibles, autant qu´ils doivent respecter une loi universelle d´équilibre par laquelle leur véritable but : la réalisation doit rester possible, continue et légitime à tout être humain, à toute société humaine selon qu´elle accepte sincèrement de commettre les efforts et les conditions requis par sa réalisation. Bien entendu en tenant compte que tout autre qu´eux a aussi les mêmes droits. La liberté réelle et la démocratie véritable l´exigent : on ne peut pas s´en réclamer tout en les privant volontairement ou sciemment aux autres; comme on ne peut pas en endosser les institutions ou les apparences tout en se refusant à en accomplir les devoirs et les obligations la rendant pleine, réelle et vivante.



Musengeshi Katata

« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »


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