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dimanche, 26 juillet 2009

Relation Paris-Abidjan

Par Nord Sud

Un feu de paille ? C`est visiblement ce qu`aura été le début du réchauffement constaté dans les rapports entre Paris et Abidjan. Ils sont aujourd`hui nombreux les observateurs qui craignent un regain de tensions dont les ressortissants de l`Hexagone sur les bords de la lagune Ebrié pourraient être encore les victimes.

Alors que les diplomates des deux pays semblaient, de fil en aiguille, reconstruire une relation fortement perturbée par la crise du 19 septembre 2002, les dernières déclarations émanant du sommet de l`ancienne puissance coloniale viennent malheureusement perturber de nouveau l`axe Abidjan-Paris.


Trois «missiles» mis sur orbites par les autorités de la seconde capitale citée pourraient avoir «tout gâté» à Abidjan. Et l`on attend toujours de jauger les impacts de ces frappes ciblées avec notamment la réaction (attendue) de Gbagbo et de ses partisans. Le premier projectile est parti du président Sarkozy lors des obsèques du président Omar Bongo à Libreville (Gabon). Parlant de la tenue des élections en Côte d`Ivoire, le premier des Français avait qualifié l`annonce de la date du 29 novembre de «promesses fallacieuses», et indiqué que l`armée française (900 hommes) n`avait pas «vocation» à servir de «substitut à des processus électoraux défaillants». La sortie avait provoqué le courroux du camp présidentiel qui a répliqué à travers ses journaux par des écrits non moins enflammés. Et puis l`on a vite relativisé et passé l`éponge. Le deuxième missile est lancé le 1er juillet à Dakar par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Selon lui, Paris espère «encore» une élection présidentielle fin 2009 en Côte d`Ivoire, mais «nous sommes de plus en plus déçus», a-t-il déclaré. «Paris nous cherche», se sont convaincu certains Ivoiriens.

Les «missiles» des politiques français

Qui n`auront pas eu le temps d`encaisser le coup. Car, la troisième attaque aura été la plus retentissante. Elle a été lancée par Sarkozy qui a choisi le cadre d`un déjeuner avec le secrétaire général de l`Onu, Ban Ki-moon à New-York pour tonner. Cette fois, il vole de façon plus directe et plus acerbe dans les plumes du N° 1 ivoirien. «Ce Monsieur n`est pas digne de confiance», aurait-il déclaré. Estimant que le président de la République de Côte d`Ivoire s`emploierait à reporter une nouvelle fois la date de l`élection présidentielle. Avant de préciser que le régime de Gbagbo ne doit sa survie qu`à la présence des troupes onusiennes sur le sol ivoirien. «C`est fort de la présence des Casques bleus qu`il fait tout cela. Sinon j`aurais depuis longtemps demandé à mes gars de faire le nettoyage nécessaire», aurait encore affirmé Sarkozy. Des attaques qui contrastent nettement avec l`image d’une relation pacifiée que dans les deux pays l`on s`évertuait à véhiculer ces derniers mois. Les visites d`hommes affaires français à Abidjan avaient fini de convaincre les plus sceptiques que les rapports avec Eburnie allaient mieux. Le président de la section Afrique du patronat français, Patrick Lucas, en visite en juin 2008 ici avait invité les hommes d`affaires de son pays à «investir» en Côte d`Ivoire qui sort de cinq années de crise, estimant que «beaucoup de problèmes ont été résolus». «Compte tenu d`une série d`indicateurs politiques et économiques, c`est le moment de venir investir» dans le pays, a déclaré à la presse M. Lucas, président de la section Afrique du Mouvement des entreprises de France (Medef) à l`issue d`une audience avec le chef de l`Etat ivoirien. En visite également mai dernier en Côte d`Ivoire, où il a été reçu à Yamoussoukro par Gbagbo, le secrétaire d`Etat français chargé de la Coopération, Alain Joyandet, avait également annoncé des couleurs plus prometteuses. «Je suis venu réaffirmer la volonté de la France de voir aboutir le processus électoral. C`est aussi un geste fort en direction du président Gbagbo, pour lui indiquer que la France est prête à relancer la coopération franco-ivoirienne dès que les élections auront été terminées», avait-il promis. L`on a aussi en mémoire la virée nocturne du chef de l`Etat ivoirien avec son ami Jack Lang, député du Pas-de-Calais et membre de la commission des affaires étrangères de l`Assemblée nationale française. Les deux personnalités bien entourés avaient dansé dans une boîte de nuit à la Rue Princesse pour montrer à la face du monde que la Côte d`Ivoire n`est pas une destination à risque. Autant de symboles et de motifs d`espoir que l`orage annoncé par les piques récentes menacent sérieusement de mettre à terre.

Djama Stanislas

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