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dimanche, 26 juillet 2009

Affaire Kieffer: un témoignage charge le clan Gbagbo

Affaire Kieffer: un témoignage charge le clan Gbagbo

lefigaro.fr.

INTERVIEW - Un major de l'armée ivoirienne met en cause la garde rapprochée de l'épouse du président dans la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en 2004. Les explications de Joseph Tual, journaliste à France 3, qui s'est entretenu avec cet homme.


L'affaire Kieffer, du nom de ce journaliste franco-canadien disparu en Côte d'Ivoire en avril 2004, s'enrichit d'un nouveau témoignage à charge contre l'entourage du président ivoirien Laurent Gbagbo. Dans un reportage diffusé mercredi sur France 3, Alain Gossé, un homme présenté comme un major de l'armée ivoirienne, accuse trois hommes proches du chef de l'État ivoirien et de son épouse d'être à l'origine de l'enlèvement et de la mort du journaliste. Ce dernier enquêtait alors sur la filière cacao, principale richesse ivoirienne. Selon cet homme, Simone Gbagbo , la femme du chef de l'État ivoirien, elle-même entendue par la justice française en avril dernier, «n'est pas trop trop impliquée», «son cabinet oui ! Sa garde rapprochée !». Joseph Tual, journaliste à France 3, a rencontré Alain Gossé. Il nous explique l'importance de son témoignage.

 

Alain Gossé. Capture France 3.
Alain Gossé. Capture France 3.

lefigaro.fr. - Qui est Alain Gossé ? Pourquoi parle-t-il aujourd'hui ?

Joseph TUAL. - Il a accepté de me parler en avril, date de la réalisation de l'interview diffusée sur France 3. A l'époque, je suivais les juges d'instruction Patrick Ramaël et Nicolas Blot qui s'étaient déplacés en Côte d'Ivoire pour interroger Simone Gbagbo ainsi qu'un ministre ivoirien. Alain Gossé était major de l'armée, affecté à la sécurité de la présidence ivoirienne. Ses déclarations tendent à prouver qu'il en connaissait les rouages. Depuis, il a quitté ses fonctions et est parti de Côte d'Ivoire. S'il parle aujourd'hui, c'est pour répondre à l'appel de la famille Kieffer qui veut connaître la vérité sur cette affaire et que le corps soit rendu à la famille. Cette histoire le tenaillait.

Que sait-il sur la disparition de Guy-André Kieffer ?

Il était au sous-sol de la présidence quand il a vu arriver les commandos l'ayant enlevé*. Ceux-ci lui ont demandé de mettre le journaliste en cellule.

Ce témoin dit ensuite apprendre par «le bouche à oreille» l'exécution «par erreur» de Kieffer. Il ne dispose donc pas de preuve ?

Il relate ce que ses amis officiers ayant assisté à l'exécution lui ont raconté. On a voulu organiser un simulacre d'exécution pour faire peur à Guy-André Kieffer de façon à ce qu'il dévoile le contenu de ses découvertes. Un militaire a cru qu'il fallait le tuer, et a tiré.

En quoi ce témoignage est-il déterminant ?

Il peut permettre de retrouver le corps de Guy-André Kieffer. Il conforte le précédent témoignage fait par un chauffeur du commando qui affirmait que Kieffer avait été capturé puis emmené à la présidence. Ce témoignage atteste de la présence de Guy-André Kieffer dans les sous-sols de la présidence, version contestée par les avocats de Simone Gbagbo. Il n'émane plus d'un simple chauffeur mais d'une personnalité éminente de l'armée. Il doit maintenant être entendu par la justice française.

* Ces commandos auraient été dirigés par Seka Yapo Anselme, chargé de la sécurité de Simone Gbagbo, Patrice Baï, à l'époque chef de la sécurité de la présidence, et Jean-Tony Oulaï, soupçonné d'avoir dirigé le commando auteur de l'enlèvement et actuellement en détention provisoire en France. Michel Legré, beau-frère de Simone Gbagbo, avec qui Guy-André Kieffer avait rendez-vous, est le seul mis en examen dans ce dossier.

Commentaires

Un interview serieux et interessant.

Écrit par : Conan @ long distance calls | vendredi, 06 novembre 2009

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