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jeudi, 28 mai 2009

Nation, identité, religion

DOSSIER : Nation, identité, religion (Sommaire)

Depuis leur essor au XIXe siècle, les idéologies nationalistes se sont organisées autour de deux pôles. D’un côté, un nationalisme « ouvert » construit par le haut, construit à partir d’un État qui cherche à intégrer ses membres d’origines différentes.

sciences.jpgLe nationalisme américain en est le symbole. Le nationalisme «fermé », quant à lui se définit par des critères «ethniques»: la «race», la langue, la religion. C’est le cas aujourd’hui chez les nationalistes hindous du BJP (Parti du peuple indien).

 


Dans la réalité, nous dit Christophe Jaffrelot (p. 50), cette opposition entre nationalisme « ouvert » et « fermé » n’est pas aussi rigide et les deux formes peuvent coexister.

Les sciences humaines ont tenté de décortiquer la fabrication des idéologies nationalistes: le discours national mobilise des mythes, des symboles, des monuments et des ancêtres ou héros fondateurs. Se fabrique alors un « référent rassurant », explique l’historienne Anne-Marie Thiesse, qui permet au groupe d’affronter les périodes de crise en lui donnant le sentiment de s’inscrire dans une continuité historique.

La séparation de l’Église et de l’État, créant le « désenchantement du monde » selon la formule de Max Weber, a probablement favorisé ce besoin de redonner du sens à la communauté – ce qui a mené bien souvent au fanatisme totalitaire (entretien p. 57).


sciences.jpg

Enfin, il semble que le nationalisme ne puisse pas directement se fonder sur une religion, comme le montrent les analyses récentes analysant les rapports entre religion et politique. Jean-François Dortier (p 56) rappelle ici que tout dépend de l’utilisation du discours religieux : des penseurs actuels peuvent se réclamer de certaines valeurs du christianisme, qui ne sont pas celles mobilisées par le discours fermé d’une Europe réduite à ses supposées seules «valeurs chrétiennes». Olivier Roy (entretien p. 58) explique enfin que les religions les plus suivies aujourd’hui (pentecôtisme, bouddhisme, New Age, salafisme…) relèvent d’un nouveau type de croyance, dissocié des pratiques culturelles traditionnelles et centré sur une « pureté religieuse » valorisant l’ignorance. Ce nouveau genre, mondialisé, échapperait par essence aux récupérations nationalistes.

Commentaires

J'apprécie à sa juste valeur les cours sur la démocratie que vous publiez sur ce blog.Cela manquait beaucoup aux militants des partis politiques ivoiriens,en général et à ceux du RDR,en particulier.Si des telles instructions avaient été données tôt, nous ne serions pas dans cette crise,aujourd'hui.Je vous invite donc à continuer dans ce sens et félicitations.

Écrit par : inza | jeudi, 28 mai 2009

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