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jeudi, 28 mai 2009

Mr Toure :« Je suis fier de toi fiston »

Victoire du FC Barcelone
La famille Touré aux anges
yaya.jpg
« Je suis fier de toi fiston », lance le vieux Touré Mory, les yeux fixés sur le petit écran. Trempé dans sa propre sueur le père de Yaya Touré semble insensible à la grosse chaleur que dégage son salon bondé de monde. Il n’y a plus de place pour suivre cette finale historique que dispute son deuxième footballeur de fils, Yaya. Il sait que plus rien de grave ne peut arriver à sa progéniture. Et qu’il sera très bientôt le père du premier footballeur ivoirien à remporter la champion’s league. Oui, le FC Barcelone mène deux buts à rien et il ne reste qu’une poignée de seconde à jouer


. Et quand le dernier coup de sifflet met Yaya sur le toit de l’Europe, le vieux Mory est écrasé par les parents amis et supporteurs du FC Barcelone. « Je suis content et je remercie Allah pour avoir permis à la Côte d’Ivoire, à travers mon fils de gagner cette coupe. Cette grande joie et je suis vraiment fier de mon petit », lâche Touré Mory entre deux embrassades. Dans la maison familiale des Touré on n’entend plus rien d’autre à part les cris de joie. Les deux frères du héros, Saib et Ibrahim sont portés en triomphe. Les deux épouses du vieux Touré, Mariam Konaté et Fanta Doukouré sont congratulées. L’ambiance électrique et très tendu d’il ya quelques instants s’est vite transformé en une grande fête. Pourtant rien ne prédisait un tel scénario.

Un conte de fée
En fin d’après midi, La concession du vieux Touré vit une ambiance particulière. Les riverains sont attirés par les flashes et les mouvements de cameras. Tous comprennent alors que la finale qui se joue à Rome à des fortes répercussions ici à Yopougon Toits rouges, une banlieue populaire de la capitale économique ivoirienne. Quoi de plus normal ? Ce vieux Touré n’est autre que le père de Yaya Gnegneri. Le solide milieu défensif du club catalan du FC Barcelone. Debout dans un boubou marron, le géniteur de Touré Kolo, frère ainé de Yaya accueille ses invités d’un autre genre avec le V de la victoire. Un geste qui n’échappe ni aux paparazzis ni aux cameramen à une heure du coup d’envoie. Dans le salon du rez-de-chaussée le décor est planté (plusieurs chaises attendent des occupants) pour suivre la première finale de Gnegneri. Trois ans après celle disputée mais perdu par son illustre ainé de frère, le gunner d’Arsenal Kolo Abib. Cette fois, les Touré pensent que l’heure de la consécration a sonnée. Ce qui peut être source de pression supplémentaire. Mais le vieux Touré Mory semble hors de portée du stress. Il a même toute la lucidité pour souhaiter la bienvenue à tout ce monde qui a transformé son salon en Stadium Olympico junior. « Je n’ai aucune pression. C’est le sport et il ne faut pas trop se concentrer sur le résultat. Si on gagne c’est bien mais si les autres gagnent ça sera également bien. Il faut être fair-play et s’en remettre à dieu qui sait qui va gagner ». Cette sérénité du père de Gnéri n’habite pas l’autre frère de Yaya. Saib qui a mis un terme à sa carrière de footballeur pour se reconvertir en agent de joueur a le tract. « Je ressens la pression comme si je jouais. Je soutien le Barça à travers mon frère et j’espère que dieu va donner la victoire au Barça ». Mais au fur et à mesure que l’heure du coup d’envoie, les visages devenaient graves. C’est le moment que le maitre des lieux choisit pour aller, en bon musulman, satisfaire la prière de 18h30. Le temps également pour les Mamans Eléphants de prendre place dans le salon. Dieu semble avoir entendu les Touré. Car après 10 minutes de jeu, le camerounais Samuel Eto’O trace le chemin de la victoire. A la pause, la maison des Touré jubile.

yaya3.jpgLe coup de fil de Kolo
Mais ce n’est qu’un demi-bonheur. Et les femmes du vieux Touré en sont conscientes. A l’unisson elles demandent au tout puissant de donner la victoire à leur fils. Et quand l’autre enfant prodige de la famille appelle depuis le staede Olympique de rome, le vieux Touré, affectueusement appelé Belmondo par ses amis crie de joie. « Merci mon fils. C’est toi qui a tracé la voie et ton petit frère va te venger aujourd’hui ». La partie reprend et le barça semblme souffrir. Le vieux Touré égrène son chapelet. Aidé en cela par l’Imam Konaté Saib de la grande mosquée du Toit Rouge. Mais quand le petit lutin argentin marque le second but, c’est le délire. Yaya esdt champion d’Europe et entre dans l’histoire comme le premier footballeur ivoirien à remporter la coupe aux grandes oreilles. Au grand plaisir de son frère cadet Ibrahim. « Je suis très heureux et très fier de mon frère. Il vient de venger notre grand frère Kolo qui a perdu la finale de 2006. C’est énorme et c’est une grande joie », affirme l’ex pensionnaire de l’As Monaco. Ousmane et toute la famille, rejoint par les voisin et les fans du FC Barcelone ont consommé sans modération ce premier sacre de Yaya et du football ivoirien.
Koné Lassiné

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