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samedi, 28 mars 2009

Drogba: election vite vite....

La Côte d'ivoire doit voter, et vite!"

©La rédaction web de Jeune Afrique

Drogba-photoalpesh_Lath.jpgÀ une quarantaine de kilomètres au sud-est de Londres, Cobham, petite commune huppée de 10 000 habitants abrite le centre d’entraînement du Chelsea FC. Didier Drogba, l'attaquant des Eléphants, tout juste 31 ans, habite à quelques minutes de là. Pendant plus d'une heure, l'ancien joueur de Marseille nous a parlé football. Mais pas seulement. La politique et l’avenir de son pays sont aussi des sujets qui le passionnent.
Aucune date n'a été fixée pour les élections, maintes fois reportées, en Côte d’Ivoire. Comment voyez vous cette situation ?

Le pays est sorti récemment d'une période très difficile et tout n'est pas encore réglé. Actuellement les choses ne bougent pas beaucoup, ce qui peut s’expliquer compte tenu de ce que le pays a vécu. La Côte d’Ivoire traverse une relative période de stabilité, et j'ai l'impression que cette situation d'immobilisme est un peu un mal nécessaire... Mais il faut que les élections puissent avoir lieu assez rapidement.


Que pensez-vous de cet attelage un peu improbable entre les deux anciens ennemis ?
Il y a quelques années, on aurait eu du mal à l'imaginer. Ils ont visiblement mis de l'eau dans leur vin, pour le bien des ivoiriens.

Et peut-être aussi pour le leur...
Peut-être, mais je ne suis pas assez bien placé pour juger. Ce qui est certain, c'est que grâce à cet accord entre eux, des milliers de gens ont pu rentrer chez eux dans le Nord après avoir été déplacés pendant le conflit. Et pour eux, c'est vraiment le plus important.

Certains prédisent que que si Gbagbo est réélu ou si Ouattara lui succède, le pays sombrera à nouveau dans la crise...
Je ne pense pas que les Ivoiriens aient envie d'un nouveau conflit. Il y aura un président de la République, élu démocratiquement, qui disposera des moyens nécessaires pour faire avancer le pays. Il devra pouvoir accomplir son mandat normalement. Ensuite, on fera son bilan et le peuple tranchera.

Et si on vous demande le nom de votre candidat favori ?
(Rires) Je ne vous répondrai pas, bien sûr.

Aujourd'hui, un ivoirien sur deux vit sous le seuil de pauvreté. Comment cette situation pourrait-elle s'améliorer ?
Le plus important est d'abord d'organiser les élections. Mais le président Gbagbo a décidé de lutter contre la corruption. C'était nécessaire, et même si certains disent que c'est un peu tardif, je considère qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire. La Côte d'Ivoire possède des ressources importantes, et tout doit être entrepris pour qu'elle retrouve des couleurs.



En Côte d'Ivoire, chrétiens et musulmans cohabitent plutôt bien. Craignez-vous un scénario à la nigériane, où les choses se passent beaucoup moins bien ?
Cela a failli mal se passer il y a quelques années, mais par bonheur, le pays y a échappé parce que les Ivoiriens n'aiment pas faire la guerre et qu'ils ont l'habitude de vivre ensemble. Mais il faut rester vigilant, car certains pourraient un jour être tentés d’utiliser la religion et faire de la récupération politique et ethnique. Ce qui serait très dangereux pour l'équilibre du pays. En sélection nationale, il y a plusieurs ethnies qui sont représentées, et il n'y a jamais eu de problèmes.

On a beaucoup raconté que pendant le conflit, les belligérants avaient multiplié les tentatives de récupération des joueurs de l'équipe nationale...
Sincèrement, nous n'avons jamais ressenti de pression particulière. Bien sûr, tous les joueurs sont libres d'avoir leurs opinions et leurs préférences. Mais quand nous sommes ensemble, une seule chose compte : la Côte d'Ivoire. D’ailleurs, nous nous sommes d'une certaine façon servis de la qualification pour la Coupe du Monde de 2006 en Allemagne pour faire passer un message d'union. Je ne sais pas si cela a influé sur le processus de réconciliation nationale. Même si on a pu un tout petit peu y contribuer, c'est déjà bien.

Vous êtes originaire de la même région que Charles Blé Goudé, leader des Jeunes patriotes ivoiriens, un homme très proche de Laurent Gbagbo. Quelles sont vos relations avec lui ?
Nous avons eu l'occasion de nous croiser de temps en temps. Mais nos échanges se sont limités à de simples échanges de politesse.

En juin 2007, vous avez très largement contribué à organiser à Bouaké un match entre la Côte d'Ivoire et Madagascar comptant pour les éliminatoires de la CAN 2008...
Oui, et je le referais s’il fallait! Vous ne pouvez pas imaginer à quels points les gens étaient heureux de voir les Eléphants jouer à Bouaké ! Ce match a eu un impact énorme sur place.

Que pensez vous du sentiment anti-français qui s’est développé en Côte d’Ivoire?
Il y a eu, c'est vrai, un sentiment anti-français, notamment après les événements de novembre 2004 à Abidjan (NDLR : l'armée française avait tiré sur des manifestants massés devant l'hôtel Ivoire, faisant une cinquantaine de morts). La politique française en Côte d'Ivoire n'était sans doute pas la bonne. Mais depuis, cela s'est atténué. Des Français, installés à Abidjan depuis quinze, vingt ou trente ans et qui étaient rentrés en France pendant cette période difficile sont revenus, parce qu'ils s’y sentent chez eux. La France et la Côte d'Ivoire ont des liens très étroits, la Côte d’Ivoire ayant été une colonie française. D’ailleurs, la colonisation a eu aussi des vertus. La France a besoin de la Côte d'Ivoire pour des raisons économiques et startégiques, et la Côte d'Ivoire a également besoin de l'aide de la France. La répartition des intérêts doit simplement être plus juste. La Côte d'Ivoire, pour sa part, doit avoir le droit de travailler avec qui elle le souhaite...



Dans votre pays, vous êtes populaire aussi grâce à votre engagement humanitaire. On vous prête plusieurs projets d'envergure...
J'ai l'intention de financer grâce à ma fondation l'ouverture d'un hôpital à Abidjan, où les besoins sont importants. Dans cette ville, il y a de plus en plus d'enfants qui errent dans les rues. Je suis également ambassadeur auprès des Nations Unies pour lutter contre les mines antipersonnel qui ont fait beaucoup de ravages en Côte d'Ivoire. Mais je ne veux pas concentrer mon action uniquement sur mon pays.

L'Union africaine à un nouveau président, le colonel Kaddafi. Est-ce que cela vous choque de le voir occuper cette fonction ?
Il n'a pas fait que de bonnes choses dans sa vie. Mais il a droit à une seconde chance. Attendons de voir son bilan à la fin de son mandat pour le juger.

Comment avez-vous vécu l'élection de Barack Obama à la présidence américaine ?
J'ai beaucoup de respect pour les Etats-Unis. Que ce pays, qui a longtemps pratiqué l'esclavage puisse élire un Black, je trouve cela extraordinaire. Mais attention: Obama n'a pas été élu seulement parce qu'il est noir, mais aussi pour ses compétences.

Et en France, pensez-vous qu’une telle élection soit possible ?
Je crois que cette question des minorités visibles dans les partis politiques et les médias ne sera pas facile à résoudre en France. C'est pour cela que des gens comme Harry Roselmack, Pape Diouf, qui est président de l’Olympique de Marseille ou Antoine Kombouaré (NDLR : l'entraîneur calédonien de Valenciennes) doivent montrer la voie. Si Obama a pu êre élu aux Etats-Unis, un président noir en France, ce n'est pas près d'arriver. Et cela me choque, oui !

Quelles sont vos relations avec Vahid Halilhodzic, le sélectionneur bosniaque des Eléphants, que l'on présente volontiers comme un homme d’une très grande rigueur ?
C'est un homme passionné, donc parfois excessif, mais le courant passe très bien entre nous. Il a une image dans les médias qui ne correspond pas forcément à la réalité. On travaille dans la bonne humeur mais aussi dans la rigueur, sans laquelle on ne peut arriver à rien.

Carlo Ancelotti, l'entraîneur du Milan AC a déclaré qu'il accepterait d'entraîner gratuitement la Côte d'Ivoire si elle se qualifiait pour la Coupe du Monde 2010...
C'est flatteur. Cela prouve que notre statut a évolué. La Côte d'Ivoire fait partie des meilleures équipes africaines, et elle doit être capable d'assumer la pression qui pèse sur elle. Cette pression, tous ceux qui composent ou qui composeront la sélection devront l'assumer. Et on va tout faire pour obtenir la qualification pour la Coupe du Monde de 2010.


Il paraît que le climat du vestiaire de la sélection serait pollué par une lutte entre deux clans, celui de Kader Keita et celui de Kolo Touré...
C'est faux ! Il y a des gens qui font courir cette rumeur alors qu'ils ne sont que très rarement avec nous. Peut-être aimeraient-ils l'être plus souvent d'ailleurs... J'ai remarqué que quand on gagnait, il n'y avait pas de clans. Mais quand on perdait, il y en avait... Ce sont des tentatives de déstabilisation. Il n'y a pas de clans chez les Eléphants !

Faites vous confiance à l’Afrique du Sud, confronté à des problèmes de sécurité et à de sérieux retards dans sa préparation, pour organiser la prochaine Coupe du Monde ?
L'insécurité existe, c'est un problème, mais le Brésil, qui doit organiser la Coupe du Monde 2014, n'est pas épargné non plus. On parle aussi de certains stades qui ne seraient pas dans les temps... mais la crise est partout, et pas seulement en Afrique ! Regardez la Pologne et l'Ukraine, qui doivent organiser l'Euro 2012. Elles aussi rencontrent des difficultés ! A partir du moment où l’Afrique du Sud a été désignée, c’est que sa candidature tenait la route. Maintenant, il faut aller jusqu’au bout et aider ce pays. C'est une chose formidable pour le continent africain d'organiser un tel événement. J’espère qu’en tant qu’Africain je pourrais y participer. Mais je sais aussi que rien n’est gagné d’avance.


Vous avez gagné quelques titres nationaux avec Chelsea, mais au niveau international, votre palmarès est encore vierge. Avez-vous un sentiment d'inachevé, même si votre carrière est loin d'être terminée ?
Matériellement, il me manque quelque chose : une Coupe d'Afrique avec la Côte d'Ivoire, ou une Ligue des Champions. Maintenant, si ma carrière devait s'arrêter là, je ne serais pas triste, car j'ai pu vivre des moments extraordinaires. Quaand j'évoluais à Guingamp (2001-2003), j'étais loin de me douter que je jouerais un jour à Chelsea.

Quel est votre meilleur souvenir de footballeur ?
Notre qualification pour la Coupe du Monde 2006, lors d'un match gagné au Soudan. Nous venions de l’emporter 3 à 1, et on attendait le résultat du Cameroun face à l'Egypte. Quand nous avons compris que nous étions qualifiés, on a improvisé une danse sur la pelouse de Khartoum. Et les deux jours qui ont suivi à Abidjan furent mémorables.

Et votre plus mauvais ?
Le décès de Mama Ouattara, notre sélectionneur adjoint, en 2004 alors que nous étions en train de préparer une rencontre avec l'Egypte.

Vous n'avez joué qu'une saison à Marseille, où votre popularité est restée intacte. Aimeriez-vous y retourner un jour ?
Oui, je ne m'en suis jamais caché. J'ai toujours aimé l'OM, avant même d'y jouer. Mais entre ce que je veux et ce qui est réalisable, il y a un fossé...


Justement, être footballeur à Londres est paraît-il beaucoup plus facile à vivre qu'à Marseille…
Disons que les gens ont plus de retenue quand ils vous abordent, ce qui est apréciable, surout quand on est en famille. Et puis, il ne faut pas oublier qu'à Londres, il y a plusieurs clubs de haut niveau. A Marseille ou à Abidjan, cela part toujours d'un bon sentiment quand les supporters veulent un autographe ou juste vous serrer la mai, ce qu'on ne peut pas refuser. C'est plus exhubérant, plus chaleureux, et en tant qu'africain, j'apprécie aussi...




Commentaires

Et voila un footballeur qui tire les oreilles à Gbagbo!
Decidement le peuple devra prendre ses responsabilités comme l'a si bien dit Anaky.
N'en deplaise à Mangou, le futur Doue, selon la prophetie de Ouessenan.

Écrit par : BouabreB | samedi, 28 mars 2009

BouabreB,pourquoi c'est à Gbagbo que Drogba tirerait les oreilles quand il souhaite des élections vite,vite? Faisons preuve d'un minimum d'objectivité dans nos analyses. En Côte d'Ivoire, c'est la CEI qui est chargée de l'organisation des élections et pour preuve, ces jours-ci, des jeunes gens voyant que la date du premier tour de la présidentielle tarde à sortir des laboratoires de la CEI, ont ,logiquement, entamé une grève de la faim devant les locaux de la dite institution.
Dans le même ordre d'idées, pourquoi Mangou serait-il le futur Doué? Il est très malheureux que tu reprennes,sans précaution,les inepties de cet illuminé de Ouassenan. Doué a été un chef d'état major indigne qui collaborait avec l'ennemi alors que le général est quant à lui patriote et loyaliste dans l'âme. Si Ouassenan parle ainsi,c'est qu'il est jaloux de Mangou qui a réussi à déjouer tous les plans des pêcheurs en eau trouble .

Écrit par : inza | dimanche, 29 mars 2009

Ce gars il est vacciné et malheureusement pour lui il parle d'objectivite bien qu'il ait un camp choisi dans touts ses analyses :Gbagbo.
Tu es bon Inza pour les sorbonnes ou regne la pensee unique, la laudation du camp presidentiel et ses affides.
Ca marche pas chez nous cette manipulation à la petite carte!
Il n'ay que la camp pesidentiel qui argumente sur les reports justifiés des elections et non les opposants qui ne demandent que la date definitive.
On est tous la mon gars arrette cette petite et ridicule mauvaise fois.

Écrit par : Bouabre B | lundi, 30 mars 2009

Bouabre B,
Sur le point précis de l'organisation des élections, tu ne peux pas me dire que je fais preuve de partialité.C'est la CEI qui organise les élections et non le pouvoir ou la présidence. Et c'est l'opposition significative (le RDR et le PDCI,en tête) qui ont ,pour on ne sait quelles raisons , incorporé la budgétivore SAGEM dans le processus.Là où nous aurions pu dépenser,au maximum,10 milliards de fcfa, cette société en demande 80.Et comme du fait de la crise,le pays éprouve des ptoblèmes de trésorerie, cela retarde le processus.
Chose curieuse,ce sont les opposants responsables de cet état de choses qui cherchent des boucs émissaires.Bouabre B, tu vois bien que je n'ai pas tort. N'est-ce pas?

Écrit par : inza | lundi, 30 mars 2009

Commentb pourrais-tu toi le tout sachant avoir tort?
Tu as raison quand les militants du fpi bloquent le processus de facon reurrente pour des revendiquations farfelues!(Affi appellait a bloquer les audiances forainnes par tous les moyens, sans etre inquieté parMangou!
Tu as raison quand Atteby votre debattteur prfesionnel et patenté annocequememe en2050 les eletuionsneserontpas organisées.
Me Gbagbo elle met regulierement en cause l'APO,le seul accord que leFPI a feté dans tous le pays: Mesures dilatoires!
On clame à la sorbonne que les elections se sont pas une priorité pour Gbagbo mais et je cite "la dignité de l"Afrique"!!!
Le defi secret mais maintenant publié du fpi est de faire 10 ans sans elections.
Alors mon frere on se connait on se cotoie on se comprends caron est ensemble chaque jour.
'estvousfpi qui avez alourdit les equipes avec les vauriens comme Meleu Mathieu et consort.
La cei va a son rythme selon ses moyens c'est tout!

Écrit par : Bouabre B | lundi, 30 mars 2009

Bouabre B,tu es excessif en traitant par exemple le professeur Meleu Mathieu de vaurien. Il est agrégé en économie. Ce que je ne comprends pas c'est que des gens qui, pendant 40 an,ont organisé des élections avec le ministère de l'intérieur dont le premier responsable est nommé par le président-candidat se plaignent parce que l'INS est dirigé par un cadre du FPI.Et alors? Vous voulez que des extraterrestres viennent organiser nos élections?
Je comprends votre aigreur vis-à-vis de l'INS. Vous êtes contrecarrés dans votre volonté de frauder avec votre bétail électoral en provenance de la CEDEAO par cet institut. Tant mieux.Seule la liste électorale produite par l'INS qui tient compte, exclusivement,des données du recensement général de 1998 fera foi. Vous n'aurez que vos yeux pour pleurer. Vous saurez ,alors , qu'il ne servait à rien de vous démultiplier en Mpigo,MPI,etc...etc. La politique est un métier.

Écrit par : inza | lundi, 30 mars 2009

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