topblog Ivoire blogs

mercredi, 18 mars 2009

Elections en Afrique, crime contre l’humanité

Si l’Afrique redoute une chose, ce sont les lendemains des scrutins électoraux. Les élections tuent plus que le paludisme, l’autocratie et la pérennisation au pouvoir sont devenues des pandémies dont l’effet de propagation n’a qu’une seule conséquence : la pauvreté.



Le syndrome kenyan ayant commencé à sévir en Afrique orientale, il s’est répandu en Afrique australe, avec des milliers de morts sur le carreau. La crise kenyane a accouché d’une solution inventée par Koffi Annan, selon Albert Tévoédjrè(1). Elle a permis de gérer une situation infernale, par le biais d’un accord boiteux, mais qui tient bien la route. Au Kenya faute d’une commission électorale indépendante, faute d’un scrutin transparent, il va sans dire que les résultats ont été contestés des deux parties. La responsabilité des massacres qui ont suivi le scrutin, pouvait donc être imputée aux deux parties. Cette confusion intenable, ne pouvait qu’amener la communauté internationale, à l’ingénieuse idée de partage du pouvoir. C’était l’unique solution qui se présentait aux différents protagonistes, elle devait être acceptée par tous, chose qui a été faite.



Au Zimbabwe, les réalités étant tout autre, le premier tour de l’élection a été remporté par l’opposant à Mugabe. Face à cette situation, et faute d’une commission électorale transparente et indépendante, le pouvoir de Mugabe a lancé une Fatwa contre l’opposition, soupçonnée d’être le suppôt des puissances occidentales. La guerre des nationalistes contre les antis patriotiques avait trouvé tous les ingrédients pour voir le jour. Cette situation quasi similaire a été vécue au Cameroun en 1992, lorsque l’opposant Fru Ndi a fait mordre la poussière au candidat Biya. Malheureux concours de circonstance, la communauté internationale a prêté main forte à Paul Biya, qui garantissait au mieux leurs intérêts.

LE ROLE DE L’UNION AFRICAINE

Pour tout observateur averti, Mugabe ne peut être reconnu légitimement réélu au Zimbabwe. Dans les débats à huis clos au sommet de l’Union Africaine à Charm el Cheick en Egypte, ce point de vue est clairement apparu. Mais l’Union Africaine a été incapable de faire respecter ses résolutions, car chacun des dictateurs au pouvoir en Afrique, voyait le danger frapper à sa porte. On n’a donc pu répéter au Zimbabwe la solution Kenyane, ce qui constitue un précédent ironique pour tout le continent africain. Les conséquences qui en découleront à l’avenir ne sont plus à démontrer.

Cette manière de diriger l’Afrique, nous amène à nous poser des questions. En France et aux Etats unis, Giscard, Bush père refusant le verdict des urnes, s’entourant d’une cohorte de miliciens et de fédayins enragés, pour contraindre Mitterrand et Bill Clinton à se muer d’une part en premier ministre et d’autre part en vice président, par le truchement d’arrangements internationaux véreux. Que dirait le monde, qu’aurait fait la planète ?

Or, ces scenari ne sont plus à exclure à l’avenir en Afrique, si le problème électoral n’est pas circonscrit en amont.

Il est temps que la communauté internationale réfléchisse mûrement et invente tous les palliatifs démocratiques et républicains, susceptible de donner aux Etats-nations africains la stabilité.

LES MONARCHIES ECLAIREES

Dans le cas des dictatures qui fleurissent plus que des champignons en Afrique, un regard historique, nous amène à nous interroger sur l’attachement et l’indentification que certains chefs d’Etats africains se font du pouvoir exécutif. Le bilan. Bon nombre de chefs d’Etats veulent se faire accepter comme les fondateurs de leurs Etats, tout simplement parce qu’ils ont peur de vieillir, ils redoutent leurs bilans, par conséquent ils se croient jeunes ; vieillir pour eux est synonyme de mourir ; ils rêvent d’une jeunesse où ils auraient la force de marquer leurs peuples par le progrès scientifique, économique et technique ; ils rêvent d’être toujours à l’écoute de leurs peuples. Ils pensent devenir des sphinx qui renaîtront de leurs cendres, des serpents du caducée qui se mordent, pour s’auto guérir et se régénérer. Mais, ils sont usés et corrompus par le pouvoir, hélas !

Si certains présidents à l’instar de Mugabe peuvent au moins se targuer d’avoir combattu le colon, il n’en est pas de même pour certains présidents qui n’ont pas une incidence historique sur leur peuple. Par conséquent, selon Mr Tévoédjrè l’usure du pouvoir crée des rides dissimulées dans un calendrier inexorable. Par ailleurs, la misère accusatrice du Cameroun, Gabon, Congo ne peut qu’accabler le peuple, dont le changement institutionnel est un exutoire. Les atrocités de l’inflation et toutes les violences qui en découlent, sont de nature à commander à la plupart des dirigeants africains ,de laisser la place aux autres dans le meilleur des cas, dans le pire des cas, d’organiser un scrutin juste et équitable.

UNE ILE DU POUVOIR POUR EUX

A mon avis, bien que certaines Constitutions africaines l’ont déjà mentionné, il est temps pour la communauté internationale, d’inventer un strapontin pour tous ceux qui ont exercé plus de dix ans comme chef d’Etat en Afrique, tels que président d’honneur de l’Onu, avec un pouvoir tournant, ou membre ad vitam du conseil de sécurité des nations unies. Cette fonction officielle votée par l’Union Africaine et l’Onu, permettrait à ces chef d’Etats qui s’identifient à leurs nations d’être les garants d’une continuité de la lutte pour la démocratie .Et, pourraient devenir des conseillers pour l’avenir de leurs pays et l’Afrique. C’est ce rôle que joue Nelson Mandela aujourd’hui en Afrique du Sud.

C’est cette fonction qu’il convient de faire accepter à Paul Biya et ses compères africains, qui ne peuvent plus, et ne doivent plus exercer le pouvoir après plus de vingt ans passés au sommet de l’Etat. Il est temps de laisser à l’Afrique, comme au Ghana, une nouvelle génération de présidents élus démocratiquement. Les nouveaux Etats doivent se doter de gouvernements responsables devant le parlement. La colonisation étant du passé, il est certain que l’ère des révolutions sanglantes est révolue. L’Afrique essuie un crépuscule démocratique sans pareil, il faut fermer la parenthèse des démiurges au pouvoir, et laisser des mortels poursuivre l’histoire et la destinée de leurs peuples.

Aimé Mathurin Moussy

1) Albert Tévoédjrè : une autre solution pour le Zimbabwe

Commentaires

Les raisons des contestations des élections qui sont source de ce que le texte traite de crimes comme l'humanité sont multiples:(1)-C'est le président sortant qui refuse de reconnaitre les résultats ou met tout en oeuvre pour les tripatouiller, en sa faveur.(2)-C'est l'opposition qui ne fait pas preuve de fair-play en acceptant sa défaite.(3)-Les troubles sont commandités,en sous-main, par l'ex-puissance coloniale qui est mécontente de voir arrivé aux affaires quelqu'un qu'elle n'avait pas prévu ou qui ne semble pas enclin à défendre ses intérêts.90°/° des contestations électorales violentes trouvent leur justification, dans ce tableau. (4)-L'immaturité démocratique des populations cibles est aussi pour quelque chose, dans une certaine mesure, dans ces dérives. (5)-La partialité des forces de l'ordre est un facteur aggravant certain des dites dérives.
L'exemple actuel de Madagascar nous apprend que certains troubles sont conçus dans des laboratoires étrangers et prospèrent, souvent, là où il y a la pauvreté.

Écrit par : inza | jeudi, 19 mars 2009

Pour une fois tu t'es surpassé mon cher Inza.
Bonne analyse ,bien argumentée, et sans injures contre ceux qui ne regardent pas les choses comme vous.

En tout ete de cause , je partage point par point vos arguments sauf que pour Madagascar, je reprouve les methodes de jeune TGV-Nouveau President et sa prise effective du pouvoir sans elections, je ne voit pas de mains occidentaux obscures. J'attends vos arguments sur ce point.Il me semble que l'ex-president a ete un bon ami des americains depuis qu'il etait opposant et industriel.
Comment aura-t-il perdu cette symphatie? Lui qui est etait surtout vu comme le support du libre-echange?
Les raisons de la dencente aux enfers de Ravalo doivent etre cherchees dans sa gestion quotidienne du pouvoir, la reaction de la masse face aux espoirs qu'il a suciter contre le vieux.
La pauvrete sources de conflits anti democratites, mais aussi surtout la cupidité et la transormation du patrimoine commun en fonds famillial et en gateau national pour les gagants posent ce genre de reactions contre le choix democratique des peuples.

Écrit par : Bouabre B | jeudi, 19 mars 2009

Mon cher Bouabré B, je suis pas un insulteur public. Je ne fais, souvent, que répliquer à des commentaires qui sont inutilement insultants envers ceux que certains considèrent comme leurs adversaires politiques. Je le fais, souvent, à mon corps défendant. la situation de notre pays s'est détérioré à cause de cette guerre absurde et ne pas le reconnaitre,me met dans tous mes états. L'opposition ivoirienne au gouvernement depuis l'accord de Marcoussis(2003) a tendance à se désolidariser du bilan du gouvernement auquel elle appartient , quand cela l'arrange.
Pour répondre à ton interrogation, tout ce qui est arrivé sur la grande île a été planifié depuis la France où réside le prédécesseur du président malgache vaincu par ce coup d'état singulier. Dès, le départ, Paris a pris faits et causes pour le jeune maire déchu de Tana. Pour le savoir, on n'a qu'à voir la manière dont la presse française se délectait de l'anarchie créée par le maire putschiste. Il y a des indices que notre environnement politiquement conditionné ne permet de voir,à première vue.J'ai la conviction que pour faire face à la crise financière mondiale actuelle, notre ex-puissance coloniale a décidé de reconquérir ses anciennes colonies...par tous les moyens et, pour être plus précis, en usant de ce qu'elle sait faire le mieux: déstabiliser ses ex.

Écrit par : inza | vendredi, 20 mars 2009

Inza, cette ile est l'un des etats lesplus pauvres au monde et ne peut avoir denjeux strategique economique. Combatre leneo-colonialisme ou la modialisation sauvage, daccord mais tout de meme!
La difference de nos vue est à ce niveau. Pour une dimination economique ,il faut plutot conquerie ceux qui possede de la richesse, ce qui n'est pas pour Madagascar plus pauvre que LA REUNION .
Les arguments de conquete doivent etre plausible, economiquement, le paus conquis doit avoir une apacité de partenariat reellement important en terme de volume financier en exportation pour la puissance ou posseder des ressources strategiques , le petrole, en l'ocurence, sinon crois moi c'est inutile.
Je veux etre convaincu que la France à un enjeux impotant ç defendre à Madagascar.
Bien a toi

Écrit par : Bouabre b | vendredi, 20 mars 2009

Bouabré b, je t'apprends que du pétrole a été découvert depuis 2006 aux côtes de ce pays. Donc la grande île n'est pas si pauvre que ça.Et puis, je vois que tu ne sais pas comment fonctionne l'ex-puissance coloniale, elle ne tolère aucune marge de liberté susceptible de faire école dans sa sphère d'influence. Dans tous les cas, le président Ravalo était dans le collimateur de la France depuis le jour où il lui a tourné le dos au profit des USA. Il y a comme un pacte secret entre les grandes puissances pour ce qui est du partage du monde, c'est ce qui semble expliquer l'inaction du pays de l'oncle Sam, dans ce conflit.

Écrit par : inza | vendredi, 20 mars 2009

Ok Inz' je te prends au mot.
Sans etre niais et inculte sur les relations internationales, je ne suis pas ferue des conspirations internationales bien que la diplomatie des pays riches soit la pierre angulaire de leurs forces economique à l'echelle mondiale.
Nos pays sous developpes l'oublient et se complaisent dans une diplomatie de courtoisie et de plats echange sde lettres de creditation.
La mondialisation n'est pas l'apanage de quelques pays si riches soientt-ils, et la guerre moderne depuis la chute du mur de Berlin est la guerre economique et fianciere.
Le combat altermondialiste a sa raison d'etre mais les moralisateurs ne decident pas à la place des decideurs.
Tout pays peut pretendre à conquerir des part de marchés er se battre pour ses interets mais c'est un combat d'intelligence economique, de strategie commerciale( Japon,Chine, Taiwan) selon les rapports de force existants.
Les cris au voleur! au neocolonialisme ne sont pas pour moi des strategie de lutte mais des resignations, des pleurs.
Que l'echange continu!

Écrit par : BouabreB | samedi, 21 mars 2009

Les commentaires sont fermés.