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jeudi, 05 février 2009

Ordinateur à l’école : du rêve à la réalité

Afrique
Ordinateur à l’école : du rêve à la réalité
par Anne-Laure Marie

Article publié le 04/02/2009 Dernière mise à jour le 04/02/2009 à 15:43 TU

La tentation serait de répondre directement à la question posée par la négative : non, il n’y a pas (suffisamment) d’ordinateurs dans les classes en Afrique. Pourtant, certains témoignages l’attestent : quand il y a des machines en état de marche, le problème n’est pas résolu pour autant.
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La question était un peu abrupte, certains ont choisi d’y répondre sans détour. Y-a-t-il un ordinateur dans la classe ? « Je répondrai par la négation », nous écrit Mian. Enseignant-chercheur à l'école normale supérieure d'Abidjan, il peut même nous « certifier que notre institution ne dispose pas d'ordinateur dans les salles. » Lurhielle précise quant à elle depuis le Bénin que « tout près de Cotonou, vous rencontrerez bien des personnes qui vous demanderont : un ordinateur qu'est-ce que c'est ? ». « J’ai même terminé mon cycle secondaire sans avoir touché la souris. Quel drame ! », se désole Ntumba, « et pourtant les nouvelles technologies de la communication sont avantageuses et importantes car sans bibliothèque physique, on pourrait se servir des informations en ligne et quel espoir pour le Congo de demain ! »


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Même si ces témoignages n’ont aucune valeur statistique et que l’on sait bien qu’il existe – quand même - des programmes et des projets d’introduction des technologies de l’Information dans les écoles africaines, ils reflètent le désarroi de tout une partie de la jeunesse africaine francophone qui a parfaitement compris l’enjeu de l’informatique et de l’internet dans le monde d’aujourd’hui, mais n’y a pas accès.

Comme un lézard dans la maison

Jeune Ivoirien, Salomon sait bien « qu’il n’y pas de poste à pourvoir sans qu'il y ait mention de connaissance des TIC. Pourquoi donc en priver les Africains ? » s’interroge-t-il. Quand Patrick de Kinshasa, en République Démocratique du Congo, compare l’ordinateur à …« un lézard qui accède dans des maisons sans l'autorisation des propriétaires et s'introduit forcément dans la vie de quiconque se lance sur la voix du développement». Et si « tout manque pour l'éducation », comme le dit Maiga du Mouvement Alternatif Africain, « ce n'est pas une raison de ne pas évoquer la question de l'informatique, elle est capitale. » Aujourd’hui avec l’ordinateur, hier via la télévision ou la radio, la tentation de trouver des solutions « technologiques » aux défaillances du système éducatif en Afrique existe depuis des années, rappelle le professeur Jacques Wallet. « La télévision éducative nigérienne existait avant que la télévision publique n’émette », explique ce spécialiste de la question qui coordonne un réseau de 450 chercheurs à travers le monde sur cette problématique, le Resafad. Pourtant, la question n’a pas trouvé de réponse simple et les plus grands projets assortis des budgets les plus conséquents n’ont parfois rien donné.

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