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mercredi, 04 février 2009

MONDE: Parler d’alimentation, encore et encore


Par IRIN

Les pays sont en quête de solutions à long terme au problème de l’insécurité alimentaire
JOHANNESBOURG, 30 janvier 2009 (IRIN) - Les premiers débats de la conférence onusienne de deux jours, organisée à Madrid, en Espagne, pour revoir les stratégies mondiales adoptées en vue de faire face à la crise des prix alimentaires, portaient sur le recoupement des programmes et la concurrence entre les agences des Nations Unies pour l’obtention des ressources, ainsi que sur la formation d’un partenariat mondial pour progresser dans les secteurs de l’agriculture et de la sécurité alimentaire.



A l’approche de la rencontre, l’organisation humanitaire britannique Oxfam et l’Action Group on Erosion, Technology and Concentration (ETC Group), qui collabore avec les organismes de la société civile, avaient exprimé des préoccupations sur l’appel de fonds des agences des Nations Unies, lancé de manière désorganisée, avaient-ils dit, et qui présentait des « recoupements visibles ».

Un des recoupements, selon Oxfam, concerne le Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale, mené par la Banque mondiale pour faire face aux prix élevés des vivres et financer l’aide alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies et les intrants agricoles ; et l’Initiative sur la flambée des prix des aliments, lancée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et centrée sur l’apport d’intrants agricoles.

Tous deux avaient sollicité des fonds séparément auprès des bailleurs.

« Il a été beaucoup question d’adopter une approche centrée sur les Nations Unies pour faire face à la crise, et d’une unification des Nations Unies, ce qui est rassurant », a déclaré Fred Mousseau, conseiller en politiques chez Oxfam, à la suite de la conférence.

« La plus grande difficulté n’est pas la duplication, mais la pénurie de ressources », a commenté David Nabarro, coordinateur du Groupe de travail de haut niveau (HLTF) du secrétaire général des Nations Unies sur la sécurité alimentaire mondiale.

Les membres du HLTF sont les directeurs des agences spécialisées, des fonds et des programmes des Nations Unies, des institutions de Bretton Woods et des services concernés du secrétariat des Nations Unies, qui ont « amélioré la coordination des politiques et des programmes, en particulier au plan national ».

M. Nabarro a noté que dans la plupart des pays, un cadre d’action sur la sécurité alimentaire avait été défini par le gouvernement et les bailleurs, et que « si des améliorations peuvent être apportées, globalement, cela fonctionne bien ».

La priorité, dans l’immédiat, a-t-il estimé, est « d’assurer que les ressources mises à la disposition des pays soient utilisées aussi efficacement que possible, et que les pays confrontés à des problèmes de sécurité alimentaire puissent se les procurer facilement. Il s’agit là d’une priorité fondamentale pour les pays qui ont des besoins immédiats à l’approche de la prochaine période des semailles, notamment le Kenya ».

Partenariat mondial

Deux propositions ont été débattues par les participants, afin de déterminer la meilleure structure à mettre en place pour permettre d’apporter des solutions à long terme à la crise des prix alimentaires : le HLTF a proposé un partenariat mondial qui engloberait les agences des Nations Unies, les gouvernements, les organisations non-gouvernementales (ONG) et le secteur privé ; la FAO a suggéré que le Comité des Nations Unies sur la sécurité alimentaire mondiale soit élargi.

« ...La priorité, dans l’immédiat, est d’assurer que les ressources mises à la disposition des pays soient utilisées aussi efficacement que possible, et que les pays confrontés à des problèmes de sécurité alimentaire puissent se les procurer facilement ... »
L’opinion est restée divisée et aucune décision n’a été prise. En revanche, les participants se sont entendus sur « l’importance d’engager un processus de consultation inclusif et global sur les différentes possibilités de formation d’un Partenariat mondial pour l’agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition », pouvait-on lire dans un communiqué publié sur le site de la conférence.

« L’idée a fait beaucoup de sceptiques, comme c’est [parfois] le cas lorsqu’on parle de créer une nouvelle structure », a expliqué Pat Mooney, directeur exécutif de l’ETC, notant qu’en 1974, pendant la crise alimentaire des années 1970, le Conseil alimentaire mondial avait été créé, qui n’avait jamais véritablement fonctionné, jusqu’à sa dissolution en 1993.

Selon Steve Jarrett, conseiller principal du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le partenariat mondial ne sera pas « une structure, mais plutôt une alliance globale d’agences des Nations Unies, d’ONG, de gouvernements et ?de sociétés du? secteur privé ».

« Aucune décision n’a été prise sur l’issue de la question ; seules quelques idées ont été suggérées par différents pays et circonscriptions, et il a été convenu qu’il faudrait organiser une consultation participative le plus tôt possible », a commenté M. Nabarro, expliquant que Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, avait été invité par l’Union africaine, l’Union européenne et le G8 (groupement des pays les plus industrialisés) à organiser les consultations sur les options de partenariats qui permettraient d’assurer des interventions efficaces face à la crise de sécurité alimentaire.

« En outre, on consulte actuellement les membres de la FAO pour définir le plan de lancement d’un processus intergouvernemental sur les volets agriculture et sécurité alimentaire d’un partenariat mondial ».

Des fonds pour l’aide alimentaire

Oxfam et l’ONG d’aide médicale Médecins sans frontières se sont félicités de l’engagement de l’Espagne, pays organisateur de la conférence, à consacrer 0,7 pour cent de son produit intérieur brut à l’Aide publique au développement (ODA), d’ici 2012.

Pour le moment, les bailleurs n’ont guère répondu présent, « mais cette conférence n’avait pas pour but de susciter des engagements », a tempéré M. Mousseau d’Oxfam. « Les pays touchés en Afrique et en Asie doivent eux aussi investir davantage dans l’agriculture ».


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