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vendredi, 23 janvier 2009

La crise en Côte d'Ivoire

Chronologie
1893 - 1960 : la période coloniale


Source :La documentation Francaise



1893

10 mars

Possession française depuis 1842 et devenue protectorat en 1889, la Côte d'Ivoire est érigée en colonie autonome. Louis Binger est le premier gouverneur et la capitale est Grand-Bassam, à l'est d'Abidjan.


1904

Fondation de l'Afrique occidentale française (AOF) à laquelle la colonie de Côte d'Ivoire est intégrée.

1933

Abidjan devient capitale de la colonie, à la place de Bingerville qui l'était depuis 1899.

1944

30 janvier - 5 février

La Conférence de Brazzaville prévoit la représentation des peuples d'outre-mer au Parlement français. Félix Houphouët-Boigny est élu l'année suivante député à la première Assemblée constituante française.

1946

11 avril

Vote de la loi abolissant le travail forcé, promue par Félix Houphouët-Boigny.

13 octobre

Création de l'Union française, composée de la République française, des territoires d'outre-mer - dont la Côte d'Ivoire fait partie - et des Etats associés.


Voyage du général de Gaulle en Côte d'Ivoire : le Général accompagné par Félix Houphouët-Boigny (à gauche) à Abidjan le 25 août 1958.
© Archives La Documentation française - Service d'information de Côte d'Ivoire.
1958

Août

Visite du Général de Gaulle, récemment arrivé au pouvoir, à Abidjan pour soutenir le "oui" au référendum de la nouvelle Constitution française qui prévoit le remplacement de l'Union française par la Communauté française et son ouverture aux colonies.

Septembre

99,9% de "oui" ivoiriens au référendum.

14 décembre

Proclamation de la République de Côte d'Ivoire, Etat autonome au sein de la Communauté française.

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1960 - 1993 : les années Houphouët

Le 27 novembre 1960, Félix Houphouët-Boigny devient le premier Président de la République de Côte d'Ivoire indépendante.
© Archives La Documentation française - Service d'information de Côte d'Ivoire.
1960

7 août

Proclamation de l'indépendance de la Côte d'Ivoire.

27 novembre

Félix Houphouët-Boigny, alors Premier ministre, est élu Président de la République. Il sera réélu à six reprises en 1965, 1970, 1975, 1980, 1985 et 1990. La première Assemblée nationale compte 70 députés issus du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), parti unique.

1961

24 avril

Signature d'un accord de défense entre la France et la Côte d'Ivoire. Il est complété par un accord d'assistance militaire technique signé le même jour et par cinq accords techniques signés entre 1965 et 1980.

1964

Adoption d'une série de réformes (abolition de la polygamie).

1965

7 novembre

Election des 85 députés du PDCI à l'Assemblée nationale. Quatre scrutins législatifs, en 1970, 1975, 1980 et 1985, conforteront la mainmise du parti unique présidentiel.

1970

Répression d'un soulèvement de l'ethnie Bété contre la domination économique exercée par les Baoulés, peuple auquel appartient Félix Houphouët-Boigny.

1979

Février

La visite du président guinéen Ahmed Sékou Touré scelle la réconciliation entre les deux pays, en conflit depuis le "non" guinéen au référendum organisé par la France en 1958 sur l'intégration à la Communauté française.

1982

9 février

Manifestations étudiantes, fermeture de l'Université et des grandes écoles. Leader de la contestation, Laurent Gbagbo crée l'embryon de ce qui deviendra le Front populaire ivoirien (FPI), principal opposant au PDCI, puis s'exile en France.


La basilique Notre-Dame-de-la-Paix à Yamoussoukro, dont l'architecture et le dôme s'inspirent de Saint-Pierre-de-Rome, a été achevée en 1989. Basilique la plus grande du monde, elle est le bâtiment le plus célèbre de cette petite ville du pays baoulé, devenue capitale politique de la Côte d'Ivoire.
© www.ivoireplus.com
1983

21 mars

Yamoussoukro, ville natale du Président située dans le centre du pays, devient la capitale de la République de Côte d'Ivoire.


1988

Septembre

Retour au pays de Laurent Gbagbo, exilé depuis six ans.

Novembre

Congrès constitutif du FPI.

1990

5 mai

Légalisation des partis politiques. 14 nouvelles formations sont officialisées.

28 octobre

Opposé pour la première fois à un candidat (Laurent Gbagbo), Félix Houphouët-Boigny est réélu avec 82 % des voix. Alassane Ouattara sera nommé Premier ministre.

25 novembre

Premières élections législatives pluralistes : le PDCI emporte 175 sièges alors que le FPI en enlève 8.

1992

18 février

A la suite d'importantes manifestations estudiantines, Laurent Gbagbo est arrêté et condamné le 6 mars à deux ans de prison. Il sera libéré le 1er août suivant.

1993

7 décembre

Décès du Président Houphouët-Boigny à l'âge de 88 ans. Le président de l'Assemblée nationale Henri Konan Bédié achève le mandat présidentiel, conformément à l'article 11 de la Constitution modifiée en 1990.

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1994 - 2002 : une succession difficile
1994

8 décembre

Adoption d'un nouveau Code électoral qui impose aux candidats aux élections de prouver leur ascendance et leur nationalité ivoiriennes.


1995

22 octobre

Henri Konan Bédié est élu Président de la République avec 96,44 % des suffrages devant le seul autre unique candidat n'ayant pas boycotté l'élection, Francis Wodié, du Parti ivoirien des travailleurs (PIT).

1997

Mai

Des troubles universitaires font suite aux manifestations menées par la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI), théoriquement dissoute en 1991.

8 août

Remaniement de la Constitution et du Code électoral.

1998

30 juin

Une nouvelle modification constitutionnelle renforce le pouvoir présidentiel. La campagne pour l'élection présidentielle de l'an 2000 annonce une dimension "ethnique" de la vie politique.

1999

24 décembre

A la suite d'un coup d'Etat, l'ancien chef d'état-major Robert Gueï destitue Henri Konan Bédié et prend le pouvoir. Il dissout les institutions républicaines et crée un Comité national de salut public (CNSP). L'opposant Alassane Ouattara, chef du Rassemblement des républicains (RDR), rentre de son exil en France.

2000

23 juillet

Une nouvelle Constitution est adoptée par référendum. Elle dispose que le candidat à l'élection présidentielle "doit être ivoirien de père et de mère eux-mêmes ivoiriens et qu'il ne doit pas s'être prévalu d'une autre nationalité", ce qui élimine Alassane Ouattara. Ce dernier se déclare néanmoins candidat le 29 juillet.

22-28 octobre

Après que Robert Gueï s'est proclamé élu à l'élection présidentielle du 22 octobre, de laquelle Alassane Ouattara fut exclu, des soulèvements populaires, auxquels se joint l'armée, aboutissent à la reconnaissance par la Commission électorale de la victoire de Laurent Gbagbo, investi le 26. Un charnier de 57 cadavres est découvert à Yopougon, dans la banlieue d'Abidjan.

4-10 décembre

Laurent Gbagbo décrète l'état d'urgence et impose un couvre-feu. Le parti présidentiel FPI remporte les élections législatives du 10 décembre avec 91 sièges contre 70 au PDCI ; le RDR d'Alassane Ouattara a boycotté le scrutin.

2001

9 octobre-18 décembre

Un Forum de réconciliation nationale réunissant tous les responsables politiques reconnaît la nationalité ivoirienne d'Alassane Ouattara ainsi que la légitimité du gouvernement de Laurent Gbagbo.

2002

5 août

Formation d'un gouvernement réunissant toutes les forces politiques du pays, dont le RDR d'Alassane Ouattara.

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Depuis 2002 : l'après 19 septembre
2002

19 septembre

Une tentative de coup d'Etat à Abidjan dégénère en soulèvement armé. Les villes de Bouaké et Korhogo, respectivement dans le centre et le nord du pays, tombent entre les mains de rebelles. Le général Robert Gueï est tué.


Les soldats français de l'opération "Licorne" ont d'abord été chargés de la sécurité des ressortissants étrangers.
© ECPAD/France
22 septembre

Arrivée des premiers renforts français pour assurer la sécurité des ressortissants étrangers. Le dispositif français, constitué à partir du 43e Bataillon d'infanterie de marine stationné à Port Bouët, près d'Abidjan, est baptisé "Opération Licorne".

29 septembre

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) crée un groupe de contact et décide l'envoi d'une force de paix.

Octobre

Les mutins, regroupés en un Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), déclarent leur intention de renverser le régime. Après des combats à Bouaké, un cessez-le-feu est signé le 17 et des négociations commencent le 30 entre les rebelles et le gouvernement.


Le groupe de contact envoyé par la CEDEAO arrive à l'aéroport de Yamoussoukro.
© ECPAD/France
28 novembre

Deux nouveaux groupes rebelles, le Mouvement populaire ivoirien du grand ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la justice et la paix (MJP), revendiquent la prise des villes de Man et Danané, à l'extrême ouest du pays.

Décembre

Des accrochages entre soldats français et rebelles font une dizaine de victimes chez ces derniers le 1er décembre. Un charnier de 120 cadavres est découvert le 5 du mois à Monoko-Zohi, dans l'ouest, par l'armée française, laquelle essuie une attaque du MPIGO le 29.

2003

15-26 janvier

La Conférence de Linas-Marcoussis réunit, près de Paris, l'ensemble des parties du conflit. L'accord signé le 24 janvier prévoit le maintien au pouvoir de l'actuel Président Laurent Gbagbo et un gouvernement formé de toutes les parties, y compris les rebelles qui obtiennent les ministères de la Défense et de l'Intérieur. Le sommet est conclu par une Conférence des Chefs d'Etat sur la Côte d'Ivoire organisée à Paris.


Ouverture de la réunion des forces politiques ivoiriennes, au Centre de conférences internationales de Kléber à Paris, le 15 janvier 2003.
© Frédéric de la Mure - Ministère des Affaires étrangères
4 février

Alors qu'éclatent à Abidjan des manifestations anti-françaises hostiles aux accords de Marcoussis, l'ONU autorise le déploiement de forces appartenant à la France et à la CEDEAO (résolution 1464, adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité). L'Opération Licorne est renforcée le 7, ce qui porte son effectif à 3 000 hommes.

27 février

Un rapport d'Amnesty international met en cause le MPCI dans le massacre à Bouaké, d'une soixantaine de gendarmes et de leurs enfants, le 6 octobre 2002.

8 mars

Rebelles et représentants des partis politiques s'accordent, au terme d'une réunion interivoirienne à Accra (Ghana), sur un point important de l'accord de Marcoussis : l'entrée au gouvernement des rebelles.

10 mars

Le Président Laurent Gbagbo délègue certains de ses pouvoirs au Premier ministre Seydou Diarra, nommé à l'issue de la Conférence de Marcoussis, dans 16 domaines et pour une durée de six mois renouvelables. Le chef de l'Etat nomme le 25 mars à titre intérimaire deux personnalités respectivement issues du FPI et du RDR aux ministères de la Défense et de la Sécurité intérieure.

3 avril

Les ministres issus des mouvements rebelles participent pour la première fois au Conseil des ministres, à l'occasion de sa troisième réunion depuis la formation du gouvernement de réconciliation nationale.

3 mai

Un cessez-le-feu est conclu entre les forces gouvernementales et les rebelles.

13 mai

Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1479 [.pdf, 104 Ko] qui crée "pour une période initiale de six mois, une Mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (MINUCI) avec mandat de faciliter la mise en œuvre de l'Accord de Linas-Marcoussis et comprenant une composante militaire (...), en complément des opérations menées par les forces françaises et celles de la CEDEAO". A côté d'une composante civile qui assistera le Représentant spécial du Secrétaire général, pour les questions politiques, humanitaires et de droits de l'Homme, le groupe de liaison militaire sera notamment chargé d'évaluer la situation militaire et d'assurer la liaison entre les différentes forces en présence.

4 juillet

24 heures après le commencement du déploiement de la MINUCI, "les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire et les Forces armées des Forces nouvelles" déclarent dans un communiqué commun la fin officielle de la guerre civile et appellent "toutes les personnes vivant en Côte d'Ivoire à suivre la voie de la paix". La situation reste néanmoins tendue dans le pays, toujours divisé par une ligne de cessez-le-feu entre le sud loyaliste et le nord contrôlé par les ex-rebelles.

25 août

Les autorités françaises annoncent avoir déjoué une tentative de coup d'Etat organisée depuis la France et arrêtent l'ancien putschiste Ibrahim Coulibaly, qui sera libéré en septembre.

21 octobre

Jean Hélène, journaliste de Radio France Internationale (RFI), est abattu à Abidjan. Son agresseur, le policier Théodore Séri, sera condamné en janvier 2004 à 17 ans de prison.

2004

27 février

Le conseil de sécurité de l'ONU vote la résolution 1528 [.pdf, 113 Ko] qui autorise le déploiement de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) pour une durée de douze mois. Formée de 6 240 militaires et de 350 policiers,cette force a pour mission d'observer le cessez-le-feu, d'aider au désarmement et au retour à la vie civile des combattants, de mettre en sûreté ou de détruire les armements confisqués, et de contribuer à la préparation de l'élection présidentielle prévue en 2005 par les accords de Marcoussis.

25 mars

Alors que toute manifestation de rue est interdite jusqu'au 30 avril (décret du conseil des ministres du 18 mars), une "grande marche pacifique" organisée par l'opposition à Abidjan pour protester contre le blocage des accords de Marcoussis, dégénère en affrontements avec les forces de l'ordre. Le bilan est de 37 morts, selon des sources officielles, et entre 350 à 500 d'après l'ancien président du PDCI, Henri Konan Bédié.
A la suite de ces événements les partis d'opposition annoncent leur retrait du gouvernement.

16 avril

Disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. L'entourage du président Gbagbo est mis en cause par la justice française.

3 mai

Une commission d'enquête de l'ONU sur les violences du 25 mars révèle l'implication de hautes autorités de l'Etat ivoirien dans la répression de cette manifestation qui a fait, selon le rapport, 120 morts.

19 mai

Le limogeage de trois ministres de l'opposition dont Guillaume Soro, le chef politique de la rébellion, ajouté aux démissions antérieures, réduit à 15 membres le gouvernement de réconciliation nationale, originellement fort de 44 personnes tel qu'issu des accords de Marcoussis.

30 juillet

Un sommet d'une dizaine de chefs d'Etat africains, sous la présidence de Kofi Annan, à Accra (Ghana) - dit Accra III -, dicte un échéancier pour une solution à la crise ivoirienne, sous peine de sanctions de l'ONU. Laurent Gbagbo promet d'étudier la réforme de l'article 35 de la Constitution, qui conditionne l'éligibilité à la présidence et empêche Alassane Ouattara de se porter candidat.

2 août

Découverte par les forces de l'ONUCI d'un charnier de 99 cadavres à Korhogo, au nord du pays, dans une zone contrôlée par la rébellion.

9 août

Le président Gbagbo ayant réintégré les trois ministres de l'opposition limogés le 19 mai, le gouvernement de réconciliation nationale se réunit au complet pour la première fois depuis quatre mois. Ce même jour Laurent Gbagbo signe un décret portant délégation au Premier ministre, au terme de l’article 53 de la Constitution, d'une partie de ses pouvoirs pour la mise en œuvre de l’accord de Linas-Marcoussis jusqu’en octobre 2005.

4-8 novembre

A la suite de bombardements par l'armée régulière les 4 et 5 novembre des positions défendues par les ex-rebelles à Bouaké (centre du pays) et à Korhogo (nord), auxquels les forces de l'Opération Licorne répondent, un raid de l'aviation ivoirienne lancé le 6 contre les troupes françaises à Bouaké fait 9 morts et 34 blessés parmi les soldats français. Après la riposte de l'armée française, qui détruit tous les aéronefs ivoiriens, des pillages et des manifestations anti-françaises à Abidjan conduisent Paris à renforcer de 600 hommes l'Opération Licorne.

10-18 novembre

Fuyant les exactions anti-françaises, 8 332 ressortissants, sur un total de 13 000, sont rapatriés en France.

15 novembre

Le Conseil de sécurité de l'ONU adopte à l'unanimité la résolution 1572 [.pdf, 48 Ko], dans laquelle il condamne les frappes aériennes conduites par l'armée ivoirienne, renouvelle son appui aux actions de l'ONUCI et des forces françaises, et décide d'un embargo sur les armes à effet immédiat ainsi que de mesures restreignant les mouvements et gelant les avoirs des personnes désignées par un comité créé à cet effet comme constituant une menace pour la paix dans le pays.

2005

6 avril

Réunis à Pretoria (Afrique du Sud) à l'initiative du président sud-africain Thabo Mbeki, les protagonistes de la crise signent un texte aux termes duquel ils s'engagent à la cessation immédiate des hostilités. Interrompu, le processus de désarmement doit reprendre le 14 avril. Il est proposé un plan de sécurité permettant le retour en Côte d'Ivoire de ceux des acteurs de la crise réfugiés à l'étranger, comme Henri Konan Bédié et Allassane Ouattara. Le texte prévoit le soutien de l'ONU pour assurer transparence et régularité aux élections générales prévues en octobre 2005.

14 mai

Un accord entre l'armée et les forces rebelles est signé le 14 mai aux termes duquel le désarmement des milices doit intervenir entre le 27 juin et le 10 août 2005. Il concerne 42 500 rebelles et 5 500 loyalistes. L'accord prévoit en outre la mise en place d'une armée "refondée et restaurée" à partir du 26 septembre. Par ailleurs des violences inter-ethniques font 70 morts les 1er et 2 juin. Pouvoir et opposition s'accusent mutuellement d'être à l'origine de ces massacres.

24 juin

Le Conseil de Sécurité adopte à l'unanimité la résolution 1609 [PDF, 50 Ko], qui proroge le mandat de l'ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire) et des forces françaises de l'opération "Licorne" jusqu'au 24 janvier 2006 et renforce numériquement les contingents. L'objectif est de lutter contre la stagnation du processus de paix et la tenue de l'élection présidentielle du 30 octobre 2005.

9 juillet

Le précédent calendrier de désarmement n'ayant pas été appliqué, un nouvel accord est signé à Yamoussoukro entre le gouvernement et les rebelles. Il est un préalable à l'organisation de l'élection présidentielle prévue le 30 octobre, et prévoit un calendrier au terme duquel 40 500 membres des Forces nouvelles (rebelles) et 15 000 miliciens à la solde du gouvernement devront déposer les armes entre la fin septembre et le 3 octobre 2005

30 septembre

Les chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) débattent de nouveaux moyens visant à faire progresser le processus de paix en Côte d'Ivoire en l'absence du président Gbagbo, qui avait récusé à l'avance la médiation de la CEDEAO. Ils indiquent en outre que l'Union africaine pourrait recommander des changements dans la composition du gouvernement ivoirien en cas de non tenue, le 30 octobre comme prévu, de l'élection présidentielle.

21 octobre

Le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 1633 [PDF, 46 Ko], qui maintient Laurent Gbagbo à son poste pour une durée n'excédant pas douze mois, l’élection présidentielle, prévue le 30 octobre, ne pouvant être organisée en raison de la persistance de la crise que traverse le pays. La résolution de l'ONU adjoint au président Gbagbo un Premier ministre doté de tous les pouvoirs nécessaires pour organiser un nouveau scrutin. Le 31 octobre, des manifestants rassemblés à Abidjan réclament le départ de Laurent Gbagbo. Le Groupe international de travail sur la Côte d'Ivoire qui a débuté ses travaux le 8 novembre a pour mission d'établir une feuille de route pour les élections prévues avant le 31 octobre 2006.

4 décembre

Le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), Charles Konan Banny est désigné Premier ministre par les médiateurs africains, les présidents nigérian Olusegun Obasanjo et sud-africain Thabo Mbecki. Il doit diriger un gouvernement de transition jusqu'en octobre 2006, où devrait se tenir la prochaine élection présidentielle selon la résolution 1633 adoptée le 21 octobre 2005 par le Conseil de sécurité de l'ONU. L'opposition et la rébellion ivoiriennes se félicitent de cette nomination.

28 décembre

Chargé de conduire le pays aux élections générales prévues fin 2006, le nouveau gouvernement constitué par le Premier ministre Charles Konan Banny marque le retour en force de l'opposition. Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), hérite de cinq portefeuilles, le Rassemblement des républicains (RDR) de l'opposant Alassane Ouattara se voit confier les ministères de l'Agriculture et de la Justice tandis que Guillaume Soro, chef des rebelles des Forces nouvelles (FN) reste au gouvernement, chargé de la reconstruction. Le Front populaire ivoirien (FPI) du président Gbagbo, qui ne conserve que deux ministères représentant des sources de financement, est considéré comme le perdant de ce remaniement ministériel.

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2006

20 août

Dans la nuit du 19 au 20 août, des centaines de tonnes de déchets toxiques provenant d'un navire grec, le Probo Koala, sont déchargés par la compagnie ivoirienne Tommy dans des décharges publiques d'Abidjan, provoquant la mort de dix personnes, 69 hospitalisations et plus de 100 000 consultations médicales. Le Probo Koala, affrété par la société multinationale Trafigura basée à Amsterdam, avait auparavant tenté de décharger sans succès les déchets aux Pays-Bas. Le 15 septembre, une Commission nationale d’enquête est mise en place par le Premier ministre et huit personnes sont arrêtées. Les opérations de dépollution et d’enlèvement des déchets débutent le 17 septembre.

16 septembre

A la suite de la démission, le 6 septembre, du gouvernement, en désaccord avec la gestion de la crise des déchets toxiques, le Premier ministre Charles Konan Banny présente au Président Gbagbo un nouveau gouvernement. Il comporte six changements – dont ceux des ministres des Transports et de l’environnement – par rapport au précédent gouvernement d'union nationale et conserve le même équilibre entre mouvance présidentielle, opposition et rébellion.

6 octobre

Un sommet se tient sous l'égide de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), visant à définir les modalités de la nouvelle transition, la précédente, décrite par la résolution 1633 adoptée par l'ONU en octobre 2005, arrivant à terme le 31 octobre. Le sommet recommande la prolongation d'un an du mandat du président Laurent Gbagbo et du Premier ministre Charles Konan Banny après le 31 octobre dans le cadre de la nouvelle transition.

1er novembre

Prenant acte "de l'impossibilité d'organiser des élections présidentielle et législatives à la date prévue et d'expiration du 31 octobre 2006", le Conseil de sécurité de l'ONU adopte à l'unanimité la résolution 1721 [PDF, 53 Ko], qui souscrit à la décision du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine selon laquelle "le président Laurent Gbagbo demeurera chef de l'État à partir du 1er novembre 2006 pour une nouvelle période finale de transition n'excédant pas 12 mois". Il approuve également la décision de proroger le mandat du Premier ministre, Charles Konan Banny, pour la même période et lui donne des pouvoirs élargis. Ce dernier aura en effet pour mandat de mettre en oeuvre toutes les dispositions de la feuille de route établie par le Groupe de travail international (GTI) et des accords conclus entre les parties ivoiriennes en vue de l'organisation d'élections d'ici au 31 octobre 2007 au plus tard.



2007

4 mars

A l'issue d'un dialogue entamé le 5 février à l'initiative du président Gbagbo, ce dernier signe avec le dirigeant rebelle Guillaume Soro un accord de paix prévoyant le départ des soldats français et des casques bleus de l'ONU après la formation d'un nouveau gouvernement de transition. L'accord prévoit la relance du processus d'identification et d'enregistrement des électeurs en vue des élections prévues fin 2007. En outre l'accord appelle les Nations unies et les soldats français de l'opération Licorne à supprimer la zone tampon qui sépare le Nord du pays aux mains des rebelles depuis septembre 2002 et le Sud contrôlé par les forces gouvernementales.

29 mars

Faisant suite à l'accord de Ouagadougou signé le 4 mars entre le gouvernement et les factions rebelles, le président Laurent Gbagbo nomme Guillaume Soro, chef des Forces nouvelles (FN, rébellion), au poste de Premier ministre, en remplacement de Charles Konan Banny, désigné en 2005 par la communauté internationale. Troisième Premier ministre en cinq ans de crise, Guillaume Soro devra régler les questions du désarmement, de la réunification et de l'organisation des élections d'ici à la fin de l'année.

29 juin

Une attaque à l'arme lourde visant l'avion du Premier ministre Guillaume Soro lors de son atterrissage à Bouaké, le 29 juin, fait quatre morts et des dizaines de blessés parmi la délégation. Le 12 juillet, le gouvernement ivoirien demande au Secrétaire général de l'ONU la mise en place d'une commission d'enquête internationale sur cet attentat.

30 juillet

Lors d'une cérémonie intitulée "Flamme de la paix", à laquelle ont assisté cinq présidents africains, le Président Laurent Gbagbo a brûlé symboliquement des armes dans un stade de football de Bouaké, l'ancien fief insurrectionnel, en compagnie de l'ex-rebelle devenu Premier ministre, Guillaume Soro. Cette cérémonie est censée marquer le début du processus de désarmement dont le détail reste à être accepté par les rebelles.

Commentaires

merci pour la chronologie que vous avez fait de l'histoire de la Côte d'Ivoire jusqu'a aujourd'hui mais seulement voila j'ai constaté que vous tait certains faits que moi je considère grave.
en effet vous avez parlé de 09 soldats morts à bouaké et de 34 blessés mais et vos frères (plus de 46) que la france à tué et les 2518 blessés qu'elle a faite?
pourquoi vous n'en parlé pas?ne sont ils pas des hommes eux aussi? des gens sans armes qui manifestaient et qui criaient leurs désaprobation contre l'acte injuste que venait de poser la france.comme le dit les autorités françaises; ils sont là à la demande de la cote d'ivoire alors si c'est la côte d'ivoire qui t'a apelé est-ce que tu l'as informé de ce qui venait de t'arriver ce 06 novembre 2004 avant de poser tout autre acte?
le deuxième point que je voulais soulevé est la résolution pondue par gti sur instigation de la france tendant à disoudre notre assemblée nationale et qui a vu là encore des ivoiriens se lever et dire non! parce que cela était injuste.là aussi il y a eu de nombreux morts et des dizaines de blessés mais là aussi silence et bouche cousue.
j'ai parlé seulement des morts et des blessés parce que c'est ce sur qu'oi vous avez mis assez l'accent. ce sont vos frères et soeurs qui ont été massacrés par ceux que la Côte d'Ivoire a apelé en application de l'accord de défense que vous avez cité plus haut.ou vous aussi vous réagissez comme vos leaders qui ont appréciés le fait que la france ai tué des ivoiriens.
moi quand j'étais à port-bouet le soir du six novembre 2004, on ne savait pas qui était rdr,fpi,pdci ou autres; on ne savait pas non plus qui était du nord, de l'est, du sud ou autre idem pour la sortie contre le gti de pièrre schori.alors la Côte d'ivoire de demain doit nous revenir alors évitons de suivre les éreures de nos devanciers

Écrit par : paul guema | samedi, 14 février 2009

Bonjour a toi cher frere et ami Guema,

C'est un plaisir toujours renouvélé pour nous de vous compter parmi nos internautes. Surtout l'esprit du bon ton adopté nous fait croire l"education et l"esprit du respect d"autrui est une pratique chez Mr.Guema.


Pour la remarque sur les chiffres et faits rapportés dans le chronogramme, vous remarquerez que la source est bien indiquée, la source est explicitemment citée.

Chronologie 1893 - 2007 : Source :La documentation Francaise

Ce qui nous guide c'est avoir à porter de mains des traces vérifiables d'evenements qui nous concernent tous.

Toutes ressources permettant de synthetiser les faits politiques recents nous sont tous utiles pour mieux comprendre le présent et apprehender le futur avec clarté.
Les faits ne changent pas selon le positionnement politique mais plutot selon l"analyse,le commentaire fait sur ces faits.

Voila que vous sorter des faits utiles à la comprehension de certains evenements et la valeur du present document.
Vive les echanges pour une verite plus objective.

Toute mort humaine merite consideration et toutes les victimes de la longue crise politique, ensuite politico-militaire du pays depuis 2000 sont autant de sacrifices qu"on aurait pu,aurait du eviter.
Faisons nous autres vivants jeunes ivoiriens que ceux la ne soient pas parti pour rien!
Pas surtout une nation de jeunes martyrs,pas du tout!
Je le souhaite sincerement, cher ami Guma.Et que crois vous le souhaitez autant!

Ces pertes en vie humaines, pour la plupart jeunes, est une perte énorme pour des familles endeuillées, pour la jeunesse en tant que batisseurs futurs du pays,pour toute la Cote d'Ivoire. Quleque que soit le bord politique, l'origine ethnique.

Nous du RJR savons ce qu'est la mort d'un ami, d'un proche, d'un voisin,d'un militant et vous conviendrait avec moi que cela revolte surtout que ces jeunes ne demandaient autre chose que de vivre libres de leurs choix pour le destin du pays, de leur pays.

Une mort est de trop!Plusieurs est revoltant! est masse est ecoeurant!
Seule l"acceptation de nos difference au sein d'une nation unie sera le gage d'une paix ,le gage de la possibilité de vivre en harmonie, le gage du vivre ensemble.
Ne sommes nous pas condamnés à vivre ensemble?
Merci pour ton commentaire et à bientot!

Écrit par : admin rjr yopougon | dimanche, 15 février 2009

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