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dimanche, 11 janvier 2009

Les étudiants ivoiriens abandonnés manifestent pour 1, 21 milliard de Fcfa

Etudiants ivoiriens en France : Les étudiants abandonnés manifestent pour 1, 21 milliard de Fcfa
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Les étudiants boursiers en France ont pris d'assaut les locaux de l'ambassade de Côte d'Ivoire, le jeudi dernier, pour manifester leur mécontentement pour non paiement de leur bourse et des droits d'inscription. Pour un milliard vingt et un millions huit cent mille (1 021 800) francs CFA la formation des cadres ivoiriens est reléguée à la bassesse. Un milliard vingt et un millions huit cent mille (1 021 800) francs CFA. C'est la somme qu'il faut pour régler le problème de bourse et du paiement des droits d'inscription des étudiants boursiers en France. A entendre, la somme paraît énorme.





Mais quand on a des enseignants, censés de se soucier des problèmes de formation, au pouvoir, quand on sait que d'un claquement de doigt depuis le fin fond de sa cellule de la MACA, Angéline Kili peut trouver cette somme, quand on sait aussi qu'en sortant de salle de bain, Léon Emmanuel Monnet peut sauver la situation, sans oublier les soixante milliards de fonds de souveraineté de Laurent Gbagbo, on comprend aisément que l'éducation et la formation des cadres n'est pas trop au programme des enseignants refondateurs. Et partout ce sont les ambassades de Côte d'Ivoire qui sont assiégées par les étudiants ivoiriens qui se sentent abandonnés par les autorités de leur pays. Le jeudi dernier, ce sont les locaux de l'ambassade de Côte d'Ivoire en France qui ont été pris d'assaut par les étudiants. Quatre mois d'arriérés de bourse, trois ans de droit d'inscription non payés, des étudiants menacés d'expulsion de leur chambre dans les cités universitaires, des filles qui sont obligées de se livrer au plus vieux métier pour joindre les deux bouts, bref ! Nous ne pouvons pas finir d'égrainer le chapelet de problèmes que vivent les étudiants ivoiriens en France. " Nous avons interpelé à plusieurs reprises l'ambassadeur sur les difficultés que nous rencontrons. Mais rien n'est fait. C'est pour cela que nous avons décidé de manifester devant l'ambassade pour nous faire entendre ", explique M. Adou François, le président des Etudiants boursiers ivoiriens en France. Mais comment en sommes-nous arrivés là ? " Tous les jours, explique l'ambassadeur Pierre KIPRE, nous sommes sur le dos du trésor ivoirien. Parce que la France est le lieu de passage de tous les Ivoiriens. C'est la vitrine la Côte d'Ivoire à l'extérieur. Aussi bien pour les bourses que pour le salaire des diplomates que pour le fonctionnement de l'ambassade, c'est la course poursuite tous les jours. C'est ce que nous essayons d'expliquer à ces jeunes étudiants. Malheureusement, poursuit-il, ils pensent que l'argent arrive d'Abidjan et que c'est l'ambassadeur et ses collaborateurs qui le bloquent. " Le blocage se trouve donc au niveau de la trésorerie ivoirienne. C'est d'ailleurs ce qui a été au centre des échanges à l'audience que l'ambassadeur a accordée à la délégation des étudiants dans son bureau. Au cours de cette rencontre, l'ambassade a fait la promesse de tout mettre en œuvre pour commencer le déboursement de cette somme. " Il y a une première tranche qui arrive demain (Ndrl : vendredi 21 novembre 2008), une deuxième tranche pour le 27 novembre prochain et une troisième dans la semaine suivante ", a indiqué l'ambassadeur. Une promesse que les étudiants prennent avec assez de précaution. "On nous fait toujours les mêmes promesses et rien ne bouge. Mais nous osons espérer que cette fois-ci sera la bonne ", estime le président des étudiants. En tout cas, de son côté, l'ambassade tient à honorer cette promesse : " Tous les états sont déjà prêts. Dès que la banque nous annonce que l'argent est arrivé. Si c'est à 10 heures, à 11 heures on dépose tous les documents et tout est fait immédiatement. Parce que d'abord, beaucoup de ces jeunes appartiennent à des familles qui n'ont pas de ressources importantes. Donc les parents ne peuvent pas se substituer à l'Etat. Ensuite, il y en a pour qui les établissements nous envoient des fax tous les jours pour nous signifier que nos compatriotes leur doivent de l'argent ", a promis l'ambassadeur.
Il faut rappeler qu'il y a deux cent quarante quatre (244) étudiants boursiers ivoiriens en France. Les bourses et les frais d'inscription de ces derniers s'élèvent à un milliard vingt et un millions huit cent mille (1 021 800) francs CFA.
Eugène YOBOUET
Correspondant à Paris


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