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lundi, 22 décembre 2008

Sommet de la Cedeao et la crise mondiale

Sommet de la Cedeao : Une stratégie régionale pour minimiser les risques de la crise mondiale sur l’économie

FRAT MAT Dernière mise à jour : 21 Dec 2008 - 23:42 GMT


Le rideau est tombé, à Abuja, au Nigeria, sur le 35e sommet des chefs d’état. Des perspectives pour un développement harmonieux de la sous-région ont été dégagées.


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La crise économique mondiale pourrait saper le processus de redressement économique de l’espace Cedeao. En vue de minimiser les risques sur l’économie de ses pays membres, les Chefs d’Etat et de gouvernement réunis au 35e sommet ordinaire de la Communauté à Abuja, au Nigeria ont lancé, au terme de leurs travaux, un appel pour la mise en place d’une stratégie régionale. Ils se sont, de fait, appesantis sur le renforcement de la gestion et des réformes structurelles de leurs économies.




Etant entendu que la crise économique mondiale pourrait, par ailleurs, entraîner une baisse accélérée de l’investissement direct en provenance de l’étranger et des transferts d’argent par les travailleurs migrants. Sans compter une chute des prix des matières premières, pilier de l’économie de nombre des Etats membres de la Cedeao.



A Abuja, un autre appel a été lancé en faveur d’une gouvernance économique mondiale améliorée et l’Afrique a été exhortée à s’impliquer davantage dans les initiatives mondiales en cours et prendre part aux réunions sur les questions monétaires et de développement. Afin de relever des défis qui s’imposent.



La sécurité alimentaire et l’offensive alimentaire régionales à mener pour combattre la faim préoccupent les dirigeants africains. Aussi, ont-ils invité les Etats membres de la Cedeao, à finaliser l’élaboration de leurs programmes nationaux d’investissement agricole. Toutefois, ils ont reconnu que d’énormes ressources sont requises par le secteur et appelé à un dialogue structuré entre la Cedeao et ses partenaires. En ce qui concerne le financement de l’agriculture et la mise en œuvre de la politique agricole commune de la Cedeao (Ecowap).



Le trafic et la consommation de drogue avec son corollaire de crimes organisés deviennent inquiétants dans la sous-région. Une réponse structurée face à cette situation doit en conséquence être trouvée. Le sommet a donc instruit la Commission de la Cedeao de l’élaboration d’un plan de lutte à cet effet. Les partenaires au développement devront être sollicités pour le soutenir. Les Chefs d’Etat ont, du reste, approuvé le plan stratégique quinquennal 2009-2013 de l’Organisation ouest-africaine de la santé (Ooas).



Des négociations sont actuellement en cours sur l’Accord de partenariat économique (Ape) entre l’Union européenne et l’Afrique de l’ouest en vue de la création d’une zone de libre échange entre les deux communautés. Le 35e sommet de la Cedeao a souhaité l’accélération de ces négociations. Pour permettre la signature, au plus tard en juin 2009, d’un accord détaillé.



Au plan politique, la question de la paix et la sécurité régionales notamment en Côte d’Ivoire, en Guinée, Guinée-Bissau, au Mali et au Niger a été passée en revue par le sommet. Qui s’est félicité de l’évolution du processus de paix en Côte d’Ivoire.



Les domaines de l’environnement, de la gestion des ressources en eau, du code des investissements communautaires, de la politique en faveur de la jeunesse et de la création de l’Institut régional de l’Afrique de l’ouest pour l’intégration régionale n’ont pas été occultés par la réunion d’Abuja. Pour ces domaines, les Chefs d’Etat et de gouvernement ont signé dix Actes additionnels.



Au début du mois de janvier 2009, des juges de la Cour de justice de la Communauté en fin de mandat quitteront cet organe. La conférence a donc approuvé la nomination de trois nouveaux juges pour le renouvellement de la Cour. Il s’agit des Honorables Mme Médégan Clotilde Nougbodé du Bénin, Benfeito Mosso Ramos du Cap-Vert et Eliam Monsedjoueni de Côte d’Ivoire. Qui serviront pour un mandat de quatre ans renouvelable.



Ernest Aka Simon



Envoyé spécial à Abuja (Nigeria)



De la contribution des femmes



La Plateforme des femmes leaders pour la paix et le développement durable en Afrique de l’ouest veut apporter sa contribution aux efforts d’intégration sous-régionale des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao.



A Abuja, en marge du sommet, elle a fait, à cet effet, quatre recommandations basées sur l’agriculture et la politique.



Au plan agricole, les femmes de l’Afrique de l’ouest préconisent le renforcement de l’implication des organisations de femmes dans la formulation et la mise en œuvre des programmes d’investissement agricoles. En conséquence, elles recommandent la mise en place d’un Fonds de solidarité pour le financement des activités économiques des femmes dans ce secteur.



En tenant compte de la liste régionale des produits agricoles sensibles, la Plateforme des femmes leaders appelle au réexamen de la classification actuelle de tous les produits agricoles dans les quatre catégories de droit de douane et une cinquième bande tarifaire de 50%.



En ce qui concerne la politique, elle réitère le vœu d’être partie prenante dans toutes les négociations en faveur de la paix dans l’espace Cedeao. Et insiste pour la mise en œuvre «effective et totale» de la libre circulation des personnes et des biens.



E.A.S



Option : Humilité et démocratie



Le Président de la République du Ghana, John Kufuor, après le sommet de l’Union africaine à Charm-el Cheir en Egypte, et avec le sommet de la Cedeao, qui vient de s’achever à Abuja au Nigeria, a fait ses adieux à ses pairs. Parce qu’à l’issue du second tour la présidentielle dans son pays, le 28 décembre prochain, on connaîtra son successeur légitime. Mais John Kufuor part avec le sentiment du devoir accompli tout en ayant en objectif la mission qu’il doit continuer au service de son pays et de l’Afrique. Parce que pour lui sa mission ne prend pas fin avec son second et dernier mandat présidentiel et ses charges politiques : «Après mon retrait de la vie politique, je serai prêt à travailler pour le Ghana et pour la sous-région». Mieux, le missionnaire, qu’il a été au service de l’Etat au nom du peuple, se sent toujours une âme de soldat et d’ouvrier, bien que redevenu un citoyen ordinaire : «J’ai encore du travail à faire à la maison, je n’ai pas fini».



Quelle belle leçon de patriotisme ! Quel bel enseignement de démocratie ! Kufuor pendant 8 ans, a dirigé le Ghana au plus haut niveau et il passera le témoin en respect des dispositions de la Constitution de son pays qui limite les mandats présidentiels à deux. Kufuor aurait pu tenter avec la majorité à l’assemblée (comme d’autres) un passage en force, que non ! Parce qu’il aime le Ghana qui depuis l’assassinat de Nkrumah a vécu dans une instabilité politique chronique. Mais qui depuis l’avènement de Rawlings au pouvoir a renoué avec la pratique démocratique et est devenu un modèle d’alternance démocratique. Kufuor part et entend se mettre au service de son pays, à tous les niveaux, pour soutenir les efforts du nouveau Président de la République. Lequel veut à son tour ajouter une autre pierre à l’édification du Ghana.



Alpha Oumar Konaré, revenu de sa mission à l’Union africaine est rentré au Mali et va reprendre ses activités politiques comme tout autre citoyen pour faire avancer la démocratie dans son pays.



Il faut souhaiter pour l’Afrique que ces exemples ne soient plus de simples exceptions, mais témoignent de la maturité politique des élites politiques. Car, c’est bien souvent que nous sommes émerveillés par les exemples que nous donnent l’Amérique et les Américains au nom de leur démocratie et de leur patriotisme. Al Gore, donné pratiquement même vainqueur, a pu se plier au verdict des urnes après un long mois de décompte au finish manuel des bulletins de vote. John McCain a compris le sens du vote américain et entendu son appel avec l’élection de Barak Obama. Il l’a félicité. Hilary Clinton, qui pendant les primaires, a livré un duel sans merci à Obama, vient d’accepter, comme Secrétaire d’Etat, de travailler à ses côtés pour l’Amérique. Bush père a accepté de faire la médiation en Irak pour l’Amérique en vue d’aider à régler des problèmes dans certaines parties chaudes du monde. Bill Clinton va bientôt servir comme médiateur lui aussi en Irak, à la demande du nouveau président qui aura à gérer plusieurs blocs dans un monde en pleine ébullition. John Kerry, initialement pressenti comme Secrétaire d’Etat et candidat malheureux de la présidentielle contre Bush, ne va pas échapper à ce devoir. C’est la marque des grands politiques, des grands patriotes qui trouvent sacrés le pays et ses intérêts avant toutes leurs ambitions personnelles.



Merci Kufuor de nous enseigner la politique comme service et de nous renvoyer à l’esprit l’humilité comme son essence.



Par Franck A. Zagbayou



La démocratie ghanéenne séduit le sommet



La tenue du premier tour des élections au Ghana a séduit le 35e sommet de la Cedeao. Le président sortant de cette institution sous-régionale a donné, vendredi dernier le ton au Palais des congrès de Nicon Transcorp Hilton.



Ouvrant la série des allocutions, le président burkinabé Blaise Compaoré a rendu, au nom des Chefs d’Etat et de gouvernement présents au sommet « un vibrant hommage » au Président John Kufuor. Pour la transparence des élections dont le second tour aura lieu le 28 décembre prochain. Blaise Compaoré a évoqué, de fait l’ «enracinement» de la démocratie au Ghana.



Comme pour certifier l’observation de son prédécesseur, le nouveau président en exercice de la Communauté pour un mandat d’un an, le Président et Commandant-en-chef des Forces armées de la République fédérale du Nigeria, Umaru Musa Yar’Adua a réitéré l’hommage. Il a souligné que l’organisation d’élections propres au Ghana sont un exemple à suivre dans l’espace Cedeao.



Quand arrive à la tribune le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’ouest, SEM. Saïd Djinnit, c’est la sous-région qui est honorée par l’organisation de ces élections partielles ghanéennes. «L’organisation d’élections transparentes au Ghana, a-t-il indiqué, explique la volonté de la sous-région à maintenir la paix et la démocratie»



John Kufuor, pendant ses deux mandats, a consolidé les jalons de cette démocratie. Ce que le président de la Commission de la Cedeao, Mohamed Ibn Chambas a apprécié. Au point de noter que sous l’ère Kufuor, «le Ghana a connu une croissance qui fait dire qu’il est un pays émergeant dans la sous-région».



Auréolé par tant d’hommages devant ses pairs, le président sortant du Ghana a tenu son discours d’adieu. «Avec tristesse et satisfaction», dans un ton solennel. Il se rappelle comme hier de l’honneur que lui ont fait les Chefs d’Etat de la Cedeao en lui confiant la présidence de l’organisation, il y a quelques années. Aujourd’hui, John Kufuor pense que grâce à leur soutien et à l’appui des partenaires au développement, le vent de la démocratie et du développement commence à souffler sur la sous-région.



Tout n’est pas rose pour la région, à la lecture du Président John Kufuor. Qui a demandé beaucoup de vigilance dans l’espace Cedeao pour la sécurité avec la circulation des armes légères. Néanmoins, il note un espoir. «L’ accord de Praia (Cap Vert) sur la lutte contre le trafic illicite de drogue, l’initiative d’un développement durable ne pourront être efficaces, conseille-t-il, que s’il y a des élections libres et transparentes».



Le premier tour de celles qui s’organisent dans son pays et des législatives en Guinée Bissau, même si une tentative de coup d’Etat est intervenue quelques semaines après, prouvent, selon John Kufuor, que des efforts sont faits dans le sens d’un bonne démocratie.



Certains dirigeants n’ont pas ménagé leurs efforts pour que la démocratie dans la sous-région amorce son envol. Pour le président ghanéen, «leurs efforts ne seront pas vains».



En effet, un Conseil de médiation et de sécurité au sein de la Cedeao s’est tenu le 27 novembre dernier, à Ouagadougou au Burkina Faso. Les membres de ce Conseil, qui oeuvrent pour l’avènement d’une démocratie juste, ont examiné, entre autres, les questions relatives aux élections qui se sont tenues au Bénin, en Sierra Leone et en Guinée Bissau au cours de l’année 2008. De celles du Ghana dont le premier tour a eu lieu le 7 décembre dernier, et également de celles à venir de la Côte d’Ivoire et de la Guinée.



A Ouagadougou, les participants au Conseil de médiation et de sécurité ont planché sur la situation au nord du Mali et au nord du Niger, pour laquelle une Conférence sur la sécurité, la paix et le développement des pays sahélo-sahariens était en préparation dans la région du Sahel.



Les jeunes ambassadeurs volontaires provenant des pays de la sous-région ne veulent pas rater le train de la démocratie. Ils ont élaboré pour ce faire, un projet pilote, le Programme des jeunes ambassadeurs de la Cedeao pour la paix (Eyap) veut se dérouler. Afin de permettre à ses membres de contribuer, positivement, au développement et à la paix nationale ainsi qu’à la réalisation de la Vision 2020 de la Cedeao.



Ernest Aka Simon



Envoyé spécial à Abuja (Nigeria)



Focus/ Transport et énergie : Les plans de Gbagbo et de Vieira



Le 34e sommet de la Cedeao de juin 2008 avait demandé aux Présidents Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire et Joao Bernardo Vieira de la Guinée-Bissau de réfléchir sur les problèmes de transports et d’énergie pour que les Etats de la Cedeao se dotent d’un plan. Afin de pallier le manque de moyens de transport, surtout aérien, et les coupures d’électricité auxquelles la région est abonnée.



Les plans d’action proposés par les présidents ivoiriens et bissau-guinéen ont été approuvés. Ils présentent de nouvelles stratégies visant à combler le déficit infrastructurel en Afrique de l’ouest. Toute chose qui pourrait stimuler le développement et l’intégration de la région. Ces plans appellent, à travers un partenariat public/privé, à des investissements massifs dans les domaines de la construction des routes, des transports aérien, maritime et ferroviaire, et de l’énergie.



A cet effet, un plan d’action conjoint Cedeao/Uemoa sur les projets prioritaires régionaux a été adopté. De même que la création d’un centre régional des énergies renouvelables et de l’éfficacité énergétique qui sera basé à Praia, au Cap Vert. Quand Accra, la capitale ghanéenne accueillera l’Autorité régionale de la régulation de l’énergie électrique de la Cedeao.



E.A.S



Repères



EXODE. Les fêtes de Noël et du nouvel an au village sont assez prisées au Nigeria. Conséquence, un véritable «exode» s’opère des villes, notamment Lagos et Abuja vers la campagne.



ELECTRICITE. L’une des plaies de la capitale politique du Nigeria, Abuja, est la coupure intempestive d’électricité. Elle peut intervenir toutes les demi-heures, si ce n’est toutes les cinq minutes. La ville, avec les poteaux électriques qui embellissent ses rues, est en majorité plongée dans l’obscurité.



PARTICIPATION. La participation du président ghanéen, John Kufuor, aux travaux du sommet a été plus brève que celle de ses pairs. Arrivé au moment où la cérémonie de clôture devait s’achever, il a été le premier chef d’Etat à quitter Abuja.



BIZARRE. Bizarre. Joint par téléphone parce qu’absent du parking, le chauffeur du véhicule qui devait transporter l’équipe de la télévision ivoirienne de l’hôtel à l’aéroport d’Abuja pour l’arrivée du Chef de l’Etat ivoirien n’a pas daigné se présenter. Raison, son «patron lui a demandé de ne pas travailler». Heureusement pour nos confrères, un conducteur de taxi a pu sauver la situation.

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