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samedi, 20 décembre 2008

Les producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire ont décidé de passer à l’offensive.

Café-cacao / Exclusion de la filière et fiscalité excessive
Les producteurs portent plainte contre l’ordonnance de Gbagbo

Les producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire ont décidé de passer à l’offensive.



En effet ils ont, hier, au siège de l’Anaproci (Association nationale des producteurs de Côte d’Ivoire), à Cocody-II Plateaux par le biais de Me Narcisse Aka, avocat du barreau de Côte d’Ivoire et avocat de la coordination nationale des délégués départementaux de la filière café-cacao (Cndd), porté plainte contre l’ordonnance n° 2008-259 du 19 septembre 2008 du président Laurent Gbagbo.

Cette ordonnance stipule que ‘‘l’exercice des pouvoirs dévolus à la Bourse du café et du cacao (BCC), à l’Autorité de régulation du café et du cacao (Arcc), au Fonds de régulation et de contrôle (Frc) et Fonds de développement et de promotion des activités des producteurs de café-cacao (Fdpcc), est désormais confié à un comité de gestion de la filière assisté d’un organe technique, le secrétariat permanent’’.
Lors de cette conférence de presse, Me Aka a indiqué la mise en place de mesures conservatoires, à travers un système de gestion pour une période transitoire de sept mois paraît innoportune. Car ‘‘ce système conçu dans l’urgence exclut manifestement les producteurs de café-cacao de la gestion de leur filière et n’apporte aucune solution à la paupérisation croissante des masses paysannes de sorte qu’il convient d’envisager un certain nombre de résolutions’’.

Les producteurs à travers Me Aka déplorent les décisions unilatérales prises par le gouvernement sans aucune concertation avec les structures représentatives des producteurs, notamment les délégués départementaux et régionaux, régulièrement élus, dans le cadre d’un processus appuyé par l’Etat et les partenaires au développement. Selon Me Aka, les délégués élus ont été injustement écartés au profit de personnes choisies de façon discrétionnaire par le pouvoir exécutif.
Les producteurs eux ne sont nullement représentés dans les organes, chose déplorée par la Banque mondiale. C’est donc un retour au monopole de l’Etat qui ne règle pas la question de paupérisation des producteurs, eux qui, ne bénéficient que de 40% de leurs revenus. Alors qu’au Ghana et au Nigeria ce sont respectivement 70% et 90% qui reviennent à ces producteurs.
Une fiscalité excessive qui ne profite pas aux producteurs. Aussi, les producteurs désapprouvent-ils l’ordonnance susmentionnée ainsi que les différents décrets d’application.
Ils revendiquent le droit d’être associé aussi bien à la gestion de la filière qu’à toutes les initiatives tendant à une relecture du cadre institutionnel, interpellent l’Etat et les partenaires au développement, s’engagent à saisir la Chambre administrative de la Cour suprême d’un recours pour excès de pouvoir. Afin d’obtenir le retrait de l’ordonnance et des décrets litigieux. Demandant le retrait de cette ordonnance.
Ils décident également de saisir la Commission nationale des droits de l’homme et la Cour de justice de la Cedeao sise à Abuja pour les atteintes au principe d’égalité devant la loi, notamment les discriminations entre les planteurs et au droit à une rémunération équitable et satisfaisante.
Jean Eric ADINGRA

Commentaires

la cacaoculture, bien qu'elle est un des pilliers essentiels du pays, a des repercution sur la biodiversité et les ressources naturelles.
pour plus d'information, consulter mon memoire de DEA portant sur l'impact de la cacaoculture sur la flore et la végétation en zone de forêt dense humide semie-décidue: Cas du Département d'Oumé.

Écrit par : KONAN Djézou | lundi, 10 août 2009

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