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vendredi, 19 décembre 2008

Prison à vie pour le "cerveau" du génocide rwandais



Plus de 14 ans après la fin du génocide rwandais, qui a fait environ 800.000 morts selon l'Onu, la justice continue de faire son travail. Jeudi, le colonel Théoneste Bagosora, présenté comme le "cerveau" du génocide, a été condamné à la prison à vie au terme d'un procès phare du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui siège à Arusha, au nord de la Tanzanie.
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Deux autres accusés, l'ex-commandant des opérations dans le secteur militaire de Gisenyi, le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, et le chef du bataillon para-commando dans la zone de l'aéroport de Kigali, le major Aloys Ntabakuze, ont été condamnés à la même peine, également pour "génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre". Le tribunal a en revanche acquitté le quatrième accusé du procès, l'ancien responsable des opérations militaires à l'état-major de l'armée, le brigadier général Gratien Kabiligi, et "a ordonné sa remise en liberté immédiate".


Surnommé le "colonel de l'apocalypse", Théoneste Bagosora, un Hutu de 67 ans, ex-directeur de cabinet au ministère de la Défense, a été présenté comme le "cerveau" du génocide par le parquet tout au long d'un procès débuté en 2002 et lors duquel 242 témoins ont été entendus. La chambre a considéré qu'il dirigeait de facto l'armée rwandaise après le 6 avril 1994 et l'attentat contre l'avion du président rwandais hutu Juvénal Habyarimana - qui a servi de détonateur au génocide -, dans lequel le chef d'état-major de l'armée rwandaise, le colonel Déogratias Nsabimana, a également péri. Le tribunal a conclu à sa responsabilité dans les assassinats ciblés de différentes personnalités politiques par des éléments de l'armée rwandaise, dont le Premier ministre de l'époque, Agathe Uwilingiyimana, perçue comme trop modérée par la frange extrémiste du régime hutu.

La chambre l'a également jugé coupable pour son implication dans les massacres de Tutsi à des barrages routiers à Kigali et dans sa région de Gisenyi et dans l'assassinat de dix Casques bleus belges le 7 avril dans un camp militaire de Kigali. Pour l'accusation, l'assassinat de ces derniers visait à provoquer le retrait de la force de l'Onu afin de laisser le champ libre à la mise en oeuvre des massacres. Le 13 avril, la Belgique, dont le contingent était le mieux équipé et le plus efficace de la Mission des Nations unies au Rwanda, avait par la suite annoncé au Conseil de sécurité le retrait ses troupes. Selon l'accusation, le colonel Bagosora avait annoncé en 1993, en claquant la porte des négociations avec la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais, aujourd'hui au pouvoir à Kigali, qu'il retournait au Rwanda pour "préparer l'apocalypse". Théoneste Bagosora, qui clame son innocence, a toujours refusé de qualifier de génocide les événements de 1994, et nie avoir jamais prononcé ces paroles.

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