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vendredi, 19 décembre 2008

DECLARATION DU RHDP

Le jeudi 18 décembre 2008, s’est tenue à Abidjan, de 12 h 45 à 14 h 40, la Conférence des Présidents des Partis membres du RHDP.

Ont participé à cette conférence :

M. Henri konan Bédié, Président du PDCI-RA,
M. Alassane Dramane Ouattara, Président du RDR
M. Innocent Anaky Kobéna, Président du MFA
M. Albert Mabri Toikeuse, président de l’UDPCI



Au cours de cette rencontre, les présidents, assistés du Directoire du RHDP élargi aux directions de leurs partis respectifs, ont procédé à une analyse approfondie de la situation socio-économique et politique de notre pays, du processus de sortie de crise ainsi que des questions relatives au fonctionnement du RHDP.


1- SITUATION SOCIO-
ECONOMIQUE ET POLITIQUE
I.1. SITUATION SOCIO-
ECONOMIQUE

La Conférence des Présidents rappelle, que la Côte d’Ivoire a été pendant de longues années, une vitrine économique grâce à une dynamique politique de croissance. Elle relève avec tristesse qu’aujourd’hui, le front social est en ébullition, la pauvreté est grandissante dans notre pays : un Ivoirien sur deux et dans certaines régions, deux Ivoiriens sur trois vivent en dessous du seuil de pauvreté. Cette proportion très élevée signifie pour tous ces compatriotes, l’impossibilité de se nourrir correctement de se soigner, de se former et même, de rêver d’un avenir meilleur.
La Conférence des Présidents, lors de sa dernière réunion, avait dénoncé la mauvaise gouvernance dans laquelle le régime FPI a installé le pays depuis huit années.
La Conférence des Présidents apporte donc son soutien total aux acteurs sociaux, qui luttent tous les jours contre le blocage des salaires, la pauvreté et la misère.
La Conférence des Présidents assure le peuple de Côte d’Ivoire de sa détermination à faire reculer la pauvreté et à améliorer sensiblement les conditions de vie des populations, par une politique responsable, transparente et cela, dès que le peuple ivoirien aura confié le pouvoir au RHDP à l’issue des consultations électorales à venir.

I-2. SITUATION POLITIQUE

Depuis quelques années, la Côte d’Ivoire vit une situation particulière qui se caractérise par la fin constitutionnelle du mandat du président de la République, Chef de l’Etat, depuis le 30 octobre 2005 ;
La non tenue des élections générales pour la quatrième année consécutive ;
L’expiration depuis fin Décembre 2005, du mandat de l’Assemblée Nationale ;
L’illégitimité de la Cour Suprême et du Conseil Constitutionnel.

Au regard de ces faits, la confiscation du pouvoir, au mépris de la volonté du peuple ivoirien, est devenue une réalité.
Par ailleurs, les reports successifs des élections générales et les déclarations incendiaires et irresponsables du Président du FPI constituent une grave menace contre le processus électoral et la stabilité politique.

La Conférence des Présidents :
Appelle donc à la tenue impérative d’élections démocratiques pour doter le pays d’institutions crédibles et légitimes, seules solutions pour relever les défis auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée depuis plusieurs années.
Demande au Conseil de Sécurité de l’ONU, l’application de nouvelles sanctions contre tous ceux qui bloquent le processus de sortie de crise.

II. PROCESSUS DE SORTIE DE CRISE

II.1. IDENTIFICATION DE LA POPULATION ET ENRÖLEMENT ELECTORAL

A l’occasion de la quatrième Réunion du Cadre Permanent de Concertation (CPC) qui s’est tenue à Ouagadougou, le lundi 10 novembre 2008, il avait été observé qu’en plus des manœuvres politiques, la mise en place partielle et tardive du financement était l’une des raisons du ralentissement du processus électoral.
Pour y remédier, le Chef de l’Etat avait pris l’engagement de mettre à la disposition des structures chargées d’organiser les élections, les moyens nécessaires.
A ce jour, ces engagements n’ont pas été respectés, ce qui pourrait entraîner à nouveau, des blocages et prolonger la souffrance du peuple ivoirien.

La Conférence des Présidents, soucieuse d’une sortie diligente de la crise demande avec insistance que :
- le Chef de l’Etat mette à la disposition de la CEI, toutes les ressources financières nécessaires et suffisantes domiciliées sur un compte spécial ouvert à la BCEAO, avec information publique sur leur disponibilité afin de lui assurer une véritable autonomie ;
- le Chef de l’Etat mette également à la disposition des autres structures impliquées dans le processus d’identification et de l’enrôlement, toutes les ressources financières nécessaires :
- le gouvernement, prenne des décisions politiques concernant le processus de reconstitution des registres détruits de l’état civil et la situation des personnes déplacées, afin que les personnes concernées soient prises en compte dans le processus électoral ;
- le gouvernement prenne des mesures pour obtenir l’ouverture effective des tribunaux en zone CNO ;
- la CEI rappelle l’observation de la note circulaire du Premier ministre en interpellant les Forces de Défense et de Sécurité, les agents d’enrôlement, les membres de l’administration territoriale et tous les partis politiques, pour mettre fin aux tracasseries, contestations de nationalité ou arrestations de certains Ivoiriens ;
- la CEI assure la couverture de l’ensemble du territoire national par les équipes de l’identification et de l’enrôlement des électeurs au plus tard le 31 décembre 2008 ;
- soit abandonnée la mesure de production des photocopies des pièces d’enrôlement au regard des difficultés de mise en œuvre et des coûts discriminatoires induits pour les populations:
- soit mis fin aux blocages et aux rackets organisés par certains Sous-Préfets, de nature à empêcher, la délivrance à temps, des pièces d’Etat civil aux populations :
- soient aussi prises en compte, les expéditions établies dans les sièges de tous les tribunaux ;
- le fichier électoral 2009 issu de l’enrôlement électoral ne puisse être croisé, le cas échéant, qu’avec des fichiers historiques ayant au préalable obtenu l’approbation du CPC ;
- tous les centres de collecte soient sécurisés ;
- l’enrôlement soit achevé à la mi-février 2009 au plus tard ;
- le premier tour de l’élection présidentielle ait lieu au plus tard le dernier dimanche du mois d’avril 2009 ;
- la CEI fasse une évaluation hebdomadaire de la mise en œuvre du processus d’identification et d’enrôlement qui devra être communiquée à la population et aux partis politiques.

II. 2. QUESTIONS MILITAIRES ER SECURITAIRES
II. 2.1. Démantèlement des milices
La conférence des Présidents exige que le gouvernement prenne toutes les mesures nécessaires pour le démantèlement effectif de toutes les milices ainsi qu’il a été énoncé dans l’Accord Politique de Ouagadougou et ses Annexes.

II.2.2. Désarmement et mise en place de la nouvelle armée
La Conférence des Présidents demande la mise en œuvre diligente du Programme Nationale de Réinsertion et de Réhabilitation Communautaire (PNRRC) et du Service Civique en vue du cantonnement et du désarmement des ex-combattants, afin d’aboutir à la formation rapide d’une nouvelle armée à vocation républicaine conformément à l’Accord Politique de Ouagadougou et ses Annexes. A cet effet, la Conférence des Présidents demande également que les ressources annoncées au cours de la réunion du CPC du 10 novembre 2008, soient également mises à disposition de manière diligente par le Chef de l’Etat.

II.2.3 Sécurisation du processus électoral

II.2.3.1 Centre de Commandement Intégré (CCI)
La Conférence des Présidents demande le renforcement des capacités du CCI en lui mettant à disposition les moyens financiers et matériels nécessaires à la conduite de sa mission de sécurisation de toutes les étapes du processus électoral sur l’ensemble du territoire national.

II.2.3.2 Rôle des forces impartiales (ONU et Forces Licornes)
En raison de l’évolution de la situation sécuritaire dans le pays et compte tenu du rôle prépondérant qu’auront à jouer les forces impartiales dans la sécurisation du processus électoral, la Conférence des Présidents demande que les règles d’engagement des forces impartiales placées sous le Chapitre 7 de la charte des Nations Unies, soient modifiées et renforcées afin que leur mandat s’étendre au maintien de l’ordre.

II.3. Accès aux médias d’Etat
La Conférence des Présidents condamne le déséquilibre dans la couverture et le traitement par les média d’Etat, des activités des partis politiques, au mépris des accords et des résolutions du Conseil de Sécurité, qui ont tous été endossés par l’Accord Politique de Ouagadougou et ses Annexes ; elle exige que cela change.
La Conférence des Présidents demande qu’il soit fait une distinction entre l’accès aux médias d’Etat en temps normal et l’accès aux médias d’Etat en période électorale, laquelle période commence par l’enrôlement des électeurs, afin d’assurer l’équité dans le traitement de l’information.
A titre d’exemples :
* Les temps d’antenne consacrés aux groupements à vocation politique proches du clan présidentiel, sont largement supérieurs à ceux accordés aux leaders du RHDP et aux activités de leurs partis respectifs ;
*Les média de service public n’observent pas les critères de certification d’équilibre de l’information des Nations Unies.

II.4. Certification et arbitrage
La Conférence des Présidents, constatant que le processus électoral rentre dans une phase déterminante de son développement, invite le Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU à faire connaître, officiellement, dans les meilleurs délais, les procédures et modalités des cinq critères de certification du processus électoral.
D’autre part, la Conférence des Présidents demande que l’arbitrage de tous contentieux liés au processus électoral ne soit exercé que par le Facilitateur de l’APO et le Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Le Conseil Constitutionnel et la Cour Suprême, aux ordres du Chef de l’Etat, devraient être exclus du domaine du contentieux électoral.

III. Consolidation de l’action du RHDP
La Conférence des Présidents en appelle à tous les échelons de nos partis à une bonne coordination des actions de toutes les structures des partis membres du RHDP et à une solidarité entre les militants sur le terrain, en vue d’obtenir des élections libres, démocratiques et transparentes.

En conclusion,
La Conférence des Présidents réaffirme son soutien à l’Accord Politique de Ouagadougou et à ses annexes.

La Conférence des Présidents remercie :
*Le Facilitateur de l’Accord Politique de Ouagadougou, Son Excellence Monsieur Blaise Comparé, Président du Faso, Président en exercice de la CEDEAO,
*Le Secrétaire Général de l’ONU, Son Excellence Monsieur Ban Bi Moon et les exhorte à persévérer dans leurs efforts en vue d’une sortie rapide de la crise.

La Conférence des Présidents des partis membres du RHDP félicite le Premier ministre, Son Excellence Monsieur Soro Kigbafori Guillaume et le soutient dans la mise en œuvre de l’Accord Politique de Ouagadougou et de ses annexes.

La Conférence des Présidents apprécie la qualité des travaux du Directoire du RHDP et l’encourage dans sa mission.

La Conférence des Présidents des partis membres du RHDP assure le peuple de Côte d’Ivoire de sa détermination à œuvrer pour lui, dans la paix, afin que notre pays redevienne le havre de prospérité qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être.

Fait à Abidjan, le 18 décembre 2008

Ont signé
M. Henri Konan Bédié
Président du PDCI-RDA
M. Alassane Dramane Ouattara
Président du RDR
M. Innocent Anaky Kobena
Président du MFA
M. Albert Mabri Toikeuse
Président de l’UDPCI

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