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jeudi, 18 décembre 2008

Gbagbo gère-t-il encore ce pays ?


Grève en cascade dans l’Administration - Gbagbo gère-t-il encore ce pays ?

jeudi 18 décembre 2008 - Par Le Patriote

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C’est comme s’ils s’étaient passés le mot en cette fin d’année. Les principaux acteurs de notre Administration ont décidé de crier leur colère à l’Etat. Les infirmiers depuis quelques jours ont abandonné les salles de soin dans les hôpitaux. Ils reprochent aux autorités, un mauvais traitement et réclament l’amélioration de leurs conditions de vie. Les maires leur ont emboîté le pas, lundi dernier. En effet, pour arriérés de paiement des quotes-parts, toutes les mairies de Côte d’Ivoire ont fermé.


L’Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI) a appelé à la grève générale pour revendiquer six ans d’arriérés que l’Etat doit aux municipalités. Aujourd’hui, selon le président de l’UVICOCI, le maire François Amichia de Treichville, les mairies sont dans une asphyxie financière généralisée. Jusqu’ici, elles avaient réussi bon an mal an à fonctionner.
Mais, six ans sans recevoir les 44% des quotes-parts de taxes et impôts qui leur reviennent de droit ont durement entamé le crédit de leurs caisses et bloqué leur fonctionnement. Les salaires en ce moment, ne sont pas payés dans les mairies. Chose impensable il y a quelques années. Conséquences, les extraits de naissance, les déclarations de naissance, les permis d’inhumation ne sont plus signés ou délivrés. Ainsi que les documents à légaliser. Certes, trois milliards sont annoncés en urgence pour contenter les maires.
Mais, au regard de ce que l’Etat doit, cette somme est véritablement une goutte d’eau dans l’océan.
Les communes et mairies ne sont pas les seules institutions à souffrir de cette tension de trésorerie au niveau étatique.
Les conseils économiques et sociaux en dehors de leur président, ne sont pas payés depuis maintenant trois mois. L’institution dirigée par le président Laurent Dona Fologo n’existe que de nom. C’est une institution à l’agonie qui a depuis longtemps oublié sa mission. A côté du Conseil économique et social, l’Assemblée nationale n’est pas mieux lotie. Ses membres, aujourd’hui, broient du noir. Les Honorables, jusqu’à hier n’étaient pas encore payés. Alors que leurs émoluments leur sont versés en général tous les 25 du mois. Une situation qui menace sérieusement le fonctionnement de l’hémicycle. Première conséquence de cette grisaille, les députés membres de la commission Relations extérieures ont boudé le rendez-vous qu’ils avaient, mardi dernier, avec le ministre des Affaires étrangères, M. Youssouf Bakayoko.
Les parlementaires devaient discuter en plénière avec le ministre de deux projets de loi portant sur la déclaration de l’Union du fleuve Mano et sur le traité d’amitié et de coopération entre la République de Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Il n’y a pas que dans ces deux institutions où l’on grogne.
Même la présidence de la République n’est pas épargnée. S’ils ne sont pas payés, les salaires au palais du Plateau le sont en retard. Or en 2009, les choses ne sont pas faites pour s’améliorer. Cette année sera difficile pour notre pays. Car c’est dans cette période que la plupart des nouveaux décrets qui proposent des salaires améliorés dans la Fonction publique prennent effet. Il faut donc s’attendre à partir de janvier, vu la situation peu reluisante des caisses du Trésor public, à des mouvements d’humeur en cascade dans notre Administration. Au lieu de s’attaquer sérieusement à ses problèmes qui menacent la paix sociale, le président Laurent Gbagbo multiplie des voyages et des rencontres qui continuent d’alourdir la dette de l’Etat qui visiblement est en faillite. C’est à se demander si Laurent Gbagbo gère encore ce pays.
Est-il l’homme qu’il faut actuellement à sa tête en cette période de récession générale ? La réponse ne peut être que négative.

Jean-Claude Coulibaly

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