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samedi, 13 décembre 2008

Braquage commandité d’un opérateur économique - Un garde corps de Gbagbo, cerveau de l’opération à la MAMA

Il s’est enfin rendu. L’officier de police Bahiré Jean Louis alias Gbagbadè, ex-garde de Laurent Gbagbo séjourne depuis jeudi, à la Maison d’arrêt militaire d’Abidjan (MAMA). Impliqué dans un braquage commandité et exécuté par la pègre abidjanaise, les acolytes de Gbagbadè, les lieutenants de police, Afro Kouamé Euloge (mecano 175639-H) et Adjè Esmel Jizéel, avaient été mis aux arrêts .



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Mais ce soldat «Blé Goudé»adulé par le Chef de L’Etat recasé à la Police avait choisi de narguer le Tribunal militaire en prenant la tangente. Après 48 h, ce body guard formé aux arts martiaux et connu à la Sicogi de Yopougon est revenu se mettre à la disposition des services du Commissaire du gouvernement Ange Kessi. Tout Yopougon le connaît. Dans les maquis et bars climatisés du sous quartier Maroc, son sobriquet, «Gbagbadè» est repris en refrain. Cet homme calme, à la BMW bruyante, présenté comme le cerveau de ce braquage est un «fiston» choyé et pouponné de Laurent Gbagbo. Recruté par maître Bahi Patrice, chef de la sécurité civile du N°1 ivoirien, il a gagné en estime auprès du couple présidentiel. Et cela, dit-on, le lieutenant de Me Bahi le doit à sa bravoure. De la courte échelle à la prison
Lorsque le temps de la récompense a sonné, ce «soldat» dont on ne connaît pas de compagnon de classe de Terminale, a choisi la Police nationale, singulièrement le corps des officiers. «Je me suis battu après pour avoir mon baccalauréat», se confiait-il à un ami de la «SICOGI lavage».Là où on ne connaissait pas un autre métier que celui des muscles. Lors de sa formation à l’Ecole de police, les agents commis à la tâche, ont fait payer à Gbagbadè son ascension fulgurante. «Ce solide gaillard pleurait comme un gamin. Nous savions qu’il n’avait pas le niveau requis et qu’il avait été parachuté par la Présidence». Sur instruction de Laurent Gbagbo, cet étrange officier de police (promotion 2004-2006) a continué de percevoir sa prime de 500.000 fcfa, comme lorsqu’il était en exercice au Groupement de sécurité présidentiel (GSPR).Mais chassé le naturel il revient au galop. Abonné à la vie facile, Gbagbadè atterrit à la Police judiciaire devenue Police criminelle. Le commissaire Neglé César qui prend le commandement de la DPC (Direction de la police criminelle) appelle à ses côtés les éléments de son ex-unité, Unité d’intervention rapide (UIR). Les lieutenants Afro Kouamé Euloge et Adjè Esmel Jizéel accueillent, à bras ouverts, le très proche du Président de la République. Le trio conscient de bénéficier d’un parapluie par l’interface de leur cadet peuvent se livrer à tous les abus. Le vaste mouvement des personnels de la Police observé en début de rentrée scolaire a emporté Afro Kouamé Euloge au commissariat de Bonoua et Adjé Esmel Jizzéel au 36 ème arrondissement. Ces agents ont exprimé au Commissaire Neglé César leur désir de rester à leur ancien service. C’est au moment où le Directeur de la DPC entreprenait les démarches pour ces «éléments valeureux» que l’affaire d’un braquage commandité par le trio précité éclate. La chanson enfantine est claire : «Tous les jours pour le voleur, un seul jour pour le propriétaire». J. Sam M, richissime ivoiro-libanais s’est révélé être le terminus de ces gangsters en treillis. De quoi s’agit il? Au mois d’octobre 2008, J. Sam M qui s’apprête à aller faire un versement de 11 millions de F CFA à la banque est tenu en respect par trois quidams armés de pistolets. Ils le dépouillent et le délestent de son bolide, un véhicule de marque Range-Rover. Comme dans un western, J. Sam ne savoue pas vaincu. Selon notre confrère Soir Info (du mercredi 10 décembre 2008), la victime avec la voiture de sa fille s’est lancée aux trousses de ses bourreaux. «Braquage commandité»
Les bandits dans leur fuite, fauchent mortellement une vieille dame avant de se retrouver dans le décor. Ils choisissent de poursuivre le chemin à pieds. Les éléments du 36è arrondissement venus à la rescousse mettent hors d’état de nuire un des lascars. Les deux autres qui se réfugient dans une cour commune sont encerclés par les éléments du 36è arrondissement. C’est en ce moment qu’apparaissent de façon inattendue en tenue civile, les officiers de police Afro Kouamé, Adjè Esmel et Bahiré Jean Claude dit Gbagbadè. Ils abattent les deux bandits et font main baisse sur l’argent de J. Sam, à son nez et à sa barbe. 3 millions 150.000 F CFA sont remis à l’opérateur économique après d’intenses discussions. Les 7 millions 850.000 de F CFA disparaissent miraculeusement. Malgré les tentatives de camouflage, la témérité de la victime paie. «A ce stade de l’enquête, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le butin du vol a été emporté par les officiers en l’occurrence Afro Kouamé, Adjè Esmel et Bahiré Jean Claude….Il est impossible et même invraisemblable que des officiers puissent se permettre de fouiller les poches des gangsters abattus et de récupérer une si importante somme d’argent…Dans tous les cas, leur présence simultanée et même concertée dans cette zone, laisse à désirer», conclut le commissaire Gnépa Kola Philippe, chargé de l’enquête. Comme quoi, on ne gruge pas tout le monde. Fin de parcours donc pour Gbagbadè et sa bande. L’opérateur économique dans une correspondance adressée au ministre Désiré Tagro est formel : «ce braquage a été commandité et exécuté avec la complicité de ces agents de la Police»
Coulibaly Brahima

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