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jeudi, 11 décembre 2008

ABIDJAN GAGNE PAR LA PAUVRETE

Le Fonds monétaire international (FMI) vient de publier son deuxième rapport de l’année (2008) sur le développement et la croissance en Afrique subsaharienne. Dans l’intervention de son représentant- résident, en la personne de M. Philippe Egoumé, le mercredi 10 décembre 2008, la Côte d’Ivoire a été présentée comme un pays dont le taux de pauvreté est effroyable.


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Il ressort du commentaire fait hier par le représentant- résident du Fonds monétaire international en Côte d’Ivoire sur le rapport que la croissance s’est améliorée au cours des dernières décennies, précisément depuis le milieu des années 1990. Selon Philippe Egoumé, cette croissance a été favorisée par un certain nombre de fondamentaux dont l’aide publique allouée aux pays en voie de développement. Pour certains pays, a révélé Philippe Egoumé, la croissance a été impulsée par les ressources nationales. D’autres par contre, quoi qu’ils ne regorgent d’aucune ressource nationale, ont pu se développer grâce aux politiques économiques. Soulignant que ce n’est pas seulement les ressources qui permettent la croissance d’un pays, mais plutôt la bonne politique de réformes. A entendre le conférencier, les pays émergeants ont eu leur ‘’salut’’ grâce aux réformes de politiques économiques. En ce sens qu’elles ont permis d’attirer des investisseurs. La grande interrogation, pour le représentant- résident du FMI, est comment faire pour maintenir le niveau de croissance, au regard du contexte actuel de la crise économique et financière. Une interrogation dont la réponse dépend en grande partie des choix tactiques des gouvernants des pays, en matière de politique de développement.

…crise économique et financière, une catastrophe pour le développement

Pour Philippe Egoumé, les économies africaines ne sont pas à l’abri de la crise économique et financière. Selon lui, même si le secteur bancaire n’est pas directement concerné par cette crise, mais l’environnement économique général fait peser de gros risques sur les économies. A l’écouter, la situation pourrait être dramatique, d’autant plus que les commandes en matières premières de l’Afrique vers les pays du Nord vont baisser, au regard des effets dévastateurs de cette crise. Ce qui va sensiblement avoir un impact sur les économies. Déjà, dans le secteur du bois, pour ce qui concerne la Côte d’Ivoire, la demande a considérablement chuté, a indiqué Philippe Egoumé. Qui a ajouté qu’à la longue, on pourrait tendre à une détérioration des termes de l’échange. Ce qui voudrait dire clairement que les investissements vont chuter. En ce sens que cela pourra également occasionner une baisse de taux de change. Dans un tel contexte, explique-t-il, si aucun investisseur n’est assuré de rentabiliser son investissement, il n’effectuera aucun investissement. Face à cette situation de crise économique et financière, Philippe Egoumé estime qu’il est important pour les Etats de mettre en place une bonne politique d’épargne. ‘’Il y a possibilité de faire mieux que ce qu’on a fait à travers la collecte des épargnes’’, suggère-t-il, rejoignant ainsi la position du groupe des 24 pays gouverneurs de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Pour rappel, à l’issue de la rencontre que ce groupe a eue à Abidjan, il a été retenu entre autres mesures, que les Etats diversifient leurs sources de revenus, surtout en mettant en place une bonne politique de transformation locale.


…la pauvreté très avancée en Côte d’Ivoire

La croissance en Côte d’Ivoire, à l’instar de certains pays d’Afrique subsaharienne, est en baisse. Cette situation se caractérise par la hausse du taux de la pauvreté. Selon le représentant- résident du FMI, la pauvreté évolue telle qu’elle a atteint le niveau de 48% pour l’ensemble de la population ivoirienne. En zone rurale, ce taux est passé de 18% en 2002 à 32% en 2008, selon le dernier rapport de l’année. La pauvreté tirerait sa source de la situation de la crise que vit le pays depuis 2002. Mais, dans certains cas, il est apparu que la crise ne saurait expliquer à elle seule cette situation. Aussi convient-il de rappeler que ce sont les réserves qui fondent l’économie d’un pays. Et que les pays dont la croissance est basse, n’ont pas certainement une réserve suffisante. ‘’Pour avoir plus d’investissement, il faut que les pays aient des réserves importantes’’, a relevé Philippe Egoumé. Dans une certaine mesure, il a été convenu de dénoncer la mauvaise distribution des revenus issus des ressources nationales, telles que le cacao, le pétrole, la bauxite, le fer et le manganèse. Pour le représentant- résident du FMI, c’est une problème réel auquel les dirigeants doivent songer pour y apporter les solutions idoines. De façon globale, pour assurer un réel décollage de la croissance économique en Afrique subsaharienne, le rapport préconise plusieurs solutions. Il s’agit entre autres, de préserver la solidité des bases. Aussi souhaite-t-il une amélioration des principaux défis de politique économique, en terme de réformes.

Honoré Kouassi

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