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dimanche, 07 décembre 2008

La politique, un métier ?

A menti celui qui a soutenu que la politique est un métier. Un travail que l’on fait au quotidien et d’où l’on tire l’essentiel de ses ressources. Non, la politique ne s’exerce pas comme la médecine, la mécanique, la boulangerie ou le journalisme. Jamais, sur une carte de visite des plus grands politiciens du monde, vous ne verrez inscrit : politicien, comme principale occupation ou comme profession.

Allasanne Dramane Ouattara Example d'homme de conviction etde competence politique.jpg


On ne fait donc pas la politique pour gagner sa vie et même, quand, grâce à la politique on occupe des postes de responsabilité, c’est pour voir triompher les valeurs sociales que l’on défend, aider à faire naître la société que l’on estime être la meilleure pour une population donnée, établir une échelle de valeurs à même de renforcer la cohésion sociale, en un mot concourir au bien être des uns et des autres. C’est parce qu’on croit en quelque chose que l’on fait de la politique.

Et les convictions qu’on a ne doivent pas varier au gré des intérêts matériels. Autrement, ce politicien sans idéal devient un danger pour la société. Pour lui, la politique étant un métier, partout, il en fait pour ses intérêts. Quand ces derniers commandent l’injustice, il n’hésite pas à la commettre. S’il faut l’élimination physique d’un adversaire ou d’un ami pour avancer, il le fait sans état d’âme. Pour exercer son métier et ne pas en perdre les avantages qui s’y rattachent, il renie sa parole chaque fois que le coq chante ; il change d’alliés comme on change de chemises et il retourne sa veste autant de fois que l’exigent les circonstances. En Côte d’Ivoire, dans certains milieux, on dira que ce type d’homme fait de la haute politique. Celle qui consiste à manier avec aisance la tromperie. Or, celui qui fait de la haute politique, fait nécessairement de la haute trahison.
Quand on a crié sur tous les toits qu’on se bat pour la démocratie et que l’on parvient au pouvoir en s’appuyant sur une partie de l’armée, c’est-à dire en utilisant les armes, on a trahi un idéal. On trompe le peuple en déclarant faire la guerre à la corruption quand l’on a affirmé avec satisfaction, que l’argent a ceci de merveilleux qu’il permet d’acheter des hommes. L’on oublie très souvent qu’il ne suffit pas de prendre le pouvoir, le plus important étant de le gérer et de faire prospérer les valeurs pour lesquelles on s’est tant débattu. Quand on parvient aux affaires après plusieurs coups tordus donnés à gauche et à droite, le pouvoir vous brûle les doigts si vous avez de la chance, sinon, l’on vous règle les comptes à la moindre occasion. Les inimitiés que vous semez sur votre parcours du fait de vos infidélités, se transforment en autant d’épines qui pourraient vous piquer mortellement.
Les sages conseillent donc de ne pas faire de la politique un métier. Mais, plutôt un moyen pour la réalisation d’un idéal, un art de comportement qui inspire la respectabilité et la confiance. La haute politique est dangereuse
Raoul Mapiéchon

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